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Prix Sévigné 2010-2011

Le lauréat sera connu le jeudi 3 février 2011

 

Le Prix Sévigné couronne la publication d’une correspondance inédite ou d’une réédition augmentée d’inédits apportant une connaissance nouvelle par ses annotations et ses commentaires, sans limitation d’époque, en langue française, ou traduite d’une langue étrangère.

Le jury du Prix Sévigné composé de

Anne de Lacretelle, Présidente-Fondatrice,
Claude Arnaud,
Jean-Pierre de Beaumarchais,
Manuel Carcassonne,
Jean-Paul Clément,
Charles Dantzig,
Pierre Kyria,
Marc Lambron,
Jean-Marc Léri,
Diane de Margerie,
Ivan Nabokov,
Eric Ollivier

s’est réuni le mardi 14 décembre 2010.

Ont été sélectionnés :

-  Rémy de Gourmont
Correspondance 2 tomes - Éditions du Sandre

-  Madame de Maintenon
Lettres, volume I - Éditions Honoré Champion

-  Pierre Drieu la Rochelle et Victoria Ocampo
Lettres d’un amour défunt- Éditions Bartillat

-  August Strinberg
Correspondance Tome 1 - Éditions Zulma

Le lauréat sera connu le jeudi 3 février 2011 lors de la remise du Prix qui se tiendra à la Fondation d’entreprise La Poste.

Le Prix Sévigné reçoit le soutien du Centre national du Livre. Il est mécéné par la Fondation d’entreprise La Poste et accompagné par la maison Hermès. Le Prix Sévigné collabore au festival de la Correspondance de Grignan.

...

Jeudi 3 février 2011 - Les lauréats du Prix Sévigné 2010-2011 sont :

-  Julien Hervier pour Pierre Drieu La Rochelle, Victoria Ocampo, Lettres d’un amour défunt, correspondance 1929-1944
-  Elena Balzam pour August Strindberg, Correspondance - Tome 1 (1858-1885)

Drieu la Rochelle et Victoria Ocampo Pierre Drieu La Rochelle / Victoria Ocampo, Lettres d’un amour défunt, correspondance 1929-1944. Édition établie par Julien Hervier. « Je regretterai toute ma vie de n’avoir pas été ton amant pour la vie. Ç’aurait été profondément magnifique et grand. » Quand ils sont présentés l’un à l’autre en février 1929 à Paris, Victoria Ocampo et Pierre Drieu la Rochelle sont en pleine désillusion sentimentale. Lui, tente d’échapper au fiasco de son second mariage, elle, voit s’éteindre le feu de son amour pour l’avocat Julián Martínez. Ces deux êtres que tout semble opposer vont pourtant succomber à leur attraction réciproque. La belle argentine repart pour Buenos Aires laissant Drieu désemparé. Ils se revoient le printemps suivant, mais la sensualité laisse très rapidement la place à une longue amitié amoureuse jusqu’au suicide de Drieu en 1945. Leur amitié gardera la même agitation que leur brève passion charnelle comme en témoigne leur correspondance prise entre tendresse, affinités et désaccords sensibles. L’élégante aristocrate portègne à la culture cosmopolite se sent souvent blessée par la crudité, la jalousie et la misogynie de l’auteur du Feu follet « J’ai la haine des femmes, je ne puis coucher qu’avec des corps, des fantômes, dans un bordel. » Leurs esprits se rejoignent sur le terrain littéraire, Drieu collabore à la prestigieuse revue SUR que dirige Victoria et ne peut s’empêcher de dénigrer les intellectuels qu’elle admire comme José Ortega y Gasset ou Hermann von Keyserling. Derrière ses provocations et son cynisme, Drieu ne cache pas l’affection qu’il porte à son amie « Je suis un mauvais amant, mais un bon ami. Si tu n’es pas ma maîtresse, alors je ne craindrai plus ton esprit. Nos oppositions deviendront calmes et fécondes, au lieu d’être agitées et stériles. » Leurs conflits se durcissent pendant la guerre avec les positions fascistes de Drieu. Victoria ne croira jamais tout à fait à la réalité de ces convictions, elle y verra davantage l’expression des tourments de l’écrivain. Les dernières années leurs lettres sont empreintes de nostalgie « Nous nous sommes rencontrés un peu vieux pour la passion, un peu jeunes pour l’amitié ; et le malentendu a rempli de ronces beaucoup de nos années. », écrit Drieu en mars 1940 ; « J’ai pleuré après avoir lu ta lettre. Et je recommencerais de nouveau en ce moment si je m’y laissais aller. Il me semble que je t’avais perdu au milieu d’une foule et que je viens de te retrouver. » confesse Victoria en octobre 1942. Chacun avouant quel point lumineux dans leur existence l’autre n’a jamais cessé d’être. Éd. Bartillat, 251 p, 25 €. Par Elisabeth Miso (FloriLettres, édition de décembre 2009).

Comme Drieu (2007), ce livre est présenté et annoté par Julien Hervier, spécialiste de l’œuvre de Drieu la Rochelle. Il participe à l’édition de la Pléiade de Drieu qui doit paraître prochainement.

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August Strindberg, Correspondance August Strindberg, Correspondance - Tome 1 (1858-1885) . Choix, présentation et traduction du suédois par Elena Balzamo. « La correspondance d’August Strindberg (1849-1912) est, à elle seule, un roman-fleuve ». Chez Strindberg, pas de journal intime ; des lettres, un flot abyssal ; « son journal intime à lui, son laboratoire, son exutoire, sa soupape de sécurité, ses contacts avec le monde extérieur, ses introspections - tout cela était assuré par sa correspondance ». Autrement dit, sur plus d’un demi-siècle (il a vécu soixante-trois ans), près de dix mille lettres (écrites en suédois, mais aussi en allemand, en français), il rédigeait des lettres quasi quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour, soit vingt-deux volumes dans l’édition suédoise. Les éditions Zulma en publient une quintessence, pour la première fois en français, avec le premier de trois volumes à paraître, et grâce à la prodigieuse entreprise de la traductrice, essayiste, Eléna Balzamo, dont le Prix Sévigné 2011 vient de couronner le travail passionné.
Qui est-il, comment écrit-il, à qui, ce Strindberg à la correspondance si prolixe - homme timide, il préférait la communication à distance ; homme méfiant, il privilégiait le mode qui lui permettait de garder le maximum de contrôle - dont on sait qu’il connut la célébrité à trente ans avec un roman qui fit scandale, La chambre rouge, né à Stockholm, d’une famille aisée, éduqué dans les bonnes écoles, signant pamphlets, nouvelles, pièces de théâtre, marié à trois reprises, menant une existence de nomade la plus grande partie de sa vie et tour à tour instituteur, acteur, journaliste, apprenti télégraphiste, bibliothécaire, romancier, dramaturge et enfin, écrivain à part entière ?
Il écrit aux membres de sa famille, à ses amis, aux littérateurs qu’il connaît, à des directeurs de revue, à des éditeurs... La lettre dit l’homme ardent et les idéaux qui l’illuminent, dit l’œuvre ; la carrière d’écrivain controversé dans une Suède en pleine révolution industrielle et sociale, son engagement dans le monde du théâtre, ses rêves de conquérir une renommée d’auteur dramatique à Paris, ses convictions, ses interrogations, une susceptibilité ombrageuse, ses relations avec les femmes. En 1875, il fait la connaissance de la baronne Siri von Essen et de son mari, un officier de carrière. Il s’éprend d’elle. Ses lettres le montrent tantôt cajoleur, tantôt menaçant, amoureux rusant pour la séduire ; elle divorce, il l’épouse. On découvre aussi derrière le génie de l’écrivain, la part sombre de l’homme, polémique, s’emportant contre les mesquineries d’une destinée contraire à celle qu’il se sent mériter, misanthrope, misogyne, sujet à de furieux accès de jalousie et de persécution et pourtant ? Soucieux de sauver l’humanité. Éd. Zulma, 432 p. 22 €. Corinne Amar

Elena Balzamo essayiste et traductrice, a consacré plusieurs essais à la vie et à l’œuvre de l’écrivain et traduit aussi bien son théâtre que ses œuvres en prose, romans et nouvelles, dont Le Rêve de Torkel (Zulma, 2007).

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