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Dernières parutions décembre 2010 Collectif

 

Correspondances

Guy Debord, correspondances Guy Debord, Correspondance, volume « 0 » septembre1951-juillet 1957 complété des « lettres retrouvées » et de l’index général des noms cités . On se souvient de l’écrivain (1931-1994), de l’essayiste, du cinéaste, du révolutionnaire ; celui qui conceptualisa ce qu’il appelait le « spectacle », dans son œuvre majeure « La Société du spectacle » - critique féroce de la marchandise et de sa domination sur la vie - fut (avec Gil Wolman, entre autres) l’un des fondateurs de l’Internationale lettriste, puis de l’Internationale situationniste. En 1951, il a 20 ans ; « jamais... le champ de bataille n’avait été aussi vide », est déjà au cœur de la vie intellectuelle, intimement connaisseur des surréalistes, a pour modèles Lautréamont et Arthur Cravan, refuse le pouvoir et l’aliénation.
À Gil J. Wolman (1953)
« Mon cher Gil, Il est étrange de t’écrire de Paris, mais nous nous voyons assez peu en ce moment et il me semble que tu manifestes un découragement inquiétant, comme on dit.
Un mouvement dialectique curieux me laisse aller moi-même à un découragement total en présence des œuvres qui se font et que je méprise obligatoirement à cause de leur caractère borné et extrêmement étranger à ce qui m’importe vraiment. Et, à l’inverse, les tendances parmi nous à la médiocrité désabusée m’inciteraient à donner des raisons d’agir.(...) (p.27.) »
L’ouvrage publié est le dernier volume (il se termine par la fondation de l’Internationale situationniste, en 1957) d’une correspondance de sept tomes déjà publiés et venant après celui-ci chronologiquement. Lettres à ses amis, aux membres de l’Internationale lettriste, à la rédaction du Times, à la revue Les Lèvres nues... ; lettres retrouvées « le plus souvent d’ailleurs auprès de leurs propres destinataires ou ayants droit. » Éd. Librairie Arthème Fayard, 2010, 446 p. 29,50 €. Corinne Amar.

Jean Genet, Lettres à Ibis Jean Genet, Lettres à Ibis. Ces vingt et une lettres inédites, signées Genet, sont, pour la plupart, écrites entre 1933 et 1936. Genet est alors engagé dans l’armée depuis 1929, il est déjà allé en Syrie, au Maroc mais en 1933, dans sa caserne de Toul, il s’ennuie ferme. Il est intéressant de découvrir Genet cherchant sa voie, existentielle et littéraire, neuf ans avant sa première publication (à compte d’auteur), celle d’un long poème intitulé Un condamné à mort. La destinatrice de ces lettres, Ibis surnom d’Andrée Pragane (née elle aussi en 1910) dirige une confidentielle revue - Jeunes - qui devait accueillir dans son numéro 5, une note de lecture consacrée à Smara, Carnets de route de Michel Vieuchange (Plon, 1933). Faute d’argent, ce numéro ne parut pas, mais le fils d’Ibis, Jacques Plainemaison qui édite ce volume, nous donne à lire cette note. Ce premier écrit connu de Genet présente Vieuchange, non pas comme un aventurier mystique, mais en tant que figure de l’artiste dans son rapport à l’œuvre : « S’accomplir voilà ! Devenir soi dans son œuvre ». C’est l’œuvre qui produit l’auteur et non l’inverse. Théorie proche de celle de Valéry, cité dans une lettre antérieure qui évoque la lecture d’Eupalinos : « J’ai les larmes aux yeux de n’être pas Valéry ». Le rapport à Ibis est ambigu : « Soyez ma sœur », « Vous, vous faites que je ne me tue pas », « Ibis très Chérie », mais elle a aussi statut de simple intermédiaire pour tenter d’atteindre le monde intellectuel ou tel amant. Ces lettres témoignent d’une vie marquée par le malheur : « Je suis mûr pour le suicide », « J’ai tout à fait l’impression d’être un mort ». En 1945, une famille de substitution l’aide à surmonter son malaise : « Je vis très seul et très triste. Le gosse [un ancien amant] est marié. C’est son seul bonheur qui me préoccupe. J’ai enfin trouvé un but à ma vie : organiser l’existence d’un petit pêcheur de 20 ans ». Le goût de Genet pour l’errance est aussi une manière de quitter « cette sale France que je hais ». De Malaga, en janvier 1934, il écrit « Quant à moi, j’irai certainement (...) en Palestine ». Lorsqu’on sait que son ultime récit - Un captif amoureux (1986) - est consacré, pour une bonne part, aux Palestiniens, on peut comprendre que le réduire à un engagement est une erreur. Ces lettres nous montrent en quoi Genet s’interroge sur sa capacité à devenir écrivain : « Figurez vous, ‘Bis, que jamais je n’arriverai à écrire simplement ». Cela s’est confirmé pour le plus grand plaisir du lecteur. Ce que Genet découvre, c’est la puissance de l’imaginaire : « je demeure constamment avec vous. Merveille de l’imagination, du pouvoir de transposition ? Souvent je regarde la petite photo que j’ai de vous ». Dix ans plus tard, ses récits autobiographiques sauront solliciter cette capacité à imaginer, sans limite, à partir des traces de la mémoire. Éd. Gallimard, coll. l’Arbalète, 110 p. 17,50 €. Patrice Bougon

Patrice Bougon est responsable, notamment, du site « Société des Amis et Lecteurs de Genet » (S.A.L.G) :
http://jeangenet.pbworks.com/
Colloque international du centenaire : Les guerres de Jean Genet les 16 et 17 décembre 2010 à Paris IV et à l’E.N.S. Direction : Patrice Bougon ; Comité scientifique : Didier Alexandre (Paris IV), Michel Corvin (Paris III), Michel Murat (Paris IV-ENS). Présentation du colloque et programme sur le site http://jeangenet.pbworks.com/

Aline Mayrisch, Correspondance Aline Mayrish-de Saint-Hubert, Marie Delcourt - Curvers, Correspondance 1923 1946. Aline Mayrisch-de Saint-Hubert Marie Delcourt-Curvers, Correspondance 1923-1946. Édition établie par Catherine Gravet et Cornel Meder. Aline Mayrisch (1874-1947) dite Loup et Marie Delcourt (1891-1979) se rencontrent en 1922 par l’intermédiaire de leur amie commune Hélène Legros. Malgré sa grande érudition, Aline Mayrisch a toujours regretté de n’avoir pu accéder à des études supérieures, et a consacré son existence à la création de nombreuses œuvres sociales comme l’Association pour les intérêts de la Femme qui allait être à l’origine du premier lycée de jeunes filles luxembourgeois et à la diffusion de l’art et de la littérature. Sa collaboration à la Nouvelle Revue Française, sa proximité avec André Gide, Jean Schlumberger, Jacques Rivière ou Henri Michaux, son château de Colpach ouvert aux artistes et aux écrivains, sont autant de traces de sa vivacité et de son influence intellectuelles. En Marie Delcourt, première femme à enseigner la philologie classique à l’Université de Liège et initiatrice d’un cours d’Histoire de l’humanisme, elle ne pouvait manquer d’admirer l’intelligence et le modèle d’émancipation féminine. Tout à la fois reflet de leur quotidien, notamment pendant les années de guerre où privations et absence des êtres chers sont sources d’inquiétude, et conversation autour de leurs travaux respectifs et des pensées qui les occupent, la centaine de lettres et de cartes postales réunies ici laissent entendre la profondeur et la fécondité de leur intimité. Éd. Cercle des Amis de Colpach, Luxembourg, 508 p. Élisabeth Miso.

Biographies/ Autobiographies

Marco Polo, biographie Olivier Germain-Thomas, Marco Polo, Biographie. Texte inédit. « Plusieurs siècles après sa mort, le périple de ce marchand voyageur qui pensait, en homme de son temps, que la terre était plate, les étoiles accrochées à une voûte céleste fixe et la Bible à prendre à la lettre, continue de nourrir nos songes. (...) Il est possible de réinventer Marco Polo, de l’inscrire dans la lignée de Rama, Ulysse, Hercule, Sindbad, Triptika... Tel n’est pas mon dessein. Je me suis refusé, non sans tristesse certains soirs, à broder, malgré ma conviction que la fiction est plus vraie que l’apparente objectivité. (...) Mais j’ai accepté de rester accroché au mât et de m’en tenir au Devisement. » Le Devisement du monde, autrement dit, les célèbres Mémoires du Vénitien, Marco Polo (1254-1324), dictées à son compagnon de captivité, à Gênes. Qui était-il ? « On ne sait rien de la vie de Marco Polo avant l’âge de dix-sept ans », nous dit l’auteur, heureux conteur, familier des paysages de l’Asie et du voyage. C’était un jeune Vénitien, parti avec son père et son oncle, patriciens et commerçants passés au service du Grand Khan mongol, qui atteignit la Chine, en 1275, parcourant la Route de la Soie, y séjourna pendant 17 ans ; fut employé par l’empereur mongol, Kubilaï, chargé de diverses missions, tant en Chine que dans des pays de l’océan Indien. Fait surprenant : aucune trace de Marco Polo ne sera retrouvée dans les archives impériales, pourtant très précises.
De retour à Venise en 1295, il combattit à Gênes, fut fait prisonnier et dicta à Rustichello de Pise, dans sa geôle, le récit de ses voyages en Chine - récits qui influencèrent, de Christophe Colomb aux plus grands explorateurs, bien des destins et des imaginaires. Éd. Gallimard, coll. Folio/Biographies, 220 p. 7,41 €. Corinne Amar.

Louise Bourgeois, Moi, Eugénie Grandet Louise Bourgeois, Moi, Eugénie Grandet . Précédé d’un essai de Jean Frémon. La célèbre plasticienne (1911-2010), née à Paris, mais établie à New York, où elle avait passé la plus grande partie de sa vie, avait imaginé, entre 2007 et 2010, pour la Maison de Balzac, à Paris, de présenter une exposition dans laquelle elle faisait du personnage célèbre de l’écrivain, l’héroïne. Écho entre mythe littéraire et sa propre légende familiale, et revenant à un travail de broderie et de tissage qui avait été le sien dans sa jeunesse, Louise Bourgeois composait seize petits panneaux, en hommage à Eugénie Grandet. « Torchons et mouchoirs, parfois élimés, pliés dans les armoires depuis son départ aux États-Unis en 1938, agrémentés de perles, de boutons, d’épingles, de fleurs, de tissus, de strass, reliquaires évoquant le temps qui passe, la minutie des herbiers et l’humilité des ouvrages de dames ».
L’ouvrage, publié à l’occasion de l’exposition se présente en quatre parties. Dans la première, intitulée Mystère d’une identification, Jean Frémon, fait un portrait intimiste de l’artiste vue dans sa ressemblance troublante avec le personnage d’Eugénie Grandet et le destin d’une femme qui n’a jamais eu l’occasion d’être une femme (père froid et distant, mère effacée, fille sacrifiée ; autant de thèmes récurrents dans l’œuvre de Louise Bourgeois, renvoyant aux frustrations de l’enfance, au joug paternel, à la solitude, à la prison intérieure...)
La deuxième partie du livre reprend une série de fragments du roman Eugénie Grandet de Balzac ; à sa suite, un poème de Louise Bourgeois (traduction de Jean Frémon) : Ode à Eugénie Grandet ; enfin, les seize petits tableaux numérotés et si délicatement reproduits. Éd. Gallimard, coll. Le Promeneur, 140 p.16 €. Corinne Amar.

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