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Entretien avec Christophe David
Propos recueillis par Nathalie Jungerman

 

Walter Benjamin, Lettres françaises Benjamin
Lettres françaises
Préface de Christophe David
Éditions Nous, 22 mars 2013
22 €, 256 pages
Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation La Poste

Docteur en philosophie, Christophe David est enseignant et traducteur.

Vous avez présenté Lettres françaises de Walter Benjamin qui paraît ce mois-ci aux éditions Nous. Il s’agit d’une anthologie des lettres que Benjamin a écrites en français à divers correspondants entre 1926 et 1940, l’année de sa mort. Dans votre présentation, vous exposez les raisons qui ont amené l’auteur allemand à utiliser parfois la langue française dans ses échanges épistolaires.
Pouvez-vous nous en parler ?

Christophe David Il n’y a rien de systématique dans le recours de Benjamin au français. Ce sont la plupart du temps les circonstances qui l’imposent. Quand Benjamin écrit en français, c’est, parfois par jeu, « par politesse », parce qu’il écrit à des Français - certaines de ces lettres sont des lettres galantes -, parce qu’il adresse des courriers à des administrations ou associations françaises (la Bibliothèque Nationale, le Ministère de la justice, de la section française du Pen Club, le Comité d’aide et d’accueil aux victimes de l’antisémitisme en Allemagne, etc.) ou, pendant la drôle de guerre et au début de l’occupation, parce que le courrier est lu avant d’être acheminé et que, comme il dit, il faut « faciliter le travail de la censure ».
La lettre française la plus étonnante, selon moi, est celle que Benjamin adresse à Scholem, son ami de jeunesse, le 20 janvier 1930. Benjamin a un jour comparé ses correspondants à un orchestre. L’un des piliers de cet orchestre est à coup sûr Scholem. Ils ont partagé des préoccupations métaphysiques et théologiques entre 1915 et 1923, mais ont suivi, après, des trajectoires différentes. Scholem est devenu sioniste, est parti pour Jérusalem et s’est imposé comme spécialiste de la mystique juive ; Benjamin est devenu marxiste, s’est exilé à Paris et a laissé une œuvre philosophique et littéraire des plus singulières. Benjamin a toujours eu du mal avec ce que sa femme et lui appelaient « la santé morale révoltante » de Scholem. À l’époque où ils avaient des préoccupations métaphysiques et théologiques communes et avaient cofondé la très potache Université de Muri, lorsqu’il avait à parler franchement à Scholem, Benjamin lui envoyait des lettres signées du prénom de son fils - «  Stefan » - âgé seulement de quelques mois. C’est dans le même esprit qu’en janvier 1930, à une époque où Scholem se montre plutôt hostile à son « matérialisme  » et à ses sympathies communistes, Benjamin lui écrit en français... Scholem était intervenu pour qu’il reçoive une bourse afin, dans un premier temps, d’apprendre l’hébreu pour, dans un second temps, s’installer en Palestine. Ici, écrire en français, c’est une façon pour Benjamin de prendre des gants pour annoncer à son ami, auquel il n’a pas donné de nouvelles depuis plusieurs mois, qu’il a reçu la totalité de la bourse prévue, mais qu’il ne compte plus apprendre l’hébreu ni se rendre en Palestine...
Rien de systématique donc lorsque Benjamin recourt au français. Ce que propose cette anthologie de lettres, c’est une coupe dans sa correspondance. Pas plus justifiée qu’une autre, mais pas moins non plus. Des tranches de vie, un « sandwich de réalité », pour reprendre une expression d’Allen Ginsberg.

Benjamin a idéalisé la France en l’identifiant à sa littérature...

Ch. D. Avant d’y vivre, ce n’est pas tant de la France dont parle Benjamin que de « l’esprit français ». Ce dont il veut s’approcher, c’est de « l’esprit français dans sa forme actuelle », déclare-t-il dans une lettre à Hoffmannsthal. Si idéalisation il y a ensuite, c’est aussi sur fond d’une certaine déception face à « l’esprit allemand ». Cet « esprit français » - on dirait une reprise de l’esprit au sens où Montesquieu parle de « l’esprit général d’une nation » ou Hegel de « l’esprit d’un peuple », sachant que Hegel ne fait que reprendre Montesquieu sur ce point -, c’est dans la littérature française qu’il se manifeste et dans des figures très différentes les unes des autres : chez Proust, Gide, Berl, Jouhandeau, Green, du Bos, Valery, Colette, Dabit, Romains ou encore dans le surréalisme. Benjamin a une approche très éclectique de cette manifestation majeure de l’esprit français qu’est pour lui la littérature française.

Benjamin a beaucoup écrit sur la traduction... Quelle est selon lui la « tâche du traducteur » ?

Ch. D. C’est une question compliquée. Benjamin est à la fois un traducteur et un philosophe qui a assigné une place singulière au concept de traduction dans sa philosophie du langage. Il a traduit les « Tableaux parisiens » de Baudelaire, la deuxième section des Fleurs du mal. C’est un travail qu’il a commencé en 1914 et qui n’a été publié qu’en 1921, à 500 exemplaires, avec, en guise de préface, le fameux texte intitulé « La Tâche du traducteur » qui n’est pas un essai de traductologie, mais une partie de la philosophie du langage de Benjamin prenant appui sur les idées de multiplicité des langues et de traduction. Y a-t-il un lien entre la pratique de la traduction par Benjamin et cette métaphysique du langage ? « La Tâche du traducteur » est-il la théorie de ce dont la traduction de Baudelaire est la pratique ? Il contient plutôt des prolégomènes à toute traduction passée, présente et future. Ce qu’il dit vaut pour toute traduction et vaut donc aussi pour cette traduction de Baudelaire et pour les autres traductions de Benjamin : celle d’Ursule Mirouët de Balzac (1924) - collaboration à une traduction collective de La Comédie humaine en plus de quarante volumes coordonnée par Franz Hessel - dont seule la première partie paraîtra ; celle d’Anabase de Saint-John Perse (1929) - qu’il fait « à la place de Rilke » - qui ne paraîtra qu’en 1950, révisée par Herbert Steiner, dans une revue fondée à Berlin par Alain Bosquet ; celle de À l’ombre des jeunes filles en fleur et de Du côté de Guermantes de Proust (1927 et 1930) - en collaboration avec Franz Hessel... On ne peut résumer « La Tâche du traducteur » en quelques phrases. Ce texte ne prend tout son sens que si on le replace au cœur de la métaphysique, voire de la théologie du langage élaborée par Benjamin depuis « Sur le langage en général et sur le langage humain » (1916). « En aucun cas, en face d’une œuvre d’art ou d’une forme d’art, la référence au récepteur ne se révèle fructueuse pour la connaissance de cette œuvre ou de cette forme », écrit Benjamin au tout début de « La Tâche du traducteur ». On ne traduit pas non plus en pensant au «  récepteur ». On traduit pour essayer de remonter, en amont du partage babélien des langues, vers la langue pure. En dire plus exigerait qu’on expose l’ensemble de la métaphysique du langage qu’élabore Benjamin au cours de ces années, et ce n’est pas notre propos. Il existe un livre, De Walter Benjamin à nos jours... (Essais de traductologie), d’Inès Oseki-Dépré (Honoré Champion, 2007), qui examine les interprétations et commentaires auxquels a donné lieu « La Tâche du traducteur » et considère qu’avec Cicéron et Saint Jérôme, Benjamin a procuré l’une des trois plus importantes réflexions sur la traduction en Occident. On peut traduire en ayant lu le texte de Benjamin, on peut traduire sans l’avoir lu, mais force est de reconnaître que Benjamin est un bon « interlocuteur » pour qui veut réfléchir sur la traduction. Quant aux traductions de Benjamin, elles ont, bien sûr, été encensées par les uns et dénigrées par les autres.

Dans une lettre à Jean Selz datée de septembre 1932, Benjamin écrit avoir « beaucoup travaillé à une série de notes [...] C’est une sorte de souvenir d’enfance [...], de tête-à-tête d’un enfant avec la ville de Berlin aux environs de 1900 ». C’est de ces notes que sortira Enfance berlinoise vers 1900. Dans l’exposition Walter Benjamin Archives, qui a eu lieu au MAHJ (octobre 2011-février 2012), on pouvait voir un carnet de notes dans lequel Benjamin a consigné jusqu’en 1932 des expressions de son fils, Stefan.
Y a-t-il un rapport entre ces notes et ce carnet ?

Ch. D. Avant même d’avoir lu ce carnet, lorsque je l’ai vu, il m’a rappelé d’autres carnets dont le regretté Werner Deutsch m’avait longuement parlé un jour, à Vienne. Walter Benjamin et Günther Anders étaient cousins. Les parents d’Anders, les psychologues de l’enfance Clara et William Stern, ont publié en 1907 un livre intitulé Die Kindersprache, « Le Langage des enfants », basé sur les observations consignées dans leurs propres carnets. Parmi les enfants qu’ils « étudiaient », il y avait les leurs - Hilde, Günther et Eva -, puis ceux de leur famille et de leurs connaissances. C’est ainsi qu’on trouve mentionnées et commentées à plusieurs reprises, dans Die Kindersprache, les inventions linguistiques du jeune « Walter B. ». Stefan Rafael, le fils de Benjamin, est né en 1918, à l’époque où ce dernier préparait en Suisse sa thèse sur la critique esthétique dans le romantisme allemand. C’est dès sa naissance, avant même donc que son fils ne parle, qu’il a commencé à tenir ce carnet intitulé, non sans humour, « Opinions et pensées ». Les relations entre ses parents ayant commencé à se détériorer après sa naissance, Stefan a eu une enfance compliquée, mais, même si l’on a du mal à imaginer Benjamin dans son rôle de père, ce dernier l’a bel et bien joué. À sa façon. _ Je me souviens d’une lettre de Benjamin à Gretel Adorno datant de 1936, que j’ai traduite il y quelques années, dans laquelle, toute communication étant devenue impossible entre Stefan et ses parents, Benjamin explique tout ce qu’il fait pour remédier à cette situation. Un peu avant que Benjamin ne rejoigne Marseille, Stefan puis sa mère, Dora Sophie, gagnent Londres, non sans lui avoir proposé de se joindre à eux. Ils s’y installeront dans le quartier de Notting Hill, où Dora Sophie tiendra une pension de famille jusqu’à sa mort, en 1964. Ressortissant allemand, Stefan sera considéré par les Anglais comme un ennemi et déporté en 1941 en Australie. De retour en Angleterre, fidèle à la passion de son père pour les livres, il deviendra libraire de livres anciens et mourra en 1972. Par delà l’intérêt et les inquiétudes qu’il a pour son fils, Benjamin a toujours été fasciné par le monde de l’enfance. Dans un des superbes textes qu’il a consacrés à son ami, Scholem dit que c’est « en métaphysicien » que Benjamin a approché le monde de l’enfance. Il a collectionné les jouets et les livres pour enfants, fait d’étonnantes émissions radiophoniques pour les enfants à la toute fin des années 20 (Lumières pour enfants, Bourgois, 2011). Le rapport de Proust à l’enfance est une des clés de sa passion pour l’auteur de la Recherche. Enfance berlinoise vers 1900 participe de cet intérêt pour l’enfance. C’est une suite - on a envie de dire une collection... - de textes, dédiée à Stefan. C’est un peu le « Je me souviens » de Benjamin, un « Je me souviens » qui, à la différence de celui de Perec, ne concerne que l’enfance. Le fragment d’Enfance berlinoise vers 1900 dans lequel l’intérêt de Benjamin pour le langage des enfants et leurs recréations linguistiques est le plus patent est « La Commerelle ». Le petit Walter entend une chanson dans laquelle il est question de « die Muhme Rehlen », « la commère Rehlen », il ne connaît pas le mot « Muhme », « commère », et invente une créature fantastique, un « esprit », « die Mummerehlen », « la commerelle », histoire de donner un référent à ce mot qu’il a cru saisir. Quand, dans ce texte, Benjamin écrit : « Mes méprises défiguraient mon univers, mais de manière bénéfique : elles me montraient les voies qui conduisaient à sa nature intime. Toute occasion était bonne », on est dans la même quête qu’avec le carnet intitulé « Opinions et pensées ». On peut aussi rapprocher ces préoccupations de ce que le texte de 1933 intitulé « Le Pouvoir d’imitation » dit de l’onomatopée...

Les lettres réunies dans cette anthologie restituent le réseau des amitiés de Walter Benjamin...

Ch. D. On aime à voir Benjamin comme un solitaire. Il l’est et ne l’est pas. Il a de véritables amis.
Certains qu’il voit plus souvent, parce qu’ils habitent à Paris, certains qu’il voit moins souvent et avec lesquels il correspond. Il participe de divers réseaux intellectuels et professionnels. Dans une lettre à Scholem, il écrit qu’« une vie solitaire n’est plus tolérable », mais que « la vie parmi les émigrés est insupportable [...] et [qu’] il [lui] est impossible de vivre parmi les Français ». Compliqué. Le critère linguistique qui a présidé à la constitution de l’anthologie Lettres françaises ne fait apparaître qu’une partie des amis et réseaux de Walter Benjamin, ceux auxquels il a à écrire en français. Tous ceux auxquels il écrit en allemand n’apparaissent pas. Ce que cette anthologie met, au passage, en évidence, c’est que, même s’il lui semble « impossible de vivre parmi les Français », Benjamin aura eu à Paris de véritables amis français : Adrienne Monnier, Marcel Brion, Jean Cassou, Pierre Missac, etc. Il y aura eu aussi une amie américaine - Sylvia Beach -, des amis allemands - Gisèle Freund, Hannah Arendt, Fritz Fränkel, etc. - et se sera même fait un ami d’un cousin - Günther Stern. Ces lettres permettent également de voir des réseaux dont participait Benjamin - via Marcel Brion, l’Institut de Recherche Sociale, Pierre Klossowski, etc.

Elles donnent à lire également des instants de sa vie, contiennent des données biographiques et historiques... Pendant la drôle de guerre, il est interné à Nevers en tant qu’Allemand ; sous l’occupation allemande, c’est en tant que Juif qu’il tente de quitter la France et obtient un visa pour les États-Unis...

Ch. D. Dans ce genre de situations, il faut compter avec la façon dont on est perçu. De l’accent de Benjamin, Adrienne Monnier dit, dans le beau portrait que contient son livre de souvenirs Rue de l’Odéon (Albin Michel, 1960), qu’il n’était pas dur. Certes, mais même doux, il devait permettre aux « bons Français » de repérer l’Allemand. De ce point de vue, le moment le plus tragique dans cette histoire doit avoir été celui où, entre le retour de Nevers et la fuite à Lourdes, Benjamin, affaibli, est resté à Paris, se sentant, j’imagine, détesté par les uns en tant qu’Allemand et menacé par les autres (ou les mêmes) en tant que Juif.

En février 1940, Benjamin écrit à Max Horkheimer (1895-1973) : « Je viens d’achever un certain nombre de thèses sur le concept d’histoire. [...] Elles constituent une première tentative de fixer un aspect de l’histoire qui doit établir une scission irrémédiable entre notre façon de voir et les survivances du positivisme ». Pour Benjamin, théologie et politique révolutionnaire sont liées...

Ch. D. C’est une particularité du « matérialisme » de Benjamin que de n’avoir pas tiré un trait, loin de là, avec la théologie. Encore faut-il bien faire attention à ce qu’on met sous le mot « théologie » lorsqu’on parle de Benjamin. La théologie de l’histoire qui sous-tend ses derniers textes s’inscrit-elle dans la continuité de la théologie du langage qui sous-tend les premiers ? C’est une vaste question. Dans la première il est question de la « langue pure », la langue telle qu’elle était avant d’être brisée en langues. Dans la dernière - celle qui est formulée dans les « Thèses sur le concept d’histoire » -, il est question d’un ange de l’histoire qui, malgré la tempête du progrès qui le projette vers un avenir qu’il ne peut pas voir, « voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été brisé ». Le marxisme de Benjamin n’appartient qu’à lui. S’il a une dimension théologique, ce n’est pas parce qu’il serait un mélange syncrétique de marxisme et de religion, soutenu par une véritable croyance religieuse, mais parce que, conformément à une conception messianique de la révolution et à une conception révolutionnaire de l’eschatologie qui ont existé avant lui, il espère que le prolétariat fera advenir la société sans classes tout comme le messie est - ou était - censé faire advenir le royaume de Dieu sur terre. Avant les « Thèses sur le concept d’histoire », son dernier texte, son testament philosophique et politique en quelque sorte, cette théologie de l’histoire était « plongée dans l’ombre » - l’expression est de Benjamin. Avec ce dernier texte, les choses deviennent plus claires...

C’est en s’appuyant sur une image, l’aquarelle que Paul Klee a peinte en 1920, Angelus Novus, que Benjamin a exprimé sa conception de l’histoire. Il a projeté sur elle une réflexion sur le progrès qui témoigne d’une dimension prophétique (l’extermination industrielle des Juifs, le « perfectionnement » de l’arsenal militaire par la technique moderne)...

Ch. D. Cette aquarelle est présente dans la neuvième des « Thèses sur le concept d’histoire » de Benjamin que je viens d’évoquer. C’est elle qui sert à introduire la figure de l’ange dans l’histoire. Un ange poussé en avant par la tempête du progrès sans voir où il va. Et une histoire conçue comme « une seule et unique catastrophe ». On a parfois dit de cette thèse qu’elle était prophétique et qu’elle annonçait Auschwitz et Hiroshima. Benjamin est mort en 1940 et n’était pas un prophète. Avec Alexandra Richter, nous avons traduit, il y a quelques années, un texte de Benjamin datant de 1925 qui s’intitule « Les Armes de demain » (Romantisme et critique de la civilisation, Payot, 2010). Benjamin y parle de la prochaine guerre - c’est un thème courant à l’époque - en assurant qu’elle sera technologiquement plus assistée que celle qu’on allait appeler plus tard la Première Guerre mondiale. « Les noms [dechloracétophénol, chlorure de dyphénylarsine et sulfure d’éthyle dichloré] seront aussi populaires au cours de la prochaine guerre que les termes de “tranchée”, “sous-marin”, “grosse Bertha” et “blindé” le furent au cours de la précédente », peut-on y lire. Voilà ce que prophétisait Benjamin en 1925 en se basant sur des données chiffrées. Après, si l’on persiste à vouloir traduire le mot « catastrophe » des « Thèses sur le concept d’histoire » par « Auschwitz » et/ou « Hiroshima », on donne dans la rétroprojection historique. Le projet d’extermination industrielle des Juifs n’est formulé qu’après la mort de Benjamin et la bombe atomique n’est encore qu’un « rêve ».

Cette aquarelle de Klee a connu quelques péripéties avant d’être conservée aujourd’hui au Musée d’Israël de Jérusalem...

Ch. D. C’est à Munich, fin mai-début juin 1921, que Benjamin a acquis cette aquarelle de Paul Klee peinte en 1920, qu’il avait déjà vue en avril 1921 à l’occasion d’une « petite exposition Klee » à Berlin, sur le Kurfürstendamm. Il l’achète à la galerie Hans Goltz pour 1000 Reichsmarke. Il la laisse chez Scholem qui la lui envoie en novembre, au moment où il emménage dans un nouvel appartement. Au moment où il quitte l’Allemagne en 1933, il laisse l’aquarelle à Berlin et ne la retrouvera qu’en 1935 grâce à « une amie » - Gretel Karplus, la future Gretel Adorno - qui la lui rapporte à Paris. Il ne s’en séparera à nouveau que lorsqu’il quittera Paris en 1940. Il « découpa l’aquarelle dans son cadre et la bourra dans l’une [des deux] valises  » contenant ses papiers qu’il confia alors à Georges Bataille. Ce dernier cachera l’ensemble et le remettra à Adorno qui, une fois revenu des États-Unis à Francfort, fera parvenir l’aquarelle à Scholem à qui Benjamin l’avait léguée dans un testament rédigé en juillet 1932, à un moment où il projetait de « se suicider ». Cette aquarelle restera chez Scholem, à Jérusalem, puis, à sa mort, elle reviendra au musée d’Israël à Jérusalem, où l’on peut la voir aujourd’hui.

Entre 1921 et 1940, l’« Angelus Novus » aura inspiré à Benjamin le nom d’une revue en 1921, un texte autobiographique : « Angesilaus Santander » en 1933 et l’allégorie de la neuvième des thèses « Sur le concept d’histoire » en 1940.

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Benjamin
Lettres françaises
Préface de Christophe David
Éditions Nous, 22 mars 2013
22 €, 256 pages

Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation La Poste

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Sites internet

Walter Benjamin, le critique européen. Atelier de recherche
http://www.walter-benjamin.fr/

Article : Hannah Arendt / Walter Benjamin, une rencontre insolite.
http://stabi02.unblog.fr/2009/05/17...

Site consacré à l’École de Francfort
http://patder.chez.com/benjamin.htm

The Walter Benjamin Research Syndicate
http://www.wbenjamin.org/walterbenj...

La Revue des Ressources - Walter Benjamin
http://www.larevuedesressources.org...

Automne 1939, Walter Benjamin, dans un camp proche de Nevers.
Galerie Alain Paire

Éditions Nous
http://www.editions-nous.com/

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