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Dernières parutions février 2011 Par Elisabeth Miso

 

Correspondances

Marie Curie et ses filles, Lettres Marie Curie et ses filles, Lettres. Prix Nobel de physique avec Pierre Curie en 1903 et prix Nobel de chimie en 1911, Marie Curie s’est passionnément investi dans ses recherches scientifiques tout en étant très attentive à ses responsabilités de mère. Ses filles Irène et Ève ont respectivement 9 et 2 ans quand Pierre Curie meurt dans un accident de la circulation en 1906. Devant cette tragédie dont elle ne se relèvera jamais tout à fait, la femme de sciences n’a pas d’autre choix que d’aller de l’avant. Elle succède à son époux à la Faculté des Sciences, devient la première femme à enseigner à la Sorbonne, dirige le laboratoire, donne des conférences à l’étranger, veille à la création de l’Institut du Radium en 1914 et de la Fondation Curie en 1921, et se soucie constamment par ses qualités de cœur et son intelligence de tirer ses enfants vers le meilleur. Ses activités la retenant souvent loin de son domicile ou des lieux de vacances où séjournent Irène et Ève, elle échange avec elles une correspondance régulière. De 1905 jusqu’à la mort de Marie en 1934, les lettres reflètent les préoccupations d’intendance quotidienne d’une mère tout autant que l’infinie tendresse et les affinités intellectuelles qui circulent entre les trois femmes, chacune profondément concernée et admirative du cheminement des deux autres. Irène deviendra l’assistante de sa mère, elle s’avèrera d’une aide essentielle lors du développement sur le front des premières voitures radiologiques pendant la première guerre mondiale. Elle poursuivra avec succès la voie tracée par ses parents aux côtés de son mari Frédéric Joliot avec qui elle recevra en 1935 le prix Nobel de chimie pour leur découverte de la radioactivité artificielle. Un temps concertiste, Ève deviendra critique musicale et se consacrera à l’écriture. Éd. Pygmalion, 380 p, 19,90 €.

Romans

Victoria Horton, Attachements Victoria Horton, Attachements. Chassé-croisé de récits et de courriers, Attachements retrace le parcours, de la fin des années 60 à nos jours, de plusieurs personnages tous étroitement liés les uns aux autres. Charles un antiquaire parisien possède une maison de campagne à Champvallon en Touraine, il y emménage avec sa fille Anna. Son fils aîné Henri décide lui aussi de s’installer dans la région. Juliette qui habite le bourg s’occupe d’Anna et son mari Robert un ouvrier agricole effectue toute sorte de travaux pour Charles. Charles héberge Marcel, un ancien boucher parisien déprimé par le départ de sa femme, qui a des idées d’aménagements pour la maison. Un jour d’été, Juliette et Marcel s’enfuient ensemble avant que Juliette ne prenne sa ribambelle d’enfants sous le bras pour échapper à la violence de Marcel. Des années plus tard Anna qui vit en Bretagne part à la recherche de Juliette et les confidences qu’elle recueille de cette dernière sur ses amours tumultueuses viennent réveiller ses propres blessures. Elle reprend contact avec son frère et son ex-compagne, renoue une correspondance avec Roland un homme qu’elle a aimé, et le trouble des passions passées refait alors surface. Éd. Quidam, 206 p, 18 €.

Hélène Bessette, N’avez-vous pas froid Hélène Bessette, N’avez-vous pas froid. Postface de Maylis de Kerangal. Encensée notamment par Marguerite Duras, Michel Leiris ou Raymond Queneau, l’œuvre d’Hélène Bessette ne jouit curieusement pas de la renommée qu’aurait dû essaimer sa prose si novatrice. Depuis 2006, la collection LaureLi aux Éditions Léo Scheer s’emploie à réparer cet oubli. N’avez-vous pas froid, emprunte la forme épistolaire pour décortiquer l’effondrement d’un couple. On y entend uniquement la voix du mari, Georges un pasteur qui écrit à sa femme Dora, partie se soigner en Suisse. Six mois de correspondance, de décembre 1960 à juin 1961, durant lesquels le pasteur mène un combat contre lui-même et contre cette épouse qui se dérobe à sa domination. Soubresauts incessants d’amour et de haine, les lettres expriment toute la confusion des sentiments d’un homme qui a articulé sa vie autour de sa foi, de son rôle de pasteur, de père et de mari tout puissant et qui redoute plus que tout l’opprobre. Paroles enjôleuses, menaces, cruauté, désir affiché pour une autre femme, culpabilisation, ultimatums, l’homme qui ne peut empêcher l’agonie de son mariage, se berce encore de l’illusion d’assujettir sa femme à sa volonté. Hélène Bessette traque avec lucidité la complexité des sentiments, la perversité du conformisme social dans ce roman aux résonances autobiographiques (elle a été mariée à un pasteur dont elle a divorcé), mais ne s’embarrasse pas d’ornements, de descriptions, de psychologie inutiles. La narration ne doit pas distraire de ce qui peut surgir de la langue même, ce qui fait sens pour la romancière c’est le processus de la rupture et la poésie crue de la langue ramenés à l’essentiel par un jeu subtil d’incisions au scalpel et de simplifications précises.
« Si tu veux, écris encore. Et je répondrai. Notre conversation de Rupture ainsi durera longtemps
Durera toujours.
Dialogue des cœurs à demi-mort. A du mal à prendre
Fin.
Et nos cœurs en cendre ont du mal à mourir. »
Éd. Léo Scheer. Collection LaureLi, 196 pages, 17 €.

Récits

Dany Laferriere, Tout bouge Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi . Venu participer au festival Étonnants Voyageurs à Port-au-Prince, Dany Laferrière est attablé au restaurant de l’hôtel Karibe quand la terre se met à trembler. En quelques secondes le voilà à plat ventre hébété par la catastrophe qui se joue autour de lui. « Bruits sourds des immeubles en train de s’agenouiller. Ils n’explosent pas. Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre. » Ce 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7 vient de ravager Haïti. Chacun réagit à sa façon face à un désastre, pour l’écrivain haïtien exilé à Montréal, prendre des notes était sans doute la chose la plus appropriée à faire pour saisir au plus près ses propres émotions et la réalité des Haïtiens. Capter l’intimité de ce bouleversement et l’extraordinaire force de vie d’un peuple déjà plus qu’éprouvé par « les dictatures héréditaires, les coups d’État militaires, les cyclones à répétition, les inondations dévastatrices et les kidnappings à l’aveuglette. », comme une alternative nécessaire à la vision sans pudeur du malheur déversée en boucle par les médias occidentaux. À l’image du chaos sismique, Dany Laferrière compose un récit éclaté en fragments, au fil de ses impressions, de l’urgence des situations et de la vie qui s’organise à nouveau dans les ruines. On le suit dans sa découverte des quartiers éventrés, dans son inquiétude pour ses proches, dans les scènes de solidarité entre voisins, dans ces instantanés délicats d’un peuple qui se tient debout porté par cet appétit de vivre qui irradiait déjà son précédent roman L’énigme du retour couronné en 2009 par le prix Médicis. « Mais ce qui me touche vraiment, c’est qu’ils semblent émus par leur propre émotion, et qu’ils espèrent la garder le plus longtemps en eux. On dit qu’un malheur chasse l’autre. Et les journalistes ont beau se précipiter ailleurs, Haïti continuera d’occuper longtemps encore le cœur du monde. » Éd. Grasset, 180 p, 15 €.

Moravia, Lettres du Sahara Alberto Moravia, Lettres du Sahara. Traduction de l’italien Christophe Mileschi. « En réalité, on ne voyage pas, du moins pour ce qui me concerne, dans l’espace, mais dans le temps, ou si tu préfères dans l’histoire. » Envoyé spécial du Corriere della Sera en Afrique dans les années 1975-1981, Alberto Moravia tient un journal de voyage « d’impressions pures et simples », essentiellement visuelles, dans la lignée des récits de voyage de Baudelaire, Blixen, Gauguin ou Conrad. Des danses funéraires exaltées dans la poussière rouge de la brousse ivoirienne au silence du Sahara où « le voyageur inexpert, au bout de sa piste improvisée peut même se retrouver soudain face au vide absolu, à savoir une vallée de sable jaune intact, entre des dunes jaunes et intactes elles aussi, dont les contours purs et lumineux paraissent simuler les fesses, les hanches et les épaules d’une géante endormie. » Des ciels illimités de la savane kenyanne au fleuve Zaïre remonté à bord d’un vieux navire postal comme surgi d’Au cœur des ténèbres, l’écrivain italien laisse libre cours à sa contemplation, écartant de son propos toute vision trop sociologique ou politique. Le regard se porte ailleurs, pénétré de la beauté stupéfiante des paysages et des animaux sauvages, de la vitalité primitive des hommes si étroitement connectés à cette nature fascinante. Pour Moravia, la rencontre avec le continent noir se révèle être une aventure très personnelle au cœur de l’humain et du mystère de la vie. Éd. Arlea, 346 p, 20 €.

Guy Goffette, les derniers planteurs Guy Goffette, Les derniers planteurs de fumée. La poésie est le journal intime d’un animal marin qui est sur terre et qui veut voler. Il écrit en prose, mais souvent, c’est le poète en lui qui parle, le solitaire, le silencieux. Ce sont des textes courts (un titre, un exergue, une dédicace donnent le ton) sur le mode nostalgique du voyage, le désir de partir et le désir de rester, le rêve de la route, une mer imaginée... « La mer, je ne l’avais jamais vue. Grand-père qui l’avait assidûment fréquentée dans sa jeunesse turbulente, au temps des crinolines et des steamers, n’en avait rapporté qu’une pipe d’écume (...) Le soir dans mon lit, je raboutais une à une, comme je pouvais, ces bribes marines (...). » Ce sont des extraits d’un recueil, Partance et autres lieux suivi de Nema Problema ; souvenirs intimes, évocateurs de jardins et de terres d’Ardenne, d’horizons lointains, de fêtes foraines de l’enfance, de rivages atteints depuis un fond de jardin, de « voyages immobiles. Immobiles et infinis » emplis de Rimbaud ; « On ne part pas » ; souvenirs de choses captées, de choses vues, histoires de saisons, douceur de l’ennui, de l’errance, de la rêverie, du temps qui passe ; « Every morning, I have the blues. C’est là chaque matin, ça croule des murs, ça empâte la gorge et les moindres gestes...Qui es-tu ? qui ? et pourquoi ici ? pour quoi ? Le blues, vous dis-je ». Et puis aussi, le goût des images et des mots qui partent, existent, exorcisent la pluie, la solitude, la mélancolie d’un accordéon, entre l’imaginaire et l’intuition. Cela, il le dit en plus de vingt recueils de poésie et deux biographies poétiques ; Verlaine d’ardoise et de pluie (1995) et Elle par bonheur et toujours nue (1998), consacré au peintre Bonnard. Éd. Gallimard, Folio,110 p. 2 €. Corinne Amar.

Revues

Revue AIRE n°36 Revue de L’A.I.R.E. N°36
La Lettre au cinéma.

Issu d’un colloque organisé par l’Aire, l’Adresse-Musée de La Poste et l’association Filme-moi ta plume avec le soutien de l’Université de Limoges et la Fondation La Poste, cet ensemble qui regroupe vingt articles envisage la lettre au cinéma dans tous ses divers aspects. Honoré Champion, 2011.
http://www.epistolaire.org

Direction du colloque : Tanguy Bizien, Marc Buffat, Roselyne Quéméner

Sommaire :

La lettre au cinéma

« La lettre palimpseste : héritages textuels et visuels chez Arnaud Desplechin »
« François Truffaut, l’homme qui aimait les lettres ».
« Stephen Frears : Dangerous liaisons (1998) »
« Adresse »
« Fonctions poétiques et politiques de lettre de Ventura dans En avant jeunesse de Pedro Costa » « Lettres d’un homme mort de Constantin Lapouchanski (1986) : l’épistolaire et le temps »
« Le continuum épistolaire : à la lumière de deux films de Victor Erice »
« The Civil War de Ken Burns (1989) : Insuffler la vie dans l’histoire »
« Lettres d’Iwo Jima de Clint Eastwood : l’intime et l’événementiel »
« Les Vampires de Louis Feuillade (1915-1916) et les lettres de l’épouvante »
« La lettre dans le cinéma allemand expressionniste et Kammerspiel »
« Lettres à l’être défunt »
« Le facteur de la liberté : archive familiale de l’exil dans I for India de Dandhya Suri (2005) » « Signé Godard »
« La dérive des courriers solitaires : Unrequired Love de Chris Petit (2006) » « La lettre animée »
« La lettre dans le cinéma d’animation »
« Graver son chemin : lettres et messages d’enfants dans le cinéma d’Hayaho Miyazaki »

Post scriptum « La lettre au cinéma ou la création d’espaces filmiques inédits »

Perspectives épistolaires

Philippe de Vita, « Dido Freire-Renoir, dans l’ombre de Jean Renoir épistolier ».
Nicolas Cavaillès, « Lettres de Catherine Pozzi à des femmes (et leurs réponses) ».

Chroniques

État de la question de la correspondance de Voiture.
Curiosités : « Retards ».
Vie de l’épistolaire.
Iconographie épistolaire : « Madeleine et le facteur ».

Ouvrage publié avec le soutien de La Fondation La Poste

N.J.

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