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> Edition du 7 février 2007
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Edito du 13 décembre

3, rue du Renne qui éternue

deer99

Les adultes prétendent que le Père Noël n’existe pas, mais qui pourrait les croire ? Quelqu’un qui reçoit plus d’un million de lettres par an existe forcément. Il est une autre légende à pourfendre : celle selon laquelle les gamins écriraient pour commander leurs cadeaux.
Seuls les parents peuvent s’y laisser prendre. Les cadeaux, c’est du concret et le concret, c’est les parents. Le père Noël c’est le rêve, la poésie, l’émerveillement. Les enfants ne s’y trompent pas en lui donnant l’adresse qui leur plaît, par exemple, 3 rue du Renne qui éternue à Nébulostratosirofrigostellapolaris (et en oubliant le code postal). Que le père Noël réponde n’en est que plus merveilleux.

Évidemment, les parents trouvent là un nouveau prétexte à mettre en doute son existence, de même que dans l’hésitation qui demeure sur sa résidence. La colline de Korvatunturi, en Finlande ? La ville de North Pole, en Alaska ? L’île du Prince Edward, au Canada ? Il semble bien en tout cas que le père Noël, avec ses rennes et son traîneau, vienne du froid.
Pourtant en France, des sources généralement bien informées vous confieront que le père Noël réside à Libourne, c’est-à-dire assez loin du pôle Nord.
Des rennes dans les Landes, voilà qui semble peu crédible. Mais l’enquête est difficile, et il ne faut pas compter sur le Net pour éclairer notre boussole : le père Noël s’y multiplie avec la vigueur d’un virus informatique. On en vient alors à douter : s’agirait-il d’une simple opération de marketing ? Mais c’est le triste lot de tous les événements liés à l’enfance, de Mickey aux Pokemon. Non, le père Noël est avant tout un étonnant, un extraordinaire phénomène épistolaire. Sylvain Jouty