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Extraits choisis - Carnets de Voyage

 

Carnets de Voyage2, Simon « Je dédie ce carnet à tous ceux qui n’ont pas de passeport » Simon.

Catalogue de l’exposition « Carnets de Voyage... Le Monde au bout du Crayon ». Du 18 novembre 2010 au 23 avril 2011
Éditions Snoeck
L’Adresse Musée de La Poste

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Arnaud d’Aunay
p. 12/13

Au fil du Mékong

Au petit matin, sur le Mékong, l’image la plus biblique devient universelle.

Sur mes carnets indochinois, les sampans côtoient les arroyos, les fauteuils en teck, les ponts des navires et la belle fleur rouge musa ornata, l’oreiller.

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Denis Clavreul
p. 40

Rochefort, l’arrivée au port, 2005
Je me préparais à peindre cette lumière dorée, la Charente à marée haute, le marais, les gens détendus. Et puis le grand bateau rouge est entré en scène, surréaliste, dans un mouvement extrêmement lent, avant de glisser dans l’écluse pour accéder au port de commerce.

Belle-Île-en-Mer,
Les Annexes,
Port de Sauzon, 2007
Il y a du crachin, je peins sous mon parapluie. Le temps est comme suspendu. Rien ne bouge, ou presque, et les choses racontent malgré tout des histoires.

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Pauline Fraisse
p.74

En Chine

Kunming, rickshaws
Dès que l’on s’éloigne du centre-ville à Kunming, les rickshaws réapparaissent, pétaradant sur les routes défoncées de la banlieue. Ils ont les cheveux au vent, dirait-on, avec leur tissu fleuri rouge et jaune qui s’échappe en lambeaux sur les côtés, lorsqu’ils s’ébranlent. Au bord de la route, au milieu de ce bazar innombrable qu’est Haitun Lu, je me régale d’en trouver un à l’arrêt...

Kunming, la rue Haitun Lu
Voie de passage plus que rue à proprement parler, Haitun Lu est le lieu où j’ai eu la chance d’habiter pendant un an et demi, dans la banlieue de Kunming. Un endroit improbable, fréquenté par toutes sortes de véhicules et engins, villageois, étudiants, et animaux en pagaille... Sous l’œil inquiet de la montagne, qui se demande si, sous la pression de la ville qui s’étend, on ne va pas lui demander de déménager...

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Nicolas Jolivot
p.100

Je n’ai plus de papier pour dessiner au nord du Laos et comme le hasard fait parfois bien les choses même en voyage, nous passons dans un village près de Luang Namtha où une femme fabrique du superbe papier à base de bambou pilé (qui sert ensuite à imprimer les prières). Il faut attendre que mes feuilles soient faites et pendant qu’elles sèchent au soleil nous allons nous baigner sous une cascade. Au retour je dessine cette femme providentielle et je roule les feuilles dans un bambou creux pour les transporter sous haute protection.

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Emmanuel Michel
p.116

Guyane, Albert Londres, 2002
Je suis envoyé en Guyanne pour réaliser un travail sur les restes des bagnes des îles du Salut, un dessin sur Albert Londres s’imposait. Il dénonça l’inhumanité du système pénitentiaire ; les derniers bagnards rentreront en France en 1953...

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Bertrand de Miollis
p. 118/119

Irak, 2004
Je suis arrivé à Nadjaf au beau milieu d’un pèlerinage chiite.
L’ambiance très bon enfant ressemblait un peu à celle que l’on peut vivre à Lourdes. Je suis parvenu à me faufiler dans la foule afin de pénétrer dans l’enceinte de la mosquée. Il est interdit de prendre des photos, mais personne ne m’a arraché mon carnet pour m’arrêter de dessiner !

Sibérie, 2005
Sergueï a rarement de la visite : il vit dans une maison, seul au bord du Baïkal.
Pour se chauffer il coupe son bois et pour se déplacer il s’est fabriqué des skis qu’il recouvre de peaux de cheval. J’ai eu la chance de partir avec lui à la chasse. On aurait dit un loup.

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Simon
p. 144

Inde, 2004
Voyager n’est qu’une manière parmi d’autres de naître toute sa vie.

Le carnet de voyage est un livre d’or chaussé de semelles boueuses.

Je considère chaque grand voyage comme une grossesse artistique et spirituelle. L’Inde à cet égard nous féconde à vie.

Chine, 2003
Il n’est pas facile de tomber amoureux d’un pays aussi difficile. Univers si énorme, si complexe, si indéchiffrable de prime abord qu’on ne peut l’aborder que sur la pointe des pieds et du pinceau.

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Franck Watel
p. 154

Carnets imaginaires

Voilà bien longtemps que les eaux ont envahi notre planète, transformant ainsi notre belle Auvergne en un chapelet d’îles.
Mon nom est Imago Sekoya. J’ai commencé à écrire et dessiner mon carnet de bord le jour de mon embauche pour la mission d’observation scientifique autour de la planète Mer : ma formation artistique et scientifique m’avait préparé à tout noter, croquer, photographier. Sélectionné parmi d’autres en tant qu’entomologiste de classe Lépidopt, je suis arrivé le 31 mars 239 A.M.E (Après la Montée des Eaux) à Puerto Allègre, port des îles d’Auvergne, pour embarquer sur le grand dirigeable « La Baleine d’Ewent » qui devait faire le tour de la planète, les eaux étant maintenant stabilisées.

© Éditions Snoeck, L’Adresse Musée de La Poste

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Simon
Au corps de l’Inde
Carnet de voyage

Éditions de la Boussole, 1999 et 2002

Pourquoi ?

J’ai trente quatre ans, de l’argent et le cœur brisé par un fol amour. Ce sont des choses qui n’arrivent pas - ensemble - tous les jours : occasion à saisir ! Et ce goût du voyage, dans le sang... Demain, je pars en Inde. J’ai besoin d’un grand voyage dévastateur. Pourquoi l’Inde ? s’étonne-t-on de tous côtés. Que répondre ? Je ne sais rien de l’Inde - voilà pourquoi j’y vais. Comme tout un chacun, j’ai des images en têtes, autant dire rien. Alors j’avance quelques explications : pays pas cher, terre de l’esprit, quête de la couleur, désir de détachement, besoin de sagesse et patati et patata, qui n’expliquent rien et ne satisfont personne, à commencer par moi. Je fuis, un point c’est tout. Comme le grand compère, Montaigne, je ne sais pas ce que je cherche, mais fort bien ce que je fuis. Mais où aller ? me demandais-je pendant plusieurs mois. Le monde est vaste... Je me refusais à choisir la destination, préférant confier à la vie elle-même - tellement plus clairvoyante, en ce qui nous concerne, que nous-mêmes, le soin de choisir. Je m’en remettais à elle. Il s’agissait d’aller loin, tout simplement. Longtemps, le Brésil et l’Asie demeurèrent en lice. Peu à peu, je compris que ma vie - contre toute attente - était mûre pour l’Orient. Mûre et avide. Comme une plante a soif, j’avais besoin d’aurore. Et, de signe, en signe, l’Inde s’imposa ; plutôt, elle se fit évidence. Des films (Satyajit Ray, Le Salon de Musique, Renoir, le Fleuve), des lectures (Michaux, Un barbare en Asie), des paroles d’amis, ces mèches du lointain, (« C’est un voyage violent », me dit quelqu’un, espérant me décourager : difficile de produire un effet plus contraire à celui recherché...) et quelques mots d’« A », surtout, quelques mots d’« A » dans un café imprudemment appelé La Renaissance, voilà, c’en est fait - je décolle demain, 16 heures, pour Madras, via Bombay, compagnie Gulf Air... Je pars et je tremble. Un brin.

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