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Concours de correspondance

Recueil des lettres lauréates

 

Dans le cadre des fêtes maritimes de Brest 2012, La Poste et Le Télégramme ont organisé du 4 au 25 juin 2012 un concours de correspondance.
Objectif : promouvoir l’écrit, média de contact, d’information, de distraction et d’émotion.

Plus de 300 écrivains en herbe ont participé au concours de correspondance des Tonnerres Brest 2012. Chacun à rédigé une lettre commençant par ces mots : « Marins d’ici et d’ailleurs voguant vers Brest, il faut que je vous dise... ! »

Les membres du jury qui ont sélectionné les 4 lauréats parmi tous les jolis mots d’accueil adressés aux marins :

Corinne Abjean, chef du service « Loisirs- Culture » du Télégramme

Maryse Chauvel, directrice communication, direction de l’Enseigne Ouest Bretagne, Le Groupe La Poste

Hervé Gérault, responsable promotion du Télégramme

Catherine Haut, directrice de communication, direction du Courrier Ouest Bretagne, Le Groupe La Poste

Guy Jeannin, délégué régional, délégation du Groupe La Poste en Bretagne

Annabelle Péan, directrice de projet à l’agence de communication du Groupe La Poste en Bretagne

Marcel Quiviger, rédacteur en chef du Télégramme


Les lettres lauréates :

CATÉGORIE - 15 ans

1er prix : Marie Le Saux • 14 ans - Quimper

Quimper, le 23 juin 2012

Marins d’ici et d’ailleurs voguant vers Brest, il faut que je vous dise :
Les Bretons vous attendent avec impatience et plaisir.
Les souvenirs des rencontres passées sont restés gravés et ne demandent qu’à se réveiller.

Pour autant, nous ne sommes pas toujours faciles à conquérir, comme la mer que vous devrez traverser.
Attention au Raz de Sein, qui peut surprendre plus d’un marin aguerri.
Le vent, les courants, les roches affleurant une eau souvent déchaînée, pourraient se jouer des plus expérimentés.

Mais à qui sait franchir les épreuves, une terre de toute beauté saura se révéler.
Je sais que vous saurez l’apprécier et que les efforts endurés seront rapidement remplacés par le bonheur de partager le récit de votre traversée.
Vos cœurs tournés vers cette côte enchanteresse, nous entendrons alors le chœur des hommes s’élever, pour nous annoncer votre arrivée.

Je serai là. Promis juré !
Amicales pensées,
Marie

......

2ème prix : Killian Cren • 14 ans - Brest

À vous les matelots qui faites route vers Brest que je vous envie de prendre quand bon vous semble au gré du vent la mer qui vous dirige tel un dauphin contre vent et marée, que je vous envie de pouvoir vous évader car moi je vous regarde et vous attends avec envie car pour le moment mon seul plaisir en vous attendant c’est de pouvoir m’évader dans mon univers ma chambre étoilée car pour moi le vent a soufflé dans ma vie oh juste pour quelques marées ma maladie finira par partir sinon diminuer au gré du vent donc finalement on se ressemble tel un bateau qui attend que le vent gonfle la voile pour partir et moi que la vie veuille bien me rendre la santé pour enfin courir ! ! ! Je vous attends avec impatience rien que d’imaginer que la rade de Brest sera remplie de bateaux de différentes silhouettes et de couleurs qui animeront ma ville et pour cette occasion je viendrai à vous rien que pour le plaisir des yeux et l’envie de m’évader oh pas bien loin sur la rade de Brest mais pour moi c’est suffisant enfin une fête à laquelle je pourrai participer sans modération ! ! Je vous attends pour les tonnerres de Brest à bientôt bon voyage ! ! ! !


CATÉGORIE + 15 ans

1er prix : Karine Premel • 36 ans - Landerneau

Effervescence

Marins d’ici et d’ailleurs voguant vers Brest,
Il faut que je vous dise l’âpre impétuosité qui vous attend.

Mes amis, vous qui fendez les océans, du Pacifique à l’Atlantique, en passant par la mer des Indes, permettez-moi de vous mettre en garde.
Vous allez aborder un fougueux corps à corps avec les embruns armoricains.

Pour pénétrer dans la rade si belle, il vous faudra humer l’ire de la mer d’Iroise, goûter à l’écume du rail d’Ouessant, caresser
Sein et onduler entre les bouquets d’îlots, offerts aux vents.
Tenez bon la barre et maintenez l’ardeur de la grand-voile pour garder le cap !
Ô marins, vous suivrez également la lumière salvatrice de la Jument ou de la Vieille.
Louez ces phallus fantasmagoriques qui s’érigeront pour vous guider !
Et vous autres, novices navigateurs, vous n’oublierez pas d’embrasser le Petit Minou afin d’esquiver les Fillettes, ces sirènes englouties, à l’insidieux chant mélodieux.
Sinon, plus dure sera la chute !

Si vous sortez vainqueur de ce duel enfiévré, le visage ruisselant de sueur, la jouissance finale viendra de la côte et de ses splendeurs.
Qui n’a jamais vu un contraste de couleurs tel que les prunelles des yeux s’en trouvent éblouies ? Plongez dans ce vert émeraude chatoyant, symbole d’une abondante imprégnation, ce rouge sang flamboyant qui flirte avec les enfers, ou encore ce bleu outremer silencieux qui met l’âme en repos.

Vous profiterez alors, jeunes mousses ou vieux loups de mer, de ce feu d’artifice éphémère qui se métamorphosera sitôt les amarres larguées.
Bon vent, mes amis.

Signé : Votre dévoué Victor, Brest, le 25 juin 2012

......

2ème prix : Ségolène Roudot • 25 ans - Brest

Marins d’ici et d’ailleurs voguant vers Brest, il faut que je vous dise : je n’ai jamais pris la mer. J’ai pourtant grandi à Brest.
On ne la disait pas encore océane, mais on la savait tournée vers la mer. Mer que, depuis la rive droite, je ne voyais jamais que de loin. L’eau brestoise avait parfois un goût salé, mais elle venait plus souvent du ciel que de l’océan. Les goélands eux-mêmes ne choisissaient-ils pas de s’ébattre à la déchetterie plutôt que de planer au-dessus des vagues ? Et je me demandais : comment peut-on habiter une ville maritime sans être soi-même marin ?
Puis un jour en voyant un bateau quitter le port, j’ai compris que j’avais mal posé la question. Comment un marin pouvait-il habiter Brest ? Les marins venaient, puis larguaient les amarres. Marins qui voguez vers Brest, vous venez d’ailleurs et vous repartirez.
Cette ville n’est pour vous qu’une escale. Il fallait être une terrienne comme moi pour rester fidèle à la ville, pensais-je comprendre.

Pourtant j’ai voulu quitter Brest. Découvrir le monde, repousser l’horizon. Prendre la mer ? Non. J’ai quitté Brest en train, traversé des océans mais... en avion. J’ai découvert qu’ailleurs, la pluie n’est pas salée.
Et j’ai regretté Brest.

Pourquoi retourner t’enfermer dans cette ville grise m’a-t-on demandé ? Pourquoi braver le mauvais temps, quand tu t’es échappée une première fois ? Pour la mer, ai-je balbutié. Parce qu’à Brest, je ne serai jamais enfermée.
Et puis, il y a les goélands.

Partir et revenir. Les marins qui quittent le port peuvent revenir ensuite. Les Brestois ne sont pas seulement ceux qui restent.
Ils sont aussi ceux qui reviennent.

Je ne suis pas marin mais je suis brestoise, et j’aime la mer. De la fenêtre de mon nouvel appartement, je vois la rade de Brest. Je vous verrai bientôt, marins qui voguez vers Brest. Vous aussi faites partie de Brest. Je vous attends.

.......

Lettres lauréates en Pdf

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