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Dernières parutions novembre 2010 Par Elisabeth Miso

 

Biographies/ Autobiographies

Patti Smith, just kids Patti Smith, Just Kids. Traduction de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié. Été 1967, Patti Smith débarque à New York à 21 ans avec pour seul bagage une valise écossaise, un exemplaire des Illuminations de Rimbaud et l’espoir de devenir artiste. À Brooklyn, elle croise Robert Mapplethorpe, un jeune homme de son âge, à la beauté et à la présence magnétiques, avec qui partager ses rêves les plus fous. Ils se promettent de toujours veiller l’un sur l’autre et explorent ensemble les contrées de leur imaginaire. « Patti, personne ne voit comme toi et moi. », lui répète Robert. Bravant les difficultés financières, leur créativité se nourrit de la force de leur amour, de toutes ces nuits passées à dessiner, à lire, à écouter de la musique côte à côte. Ils s’installent au Chelsea Hotel, « J’adorais ce lieu, son élégance miteuse et l’histoire qu’il conservait si jalousement. » écrit Patti Smith, ce lieu aux étonnantes influences, où flotte l’esprit d’Oscar Wilde, de Dylan Thomas, de Bob Dylan, de Janis Joplin ou de Jimi Hendrix. Au contact des personnalités singulières et des artistes qui fréquentent le Chelsea, la jeune femme entrevoit la possibilité de mettre ses poèmes en musique. C’est l’époque de Woodstock, de la guerre du Viêt-Nam, du New York effervescent et marginal des années 60-70, du rayonnement d’Andy Warhol que vénère Robert et dont il traque l’aura à La Factory ou au Max’s Kansas City. Pour Patti c’est le temps des échanges stimulants avec Gregory Corso, Allen Ginsberg ou Sam Shepard, des lectures de ses poèmes en public et de son premier album Horses. Pour Robert, c’est le temps des métamorphoses sexuelles, de son ambition sociale, et de sa rencontre avec le richissime Sam Wagstaff, qui allait lui donner les moyens de devenir un photographe renommé. Jusqu’à la mort de Robert Mapplethorpe, du sida en 1989, l’intensité de leurs sentiments n’a jamais dévié du serment de leur jeunesse. Et c’est cet amour sans bornes, sur fond de trajectoire artistique passionnante, cette part indestructible d’elle-même, que Patti Smith évoque dans cette autobiographie aux accents particulièrement poétiques et émouvants. Éd. Denoël, 336 p, 20 €.

Jean Levi, Le petit monde de Tchouang-Tseu Jean Levi, Le petit monde de Tchouang-tseu. Il vécut au IVe siècle avant notre ère. Il est l’un des maîtres du taoïsme et, sans doute, le plus grand penseur chinois de l’antiquité. De sa vie, nous ignorons presque tout, et ce qui nous en est restitué surprend par sa modernité, son sens de la réalité. Biographie peu conventionnelle d’un sujet peu enclin à se laisser enfermer dans un genre ; l’auteur, spécialiste de la Chine ancienne, fait s’exprimer la pensée de Tchouang-tseu, sous forme de dialogues, de figures allégoriques ou historiques, de fables, d’anecdotes, autant de « manifestations mobiles d’une création bouillonnante » et d’un personnage libre et détaché, philosophe qui s’observe, observe les autres, ayant, de toujours, condamné toute autorité, toute hiérarchie, toute vie en société. On y voit apparaître Confucius, Lao-tseu, maîtres et disciples et toute une nature exubérante et baroque ; « oiseaux bigarrés aux mœurs étranges, bêtes fabuleuses au profil de chimères, arbres immenses et biscornus, dont les troncs bosselés sont impropres à tout usage, courges phénoménales permettant de voguer jusqu’aux confins du monde. Le gigantesque animal amphibie, mi-baleine, mi-oiseau-roc, dont l’envol ouvre le livre, est le signe annonciateur de cette ampleur de l’écriture ». Générosité du mot, des correspondances où les dialogues prédominent et déconcertent, à la fois, par leur ancienneté et leur simplicité. Perspectives étonnantes, réjouissantes. « Tchouang-tseu « s’intéresse moins aux idées qu’à l’action des idées, aux effets qu’elles produisent, à la parole efficace qui provoque un changement ». Éd. Philippe Picquier, 390 p. 20 €. Corinne Amar.

Carnets

Marilyn Monroe, Fragments Marilyn Monroe, Fragments. Traduction de l’anglais (États-Unis) par Thiphaine Samoyault. Préface d’Antonio Tabucchi. « Seuls quelques fragments de nous toucheront un jour des fragments d’autrui - la vérité de quelqu’un n’est en réalité que ça -, la vérité de quelqu’un ». Pour qui en douterait encore, ces fragments de carnets intimes conservés jusqu’à présent par la veuve de Lee Strasberg, héritier des affaires personnelles de l’actrice, devraient définitivement faire voler en éclats l’idée d’une Marilyn Monroe icône blonde évaporée à la sensualité explosive. Les facs-similés des poèmes, notes, écrits intimes et lettres, reproduits dans une version anglaise et française, accompagnés de magnifiques photographies, laissent affleurer quelques mouvements de la vie psychique d’une des figures féminines les plus éblouissantes et les plus mystérieuses du cinéma hollywoodien. De 1943 à 1962 année de sa mort, de Los Angeles à New York où elle élit domicile en 1955 à la recherche d’une réalité plus intellectuelle - ambition qu’elle concrétisera avec son mariage avec Arthur Miller et son amitié avec Lee Strasberg - les textes révèlent une qualité d’introspection et d’analyse aiguë. Marilyn y apparaît tout à la fois déterminée et fragile, hantée par son enfance dévastatrice auprès d’une mère psychotique, angoissée par son manque de confiance en elle, ses paniques devant la caméra, la solitude, passionnée, lucide sur ses relations sentimentales, tendre et fidèle en amitié, soucieuse de s’améliorer sans cesse, avide de lectures et d’expériences nouvelles. Arthur Miller qui avait perçu ce déchirement intérieur entre désir de vivre et impossibilité de se maintenir hors des « sables mouvants » disait d’elle : « Pour survivre, il aurait fallu qu’elle soit plus cynique ou du moins plus proche de la réalité. Au lieu de cela, elle était un poète au coin de la rue essayant de réciter ses vers à une foule qui lui arrache ses vêtements. » Éd. Seuil, Fiction & Cie, 270 p, 29, 80 €.

Romans

Hector Abad, L’oubli que nou serons Héctor Abad, L’oubli que nous serons. Traduction de l’espagnol (Colombie) par Albert Bensoussan. Préface de Mario Vargas Llosa. « C’est un des paradoxes les plus tristes de ma vie : presque tout ce que j’ai écrit, je l’ai écrit pour quelqu’un qui ne peut pas me lire, et ce livre même n’est rien d’autre que la lettre adressée à une ombre. » Avec L’oubli que nous serons, Héctor Abad, journaliste et romancier colombien plusieurs fois récompensé, signe une magnifique réflexion sur l’amour filial, et sur le pouvoir des mots, de l’intelligence et du savoir face à la barbarie politique. Le roman tire son titre d’un vers d’un poème de Borges, que l’auteur retrouva dans la poche de son père, Héctor Abad Gómez, assassiné le 25 août 1987 à Medellín par les forces paramilitaires. Son père médecin et professeur universitaire émérite, épris de justice et de progrès social, avait tenté toute sa vie de renverser la spirale de violence d’une société colombienne rongée par les mentalités les plus conservatrices. Spécialiste de médecine préventive et de santé publique, il avait mené à bien des campagnes de vaccination ou d’accès à l’eau potable pour tous. Ses idées libérales lui attirèrent les foudres des pires obscurantistes cléricaux et politiques. Mais rien, ni les menaces, ni les humiliations, ni les disparitions de nombre de ses amis victimes de la vague de terreur politique des années 70-80, ne le détournèrent de sa mission. D’aussi loin qu’il se souvienne, Héctor Abad a toujours adoré ce père affectueux, humaniste et cultivé qui lui lisait des poèmes, l’Encyclopédie ou l’Histoire de l’art de Gombrich. Cet athée convaincu, distillait chaque jour en lui sa foi dans l’intelligence et la connaissance, son amour de la littérature et de l’art. L’écrivain garde la nostalgie d’une enfance heureuse, entouré de ses cinq sœurs et du couple harmonieux formé par ses parents. Si la tragédie de la mort de sa sœur Marta et de son père a rompu à jamais ce bel équilibre, le roman reste de bout en bout lumineux, sans doute habité par la générosité et la beauté des âmes qui caractérisent la famille Abad. Éd. Gallimard, Du monde entier, 320 p, 19,50 €.

Essais

Siri Hustvedt, La femme qui tremble Siri Hustvedt, La Femme qui tremble. Une histoire de mes nerfs. Traduction de l’anglais (États-Unis) par Christine Le Bœuf. Alors qu’elle se prépare dans son Minnesota natal à prononcer un discours en hommage à son père disparu, Siri Hustvedt est assaillie de tremblements incontrôlables, mais garde pourtant toutes ses facultés de parole. Sujette depuis l’enfance à de terribles migraines qu’elle a fini par faire siennes ; en ce mois de mai 2006, la romancière se trouve confrontée à une nouvelle forme de dissociation d’elle-même, à « un autre moi non domestiqué », nouvelle manifestation d’un système nerveux particulièrement sensible déjà coutumier d’hallucinations auditives, d’états de grande euphorie ou de synesthésie visuo-tactile. Passionnée par tout ce qui touche aux neurosciences depuis des années, et sondant sans cesse dans son œuvre les mystères de l’identité et de ce qui nous définit comme êtres humains, elle s’empare de ce nouveau symptôme pour tenter d’affiner la perception qu’elle a d’elle même. Partant de son expérience propre, convoquant l’étendue de ses connaissances en matière de neurologie, de psychiatrie et de psychanalyse, rassemblant ses observations lors d’ateliers d’écriture à l’hôpital psychiatrique de Payne Whitney à New York, interrogeant son expérience intime de la lecture, de l’écriture, du langage, de la mémoire, des liens entre mécanismes psychiques et symptômes neurobiologiques, elle explore les limites de la pensée sur le corps et l’esprit. Sur les traces de cette femme qui tremble, elle nous renvoie à la complexité de notre conscience et à ce besoin que nous avons de nous inscrire dans une narration, un récit de nous-mêmes et du monde. « Nous sommes habités, occupés, pluriels et nous vivons en relation incessante avec ce monde extérieur perçu, en tant qu’êtres corporels et pas seulement en tant que cerveaux. » Éd. Actes Sud, 246 p, 22 €.

Correspondances

Les Lettres de Beethoven Les lettres de Beethoven, L’intégrale de la correspondance 1787-1827. Préface de René Koering. Traduction des lettres d’après l’allemand par Jean Chuzeville suivant l’édition anglaise établie en 1960 par Emily Anderson. Notes traduites de l’anglais par Elsa Codronchi Torelli. Textes musicaux revus par Luigi Cocchi. Réédition en fac-similé d’une première édition française parue en 1968, à Turin. Beethoven (Bonn, 1770-Vienne, 1827) où la correspondance abondante, de celui pour qui l’écriture deviendra l’unique moyen de communication avec le monde extérieur ; au total, près de 1750 lettres, écrites dans une période de plein essor de la musique romantique, où, jusqu’en 1802, se font sentir les influences de Mozart, son aîné, et de Haydn, dont il est l’élève ; « Vous aurez des pensées que personne n’a encore eues, vous ne sacrifierez jamais votre pensée à une règle tyrannique, mais vous sacrifierez les règles à vos fantaisies ; car vous me faites l’impression d’un homme qui a plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes. (Haydn, 1793) » Considérations sur l’époque, soucis d’argent, commentaires sur les œuvres, amours déçues : « Constamment amoureux, Beethoven s’entoure de femmes qui non seulement ne sont jamais libres, mais toujours souffrantes et malheureuses. Et elles, comment le jugent-elles ? Eh bien, tantôt trop fou, tantôt trop laid ou trop ceci ou trop cela... (p.XI) ». Personnage extravagant, taciturne, compliqué, soucieux des questions de la vie quotidienne ou d’édition, défenseur obstiné de sa propre musique dont il entend monnayer l’édition de ses œuvres, rudoyant, dans la rue, les enfants : génie à la fois, mortel et universel et désespéré d’une surdité prononcée, dès 1802, à laquelle il se sait condamné et qu’il révèle, en octobre, dans son fameux Testament de Heiligenstadt ; tel, il apparaît. Éd. Actes Sud, 1737 p. 49 €. Corinne Amar.

Revues

Cahiers Hyvernaud, 2010 Cahiers Georges Hyvernaud n° 10
« Inédits et introuvables »
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Présentation de Guy Durliat :

Ce numéro 2010 des Cahiers Georges Hyvernaud - revue annuelle de la Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud - revêt une importance particulière en ce qu’il est le dixième de notre Société, fondée en 2001 avec l’appui d’Andrée Hyvernaud, l’épouse de l’écrivain.
Après les inédits que comportaient le n° 6 de ces Cahiers - associés à l’hommage rendu à Andrée Hyvernaud à sa mort - , et les deux numéros spéciaux - Voie de garage, 1941-44, manuscrit écrit en Poméranie (2005), puis Édition et réception d’Hyvernaud après-guerre -1945-55 (2008), nous trouvons là l’occasion de rassembler les derniers fragments inédits d’Hyvernaud ainsi que des documents introuvables le concernant. Les sources en sont diverses (manuscrits du fonds Hyvernaud, dossiers préparés à notre intention par Andrée Hyvernaud, correspondances retrouvées, archives personnelles de Marie-Claude Profit-Hyvernaud, archives du fonds Guéhenno, de l’Oflag IID, journaux et revues...), et l’ensemble hétéroclite (lettres privées, écrits et notes sur la littérature et les écrivains, l’époque, le quartier de Paris... ; pages parfaitement rédigées ou brouillons, lignes jetées sur une page de carnet...). Ces documents vont des années 1925 - Hyvernaud est jeune professeur à Arras - aux années 1965 de son aventure pédagogique avec Jean Guéhenno, alors qu’il a abandonné sa carrière d’écrivain après l’échec du Wagon à vaches. Le sommaire qui suit en donne une idée. Ce Cahier bénéficie, entre autres, de la participation de Marie-Claude Profit - la fille de Georges Hyvernaud - de Gilles Mauduit, fils du seul compagnon de captivité d’Hyvernaud - et de celle de Jean José Marchand - le seul critique ayant signalé la mort anonyme d’Hyvernaud, et qui a tant fait depuis pour sa reconnaissance.
Fort de nombreuses illustrations (fac similés, photographies), cette livraison-anniversaire tirée à 150 exemplaires compte 142 pages au format 14,5x21,5. Prix hors adhésion à la Société Hyvernaud : 15 € (port non compris).
Contact pour ce numéro : Guy Durliat, 39 avenue du général Leclerc, 91370 Verrières-le-Buisson -
guy.durliat@wanadoo.fr
http://www.hyvernaud.org

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