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Entretien avec David Raynal
Propos recueillis par Nathalie Jungerman

 

David Raynal, portrait Photo. N. Jungerman, novembre 2008

David Raynal a collaboré à de nombreux titres de la presse quotidienne et magazine parmi lesquels Ouest-France, Nice-Matin ou le Figaro. Journaliste d’entreprise au sein du groupe La Poste depuis 2001, il est actuellement rédacteur en chef du magazine Jourpost Ile-de-France

Vous venez de publier Maurice Raynal, La Bande à Picasso, un hommage à votre grand-père qui fut un critique d’art et un mécène pour les peintres. Parlez-nous de Maurice Raynal, témoin de l’avant-garde...

David Raynal Mon grand-père est cité dans la plupart des ouvrages qui concernent le cubisme. Néanmoins, on ne dit pas s’il était peintre, sculpteur, écrivain ou marchand. Maurice Raynal était un critique d’art, un journaliste, un mécène, l’ami des peintres et des poètes. Selon le souhait de son père qui envisageait pour son fils une carrière de notaire, il a commencé par faire deux années de Droit. Puis, il a obtenu une licence de Lettres. Très rapidement, il s’est rendu compte que ce qui l’intéressait, c’était l’écriture. Dans une lettre datée de 1918 reproduite dans La Bande à Picasso, le poète et dramaturge Paul Geraldy l’incite à persévérer dans cette voie. Mon grand-père est arrivé à Montmartre au début du XXème siècle, s’est installé Place Jean-Baptiste Clément, juste à côté de la Place Emile Goudeau, autrefois Place Ravignan, et s’est trouvé tout de suite dans un univers artistique en effervescence. Comme il n’avait pas d’aptitude picturale particulière, il s’est dit que la meilleure chose à faire était de soutenir ses amis, les artistes cubistes, en écrivant des papiers dans différents journaux. Puis il a entrepris d’écrire des livres, il en a publié une trentaine dont une première monographie sur Picasso. D’abord édité en 1921 en Allemagne, pays qui à l’époque s’intéressait davantage au mouvement cubiste que la France, ce livre entièrement consacré à Picasso a été réédité un an plus tard en langue française par Georges Crès.

Il a écrit une pièce de théâtre et des poèmes, un conte Le boxeur et son ombre, a fait quelques caricatures...

D. R. En effet, Maurice Raynal s’est essayé à la caricature, mais c’était surtout par plaisanterie, car à côté d’un Braque, d’un Picasso, ou d’un Gris...
Le boxeur et son ombre publié dans les Soirées de Paris sous la direction d’Apollinaire et reproduit aujourd’hui dans La Bande à Picasso, est l’histoire d’un athlète noir qui vend son ombre à un impresario diabolique et qui de ce fait ne peut plus s’entraîner. Cette histoire lui a été inspirée par un boxeur noir poids lourd ancien champion du monde du nom de Sam Mac Vea qui avait quelques inimitiés à Montmartre. Un jour, alors que Sam Mac Vea buvait un verre en compagnie de mon grand-père, d’Amadeo Modigliani, de Max Jacob et de Juan Gris, quelqu’un lui a soudainement cassé une carafe d’eau sur la tête... Mon grand-père était très admiratif de la boxe et du sport en général. Ce conte s’inscrit dans le contexte de ce début du XXème siècle, au moment où le sport commençait à ne plus être réservé à une élite. À partir de cette période et jusque dans les années trente et quarante, les sports collectifs, comme le football et le rugby, ou précisément la boxe qui venait des Etats-Unis, ont pris un grand essor.

Maurice Raynal a été l’instigateur de la première conférence sur le cubisme à l’occasion de l’exposition organisée par la Section d’Or...

D. R. En juillet 1912, il fait une première conférence contradictoire à Rouen, à l’initiative de la Société normande de peinture moderne, puis le 18 octobre de la même année, la galerie de la Boétie l’invite à donner une conférence sur le cubisme à l’occasion de la grande exposition collective des artistes cubistes organisée par la Section d’Or, groupe fondé en 1910 par Fernand Léger, Jacques Villon, Marcel Duchamp, Robert Delaunay... À l’époque, le cubisme était tellement controversé qu’on n’envisageait pas de traiter ce sujet sérieusement sans un jeu de questions-réponses. Il était vraiment nécessaire d’apporter des explications. Les conférences étaient parfois très animées.

Maurice Raynal distingue plusieurs étapes du cubisme : « Le cubisme cézannien, analytique, synthétique, cristal »...

D. R. Il y a eu le précubisme, « le cubisme cézanien », les peintres se sont inspirés des travaux de Cézanne qui avait exprimé son désir de traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône. Ensuite, il y a eu le « cubisme analytique » qui consistait en un travail de déconstruction du processus perceptif sans aucun égard pour la perspective, le « cubisme orphique » qui était un travail sur la pensée, le « cubisme synthétique » qui faisait appel à des éléments du quotidien, papiers, objets collés et orientait le cubisme vers différents niveaux de référence au réel. Enfin, le cubisme de la dernière période qui tentait d’atteindre un état de pureté plastique, dit « cubisme cristal », symbolisé par La Guitare (1916) de Picasso, tableau que le peintre avait offert à mon grand-père en guise d’amitié et pour le remercier d’avoir défendu le mouvement dès le début.

La Bande à Picasso est un livre qui mêle réflexions sur l’art, propos de Maurice Raynal et anecdotes que vous relatez...

D. R. Ce livre tente non seulement de montrer le travail de mon grand-père autour de l’art moderne, mais tente aussi d’expliquer à travers sa vie, le mouvement cubiste en tant que tel. Le cubisme a poussé à son paroxysme l’idée qu’on ne peignait plus ce qu’on voyait. Désormais, on peignait ce qu’on ressentait en essayant de conquérir l’espace, de montrer par exemple, toutes les facettes d’un objet et de représenter la quatrième dimension. Il y avait vraiment, dans cette recherche picturale, un aspect scientifique, à tel point que des mathématiciens, comme Maurice Princet, se sont intéressés à la question. Gris a prolongé ses recherches plastiques en énonçant des théories esthétiques dans plusieurs conférences et articles, notamment à la Sorbonne en 1924 avec Des Possibilités de la peinture. À propos des deux portraits de mes grands-parents, Germaine et Maurice Raynal par Gris, Apollinaire disait qu’on atteignait-là « un état de purisme dans le cubisme qui n’a jamais été égalé ».

On voit combien les différentes expressions artistiques étaient intimement liées. Sculpture, poésie, peinture, musique... Les artistes travaillaient ensemble, il y avait une forte émulation. On parle de poésie cubiste avec Gertrude Stein, Apollinaire...

D. R. En effet, le mouvement cubiste ne concerne pas seulement des peintres, mais aussi des sculpteurs, Lipchitz, Zadkine, Archipenko, des musiciens, Erik Satie, le Groupe des Six (Arthur Honegger, Georges Auric, Louis Durey, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Germaine Tailleferre) , des poètes et écrivains, Gertrude Stein, Apollinaire, Cendrars... La plus belle manifestation de cette forme de syncrétisme culturel entre plusieurs disciplines artistiques est portée au public au travers des Ballets Diaghilev.
Dans Calligrammes, La Colombe poignardée et le jet d’eau, Apollinaire cite ses amis partis à la guerre qu’il craint de ne plus revoir. Mon grand-père qui était très proche du poète est évoqué avec Billy Dalize, Braque, Cremnitz, Max Jacob... Apollinaire disait qu’avec ses Calligrammes, il écrivait en beauté en essayant d’y adjoindre une dimension plastique pour se rapprocher du travail des peintres.
La Bande à Picasso est un livre d’amitié. À travers le regard d’un critique d’art et théoricien du cubisme, on apprend les liens d’amitié, de solidarité, la vie quotidienne des artistes de l’époque.

La Bande à Picasso raconte le travail et le quotidien à Montparnasse, à Montmartre, au bateau-Lavoir, puis la naissance de la Ruche et l’origine de ces bâtiments...

D. R. Le livre permet de se promener dans le Paris du XXème siècle, ce Paris de la grande époque. Beaucoup d’artistes s’y étaient réfugiés pour avoir la liberté de créer et il y régnait une effervescence extraordinaire. Avec la ligne Nord/Sud dont parle Reverdy, celle qui allait de Montmartre à Montparnasse, on peut effectuer tout un itinéraire dans les hauts lieux de la création. Il y avait effectivement d’un côté les Montmartrois, représentés surtout par la colonie espagnole, mais aussi par Modigliani ou Apollinaire pendant un temps, et de l’autre, il y avait les Montparnos qui étaient souvent originaires des pays de l’Est. C’était Soutine, Kremegne, Chagall, Lipchitz et un Français, Fernand Léger qui s’est installé plus tard rue Notre Dame des Champs. Au tout début de son arrivée à Paris, Picasso vivait rive gauche dans la rue de Seine, mais il s’est installé à Montmartre lorsqu’il est revenu en France lors de son deuxième voyage. Montmartre ne coûtait pas trop cher et comme c’était isolé, on pouvait y faire ce qu’on voulait. Dans une lettre, Picasso demande à mon grand-père de l’argent pour changer d’atelier car il part du Bateau-Lavoir pour aller Place de Clichy. Maurice Raynal avait hérité - suite à la vente de l’hôtel familial - d’une petite fortune qu’il a rapidement dépensée avec les amis, en toute conviction, parce qu’il les aimait et qu’il voulait les aider. Il n’a pas hésité à financer lui-même les premières expositions de Pablo Picasso, sans aucun calcul, car il n’était pas un marchand. Si un artiste lui donnait une œuvre, ce n’était pas pour la vendre mais pour l’accrocher au mur.

Le livre réunit des textes et documents inédits...

D. R. Oui, des lettres et des photographies, mais aussi quelques oeuvres. L’esquisse des Demoiselles d’Avignon ici reproduite n’était pas connue du grand public avant 1991, date à laquelle les oeuvres de la collection de mon grand-père ont été dispersées. Cette esquisse lui avait été donnée par Picasso. Maurice Raynal ainsi que le marchand d’art Daniel-Henry Kahnweiler ont été parmi les premiers à voir les Demoiselles d’Avignon et à comprendre très tôt le tableau, contrairement à Ambroise Vollard qui avait fait la première exposition de Picasso en 1901 et s’est détourné du peintre à ce moment-là. La petite esquisse est maintenant au MoMA, le Museum of Modern Art de New York et complète la genèse des Demoiselles d’Avignon.

Est-ce que votre grand-père a consigné quelque part les anecdotes que vous relatez ?

D. R. Maurice Raynal n’a pas écrit de journal, mais mon père, décédé en 1981, m’a laissé un petit cahier bleu où il avait consigné les souvenirs de son père sous forme d’anecdotes. J’ai retranscrit et remanié ces textes et j’ai gardé ce qui était intéressant. Pour les analyses sur la peinture, je me suis référé aux écrits de mon grand-père, non sans faire quelques recherches car tout n’était pas disponible, certains documents avaient disparu. J’ai fait une sélection et choisi ce qui était le plus accessible. Maurice Raynal était non seulement un critique d’art mais aussi un philosophe de l’art, et comme le mouvement cubiste était très décrié par la critique, il a voulu placer la barre très haut. Il était indispensable pour lui qu’on prenne au sérieux le cubisme. Et pour lui donner une crédibilité, il a écrit de très beaux textes mais parfois très pointus. Mon travail a été de faire en sorte que les extraits soient compréhensibles par tout le monde.

Parlez-nous de la rencontre de Maurice Raynal avec Picasso...

D. R. Elle s’est faite en 1905 par l’intermédiaire de Max Jacob, l’un des meilleurs amis de mon grand-père avec qui il a partagé presque toute sa vie. Esprit lumineux et découvreur de talents qui mettait en relation les autres, Max Jacob avait toujours un mot d’esprit et disait : « Ce n’est pas facile d’être tous les jours un bouffon génial ». Très vite, mon grand-père et Max Jacob ont décidé de présenter Picasso à l’avant-garde, à la société de la Rive gauche qui se réunissait à la Closerie des Lilas. Ils ont organisé un après-midi Picasso à l’occasion des mardis « Vers et prose » de Paul Fort et c’est ainsi que Picasso a été présenté aux personnalités du tout Paris littéraire et artistique.

Quant à Juan Gris ?

D. R. Né en 1887, il est arrivé en France en 1906 et s’est installé au Bateau-lavoir, à proximité de Picasso pour qui il avait beaucoup de respect. Picasso s’est rendu compte très rapidement que Gris, de six ans son cadet, était un acteur majeur du Cubisme. Il dira de lui « Les disciples voient plus clair que les maîtres ». Il y a un lien très particulier entre Juan Gris et ma famille dans la mesure où il a été le témoin de mon grand-père à son mariage en 1919. Dans une lettre à Léonce Rosenberg, Gris parlait de Maurice Raynal en ces termes : « C’est mon plus vieil ami et depuis des années, peut-être dix, nous avons vécu comme des frères. » Mon grand-père voyait en lui le champion du cubisme. Il estimait que c’était celui qui poussait l’analyse à son paroxysme.

Il y a un instant, nous évoquions Les Demoiselles d’Avignon qui sont « le point de départ le plus précis de la révolution cubiste »... Cette toile marque aussi la complicité artistique de Braque et Picasso...

D. R. Les Demoiselles d’Avignon ont produit un véritable choc. Très peu de gens ont compris cette toile. Picasso ne l’a révélée au public qu’en 1916, neuf ans après sa création. Dans son atelier, le tableau qui s’appelait « Le Bordel d’Avignon » était caché derrière tous les autres et Picasso ne le montrait qu’à ceux qui pouvaient le comprendre. C’est André Salmon qui lui a trouvé son titre définitif. En découvrant la toile, Braque s’est exclamé : « Ta peinture c’est comme si tu voulais nous faire manger de l’étoupe, ou boire du pétrole pour avaler du feu ! ». En 1908, Braque a réalisé son Grand Nu en réponse aux Demoiselles d’Avignon.
1908 est une année charnière : Picasso organise un banquet en l’honneur du Douanier Rousseau dans son atelier du Bateau-Lavoir à Montmartre et Braque répond aux Demoiselles d’Avignon avec son Grand Nu, toile fondatrice. C’est là que commence la « cordée en montagne » de Picasso et Braque. C’est un peu aussi le fil conducteur du livre où il est évidemment question du génie de Picasso mais également de toute une kyrielle d’artistes magnifiques qui ont alimenté et créé le mouvement cubiste.

Avez-vous rencontré Picasso ?

D. R. Non malheureusement. Je suis né en 1969 et comme vous le savez Pablo Picasso nous a quittés en 1973. En revanche, je me suis rapproché de sa petite-fille Diana Widmaier Picasso pour lui demander d’écrire la postface du livre, car je trouvais intéressant que le petit-fils de Maurice Raynal sollicite la petite-fille de Pablo Picasso qui plus est, s’intéresse à la sculpture de son grand-père. J’ai connu les enfants des artistes, notamment le fils de Juan Gris et encore aujourd’hui la fille du sculpteur espagnol Pablo Gargallo, Pierrette Gargallo qui m’a beaucoup aidé dans la réalisation du livre en me permettant de reproduire certaines archives...

Existe-t-il une publication de ces correspondances, ou est-ce un projet ?

D. R. Non, pour l’instant, pas de publication ni de projet particulier quant aux lettres... l’idée éventuellement de réunir en un recueil, les lettres de guerre des artistes. Ce sont des textes poignants. Il y a les artistes qui sont au front, Français ou naturalisés, ceux qui réussissent comme Kisling à se faire enrôler dans la Légion étrangère, et les artistes qui restent à l’arrière comme Picasso, Gris ou Modigliani parce qu’ils ne sont pas mobilisés. Picasso était content de continuer à travailler, non sans une certaine culpabilité à ne pas être avec les autres. Apollinaire qui a eu toutes les peines du monde à être naturalisé Français se réjouissait de devenir officier et de servir la France parce que ça lui donnait une légitimité, mais un artiste comme Fernand Léger était consterné de perdre son temps, peut-être sa vie, et de ne plus pouvoir travailler alors qu’il commençait à être un peu connu. Les lettres de Max Jacob, de Mac Orlan, d’Apollinaire ou de Pablo Gargallo reproduites dans ce livre n’ont jamais été publiées dans leur intégralité, ni la lettre de Gris dont la date, 18 janvier 1917, est à lire en date du 18 janvier 1927, dans laquelle il explique qu’il est très malade et que c’est bientôt la fin. J’ai publié avec cette lettre, celle de Pierre Reverdy qui apprend avec chagrin la mort de Juan Gris en mai 1927. Ces correspondances montrent combien ces artistes étaient liés par une forte amitié. Elles montrent aussi qu’ils avaient conscience de faire quelque chose d’extraordinaire.

Vous citez Maurice Raynal qui, dans son Picasso (Skira, 1953) parle de Guernica : « Il ne s’agit pas de description mais d’un cri que prolongent de plaintifs échos », trente ans après Les Demoiselles d’Avignon.

D. R. Oui, le livre est aussi une manière d’ « entrer en cubisme » comme dirait Pierre Daix, le grand spécialiste de Picasso qui m’a fait l’honneur de préfacer le livre. Il ne s’agissait pas de publier un ouvrage de pure érudition destiné uniquement aux spécialistes mais de montrer les grands moments de la création artistique du XXème siècle. Il y a effectivement Les Demoiselles d’Avignon en 1907, peinture qui fait voler en éclats tous les canons de la création classique et qui sonne le départ des Temps modernes et du mouvement cubiste ; puis trente ans plus tard, Guernica, une autre oeuvre maîtresse, qui elle, dénonce le conflit fratricide de la guerre d’Espagne, préfigure les crimes de la Seconde Guerre mondiale et montre ces horreurs dans leur universalité. À cette époque, mon grand-père tenait la rubrique des arts à L’Intransigeant et s’intéressait à de nombreux artistes. Avec Guernica, il s’est dit qu’il fallait à nouveau expliquer le travail de Picasso car il était encore l’objet d’attaques répétées. En 1953, Maurice Raynal publiait chez Skira une deuxième monographie qui venait compléter la première. Pierre Daix écrit dans sa préface que pour sa génération, « Maurice Raynal a été, encore mieux que Christian Zervos ou Jean Cassou, un guide pour "entrer en Picasso" ».
Picasso a apporté une aide matérielle et financière aux républicains pendant la guerre civile, il a secouru également les réfugiés Espagnols à Paris. Une anecdote que je n’ai pas intégrée au livre raconte qu’un jour Pablo Gargallo devait retourner en Espagne rapidement mais n’avait pas assez d’argent pour faire le voyage. Picasso lui a dit : « tu n’as pas d’argent, tu vends mon tableau ». La mort dans l’âme Gargallo a vendu le tableau qu’il avait en sa possession depuis longtemps et s’est rendu à la gare. Sur le quai, Picasso l’attendait avec un autre dessin.

...

La Bande à Picasso est à la fois un ouvrage sérieux constitué de textes très précis permettant de comprendre le mouvement cubiste, et un livre de journaliste qui raconte des anecdotes, des tranches de vie.
Grâce au précieux soutien de la Fondation La Poste, nous avons pu reproduire toutes les oeuvres que nous avions choisies.

Le 22 novembre prochain, vous viendrez parler de La Bande à Picasso au Musée de La Poste qui présente l’exposition « Picasso poète » (du 17 novembre 2008 au 28 février 2009) à l’occasion de la sortie du livre éponyme d’Androula Michaël aux éditions des Beaux-arts de Paris. _ Quelques mots sur les écrits de Picasso ?

D. R. Picasso a commencé à écrire en 1935. À ce moment-là, il traversait dans sa vie privée une période de crise à laquelle s‘ajoutait l’angoisse de la guerre civile en Espagne. Ce contexte lui a fait explorer d’autres moyens d’expression et l’a rapproché de ses amis poètes et écrivains, notamment de Breton et Gertrude Stein. Mais comme l’écrit Androula Michaël, « l’évolution de l’écriture, par la suite, montrera qu’il ne s’agit pas d’une écriture de circonstance. Écriture et peinture sont pour Picasso des activités parallèles et complémentaires... ». Il laisse de très nombreux poèmes et trois pièces de théâtre, Le Désir attrapé par la queue, Les Quatre petites filles et L’Enterrement du Comte d’Orgaz.
Son écriture qui emprunte très souvent le vocabulaire de la peinture est une autre façon de voir Picasso.


David Raynal présentera son livre au Musée de La Poste le samedi 22 novembre à 15 heures, dans le cadre du lancement de l’exposition « Picasso poète » du 17 novembre 2008 au 28 février 2009.
Musée de La Poste
34 Bd de Vaugirard 75015 Paris
Tél. : 01 42 79 24 24
www.museedelaposte.fr
Courriel : reservation.dnmp@laposte.fr
Accès métro : Montparnasse-Bienvenüe
Entrée libre dans la limite des places disponibles


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