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Dernières parutions novembre 2011 Par Elisabeth Miso

 

Mémoires / Autobiographies

Marylin Monroe, Confession inachevée Marylin Monroe, Confession inachevée . En collaboration avec Ben Hecht. Préface de Joshua Greene. Traduction de l’anglais (États-Unis) Jeanine Hérisson. En 1954, Ben Hecht, brillant scénariste de Hollywood (Scarface, Sérénade à trois, Gilda, Les Enchaînés), recueillait les confessions de Marylin Monroe pour un projet d’autobiographie. Resté inachevé, ce récit intime fut publié en 1974 par son ami le photographe Milton Greene, à qui l’actrice avait remis le manuscrit. Marylin y raconte l’enfance solitaire de Norma Jean Baker, entre orphelinat et familles d’accueil où petite servante obéissante elle se réfugie dans ses rêves. Elle voit peu sa mère qui finit par être internée pour troubles mentaux. Ce sentiment de n’être pas comme les autres, d’être transparente, cette quête éperdue d’amour, nourrissent ses ambitions de gloire. À treize ans, un pull moulant en cours de mathématiques et un maillot de bain sur une plage, lui ouvrent les yeux sur « le pouvoir magique » de son anatomie, « Une étrange sensation m’avait envahie, comme si j’avais été scindée en deux personnes distinctes. L’une Norma Jean, de l’orphelinat, n’appartenait à personne. L’autre, j’en ignorais le nom. Mais je savais où était sa place. Elle appartenait à l’océan, au ciel, au monde entier. » Le paradis qu’elle convoite c’est Hollywood. Elle pose comme mannequin, court les castings mais n’est pas dupe des dragueurs pathétiques, des producteurs et imprésarios minables qui lui promettent monts et merveilles, ballet de ratés qu’elle préfèrera pourtant à la célébrité impitoyable qui l’attend. Marylin évoque ses années de travail acharné pour attirer l’attention des magnats des studios, la vacuité des soirées mondaines où elle est immanquablement confrontée à « cette espèce de peur du sexe que ressentent les femmes lorsqu’(elle) pénètre sur leur territoire ». Le livre se clôt sur son succès grandissant dont on perçoit déjà quelle prison il va être, son mariage avec Joe DiMaggio et sa tournée en Corée pendant son voyage de noces. Marylin offre le visage d’une femme fragile et déterminée, qui cherche désespérément à être regardée pour elle-même, d’une grande lucidité sur ses relations aux autres et sur ses propres fêlures. « J’éprouve une étrange satisfaction à punir ceux qui me désirent maintenant. Mais ce n’est pas eux que je punis en réalité. Ce sont tous les personnages de mon lointain passé qui ne voulaient pas de Norma Jean. » Éd. Robert Laffont, 241 p, 20 €.

Jean-Claude Carrière, L’esprit libre Jean-Claude Carrière, L’esprit libre. Entretiens avec Bernard Cohn. Né en 1931 dans une famille de viticulteurs languedociens, Jean-Claude Carrière a très tôt éprouvé le désir de lire et d’écrire, animé par une curiosité insatiable pour le langage, les récits, les choses et les êtres les plus éloignés de sa propre culture. « L’obsession de ma vie a été de mettre en relation quelque chose de chez nous avec quelque chose d’ailleurs [...] Qu’est-ce qui se produit quand nous mettons en contact des sentiments étrangers, des formes qui ne se connaissent pas ? » Dans ce livre d’entretiens avec Bernard Cohn, le scénariste, le romancier, le dramaturge, le traducteur, l’essayiste et dessinateur se retourne sur un parcours foisonnant de multiples écritures, de voyages et de rencontres lumineuses. Formé à l’École Normale Supérieure, il publie son premier roman Lézard en 1957 et se voit confier par Robert Laffont la novélisation des Vacances de M. Hulot et de Mon oncle. Première immersion dans le cinéma avec deux maîtres Jacques Tati et Pierre Étaix, qui le décide à emprunter la voie de scénariste. Premiers succès avec Étaix, puis les projets s’enchaînent avec les cinéastes les plus créatifs et les plus exigeants. Vingt ans de collaboration stimulante et drôle avec Luis Buñuel (Le Journal d’une femme de chambre, Belle de jour) avec qui il partage cette attirance « pour le gouffre, pour l’obscur en nous, pour l’indicible, la libération totale de l’imaginaire, le hasard [...] ». Mais aussi les univers de Louis Malle (Viva María), Volker Schlöndorff (Le Tambour), Milos Forman (Valmont), Jean-Luc Godard (Sauve qui peut (la vie)). Fasciné par le théâtre depuis son adolescence, il se lance comme auteur dramatique en 1968 avec L’Aide-mémoire. La pièce est un triomphe et la scène devient un vaste champ d’explorations quand il rejoint l’aventure du Théâtre des Bouffes du Nord, aux côtés de Peter Brook (Le Mahâbhârata, La Tempête). Sa passion pour les choses de l’esprit ne connaît nulle frontière, littérature ou astrophysique, représentation du monde occidentale ou orientale, ce qui l’intéresse ce sont toutes ces histoires qui traversent l’histoire de l’humanité, tous ces points de rencontre d’un imaginaire à l’autre. « Toutes ces histoires sont le sel et le sucre de ma vie ; sans elles, je ne serais pas ce que je suis. C’est comme un besoin, une nourriture quotidienne. Et ce sont des leçons de récit, de rythme, de suspense, avec un punch line. Des leçons de vie et d’écriture. » Éd. Écriture, 312 p, 19,95 €

Qi baishi Qi Baishi, Le peintre habitant temporaire des mirages. 50 pages de la vie de Qi Baishi, l’ermite de la Pierre-Blanche, par lui-même, traduites et annotées par Patricia Batto. Préface de Gilles Béguin. 26,5 x 38 cm : des œuvres de fleurs, d’oiseaux, de plantes, d’insectes ; une technique du dessin à traits fins, aux détails minutieux ; l’ouvrage lui-même, avant de se lire, s’ouvre comme une œuvre d’art, avec 150 tableaux reproduits en pleines pages. Qi Baishi, peintre chinois, né en 1864 dans une famille pauvre de paysans, mort en 1957, actuellement considéré comme l’artiste chinois le plus côté, dans le classement des artistes mondiaux, maître incontesté d’une expressivité maximum en un minimum de moyens, avait plus de 70 ans, lorsqu’il entreprit son autobiographie. Notes inédites qui devaient servir à la rédaction d’une biographie et qui sont restées intactes. La traduction enchante. On apprend qu’il était peu robuste pour les champs, qu’il commença son apprentissage de la vie chez un menuisier, où il se forma à la sculpture sur bois. Il avait appris à dessiner. « Quand je sculptais chez des clients, mon travail terminé, certains me retenaient et, avant de me laisser partir, me demandaient aussi des dessins. » Doué pour la poésie, pour la peinture, il se forma en autodidacte auprès de maîtres locaux, voyagea pour étudier les grands calligraphes, s’imprégna des paysages célèbres qu’il voyait, puisa son inspiration dans la plus pure tradition chinoise. « Quand on parle, il faut faire en sorte que les gens vous comprennent. Quand on dessine, il faut représenter des choses que les gens sont capables de reconnaître » (p.180). Année après année, il se raconte, dans un style aussi simple que concis ; et dans un environnement politique, artistique, évoque sa famille, son art, sa ténacité. Éd. Philippe Picquier, 224 p, 39,50 €. Corinne Amar.

Récits

Enrique Vila-Matas, Chet Baker Enrique Vila-Matas, Chet Baker pense à son art . Fiction critique (d’après la définition de l’auteur). Traduction de l’espagnol André Gabastou. « J’aime la littérature qui n’est pas très sûre d’elle, qui se présente sous nos yeux comme un discours instable. » Au beau milieu de la nuit, dans une chambre d’hôtel de la rue du Pô à Turin, tout près de là où Xavier de Maistre rédigea en 1795 Voyage autour de ma chambre, un critique littéraire (double de l’auteur) s’abandonne à un voyage intérieur sur les traces de ses affinités littéraires, creusant davantage sa « recherche conflictuelle et inachevée, tout à fait inachevée, d’une vérité fuyante. » Quelles pistes de réflexions peuvent surgir de l’impossibilité à restituer l’étrangeté, l’incompréhensible de la vie ? Comment le roman s’empare-t-il de cette illisibilité du monde ? Doit-il tendre vers la radicalité artistique non-narrative de Finnegans Wake de Joyce ou plutôt vers la forme plus conventionnelle des Fiançailles de M. Hire de Simenon pour espérer être lu ? Peut-on jeter des passerelles entre ces deux visions littéraires aussi diamétralement différentes ? Autant de questions vertigineuses qu’aime à se poser l’auteur de Bartleby et compagnie et de Journal volubile pour le plaisir de convoquer les écrivains (Joyce, Musil, Céline, Beckett, Borges, Gombrowicz, Dorothy Hewitt, Sergio Chejfec) qui peuplent sa bibliothèque et qui comme lui se sont interrogés sur cette frontière mouvante « entre la réalité barbare, presque illisible, et celle qui lui est opposée, plus lisible, mais aussi plus artificielle, puisqu’elle lit le monde comme si tout pouvait être expliqué. » A l’image de la photographie, en ouverture de ce livre, qui le montre enfant intensément absorbé dans sa lecture, Enrique Vila-Matas n’en finit pas de sonder avec l’intelligence et la fantaisie qui le caractérise sa réalité d’écrivain. Éd. Mercure de France, Traits et Portraits, 176 p, 18,80 €.

Journaux

Ingeborg Bachmann, Journal de guerre Ingeborg Bachmann, Journal de guerre suivi des Lettres de Jack Hamesh à Ingeborg Bachmann. Traduction de l’allemand et préface Françoise Rétif. Retrouvé vingt-cinq ans après sa mort, le journal de guerre d’Ingeborg Bachmann, poétesse et écrivain autrichienne (1926-1973), révèle le regard que porte la jeune fille de dix-huit ans, sur son existence à Klagenfurt, sa ville natale en Carinthie et sur les ravages du nazisme. En septembre 1944, elle intègre l’institut de formation des maîtres pour se soustraire au service militaire obligatoire en Pologne et avec d’autres camarades, elle ruse pour ne pas se soumettre aux travaux de tranchées imposés par les fonctionnaires nazis. Elle préfère braver les bombardements à découvert mais au soleil plutôt que de se terrer dans un bunker parmi « ces masses hébétées et muettes ». En juin 1945, les troupes britanniques libèrent la région, elle fait la connaissance du soldat anglais Jack Hamesh, un juif d’origine autrichienne qui a pu fuir l’Autriche in extremis en 1938 à dix-huit ans dans un convoi d’enfants. Troublés l’un par l’autre, ils passent de longs moments ensemble à parler d’histoire, d’idéologie et des auteurs comme Thomas Mann Stefan Zweig Schnitzler ou Hofmannsthal, qui accompagnent Ingeborg bien que censurés en Autriche. Les deux jeunes gens n’oublieront jamais cet été, cette intense communion intellectuelle et amoureuse entre un juif et une fille de nazi, véritable éclat d’espoir dans un monde dévasté par la haine. Jack Hamesh émigre en Palestine, et dans les onze lettres qu’il adresse entre 1946 et 1947 à la jeune femme alors étudiante à Vienne, se lit l’insoutenable arrachement de laisser derrière lui l’être admirable qui a su lui insuffler une nouvelle foi en l’homme. Tourmentée par la culpabilité enfouie de son pays, Ingeborg Bachmann s’élèvera dans son engagement littéraire, politique et féministe contre toutes les formes de domination. Éd. Actes Sud, 128 p, 16 €

Christophe FIAT, Retour d’Iwaki Christophe FIAT, Retour d’Iwaki . Iwaki, c’est le nom d’une ville au Japon, dans la préfecture de Fukushima, une ville sinistrée par le tsunami du 11 mars 2011, et menacée par les radiations nucléaires. Dès avril, Christophe Fiat, romancier et metteur en scène, part pour le Japon avec l’intention d’écrire une pièce de théâtre. « Découvrir un pays en commençant par visiter une ville au cœur de la première catastrophe atomique du XXIe siècle n’est pas facile. Alors, j’ai décidé d’écrire une pièce de théâtre. Sur un personnage de cinéma nippon (...) un monstre réveillé de son profond sommeil par les essais nucléaires des Américains dans l’atoll de Bikini en 1954. » Et il en revient. C’est donc un récit, à la fois, journal et témoignage de trois semaines passées au cœur d’une catastrophe traversée par la terreur atomique. De Tokyo, il part pour Iwaki, « dans les décombres du tsunami. (...) Deux lycéennes lui racontent Fukushima ; ce jour-là, à ce moment-là, elles faisaient du shopping, elles... Puis, il est à Hiroshima. Là-bas, il interroge une femme irradiée en 1945 ; de tout, jusqu’au moindre souffle qui arrachait les chairs, elle se souvient. Il visite le Mémorial de la Paix, fouille les fantômes de Hiroshima, fait surgir Marguerite Duras et les amants célèbres de Hiroshima mon amour, rencontre un professeur d’université, un responsable de la sécurité de l’énergie atomique. Et parce que les icônes de la culture pop sont sa matière de prédilection, il convoque le fantôme du monstre le plus célèbre du cinéma japonais, « Godzilla », et mêle, à la réalité, la fiction romanesque. Avant de devenir en 2009 écrivain associé au Théâtre de Gennevilliers, Christophe Fiat a imaginé plusieurs performances autour de la poésie sonore et de la parole romanesque, et chorégraphié des pièces de danse. Éd. Gallimard, l’Arpenteur, 13,50 €. Corinne Amar.

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Jeunesse

À destination des 7-12 ans et plus, la première collection Des graines et des guides (Éditions À dos d’âne) dessine une série de portraits de femmes et d’hommes qui ont changé notre époque. Écrivains, artistes, cinéastes, musiciens, scientifiques... Écrit avec simplicité, présenté avec clarté, largement illustré de dessins d’artistes, chaque livre propose une approche poétique et ludique. Ouvrages de 48 pages, d’un format carte postale.

Achmy Halley, Yourcenar Achmy Halley et Tanguy Dohollau,
Marguerite Yourcenar, l’académicienne aux semelles de vent

Présentation de l’éditeur : Première femme élue à l’Académie française, Marguerite Yourcenar, qui a consacré sa vie à l’écriture et aux voyages, était aussi une amoureuse de la nature et des sagesses orientales. Cet ouvrage a été écrit et illustré par deux connaisseurs passionnés par l’œuvre de Marguerite Yourcenar. Éd. À dos d’âne,7 €.

Joséphine Becker, la danse libérée Marianne Stjepanovic et Pauline Sciot
Joséphine Baker, la danse libérée

Présentation de l’éditeur : Une jeune américaine noire danse jusqu’à Paris pour échapper à la misère. Devenue la célèbre Joséphine Baker, elle consacre sa vie à se battre contre le racisme avec pour seules armes la danse, la joie de vivre et la générosité. Éd. À dos d’âne, 7 €.

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