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Edito du 24 janvier 2001

Histoires en estampes

topffer

"Suite narrative constituée de dessins accompagnés d’une légende ou comportant des textes brefs inscrits dans l’image" : cette définition de la bande dessinée, empruntée à la dernière édition du Dictionnaire de l’Académie française, ne rend pas tout à fait justice au neuvième art, bientôt célébré à Angoulême. Le texte n’y est pas un simple accompagnement de l’image, il se produit au contraire entre eux deux une symbiose complexe, qui seule explique le prodigieux succès du genre et sa non moins étonnante variété. Car, de sept à soixante-dix sept ans, la bande dessinée paraît bien être devenu le plus universel des genres littéraires. Il enchante les touts-petits, adapte les romans, raconte l’Histoire, et ne craint même pas de s’attaquer aux sciences et aux idées tout en inventant des principes narratifs originaux et en obtenant des ventes à faire pâlir un éditeur. Mais si on s’écrit par cartes postales, lettres ou e-mail, jusqu’à preuve du contraire, on le fait rarement par bandes dessinées ! Pourtant, la bédé en elle-même n’est-elle pas déjà une correspondance entre l’image et le texte ? Au terme d’une trop rapide enquête, il apparaît bien que le thème de la lettre n’y est pas absent, et on verra même que, soucieux de renouveler les formes, les auteurs actuels l’utilisent de manière inattendue. Lorsque en 1827 Rodolphe Töpffer, le délicieux instituteur suisse qui emmenait, chaque été, ses élèves en randonnée dans les montagnes, dessinait Monsieur Vieuxbois, la première de ses "histoires en estampes", se doutait-il de la prodigieuse descendance de son modeste album ? Sylvain Jouty

Rodolphe Töpffer

Lire l’article de Pierre Strinati, Bande dessinée et timbres-poste