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Salon du livre 2001

édition du 21 mars 2001

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"Mobipocket : des livres sur vos écrans" Interview de David Allouch, DG de Mobipocket

Créée en mars 2000, Mobipocket propose aux utilisateurs d’agendas électroniques (Palm OS, Psion, Windows CE) d’accéder à des centaines de livres et de journaux, lisibles sur leurs PDA (Personal Digital Assistant, assistant personnel). L’ensemble des outils de lecture et de téléchargement sont disponibles gratuitement sur le site mobipocket.com. La société se place ainsi sur le créneau de l’e-book, son service en ligne proposant aujourd’hui un catalogue de 1500 ouvrages classiques ou contemporains (dont 500 en anglais) à télécharger moyennant, pour certains, finance. Mobipocket propose en sus et gratuitement des "e-news" provenant d’une cinquantaine de sites partenaires spécialisés dans l’information (La Tribune, Le Nouvel Observateur, 01 Informatique, Les Inrockuptibles). A l’occasion du 21ème Salon du livre de Paris, son directeur général, David Allouch, a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions.

Le Quotidien du Livre : Quel bilan pour cette première année ?

David Allouch : Ces douze premiers mois ont été conformes et même supérieurs aux objectifs que nous nous étions fixés il y a un an. Les deux points particulièrement positifs concernent l’audience de notre site (1,4 millions de pages vues mensuelles) et le nombre d’utilisateurs, 90 000 à ce jour, soit autant de personnes à avoir téléchargé un "e-book" ou des "e-news". Depuis juillet dernier, 370 000 ouvrages ont ainsi été téléchargés.

A l’heure où le phénomène "start down" a le vent en poupe, votre modèle est-il viable ?

Si notre chiffre d’affaires est encore peu significatif (quelques centaines de milliers de francs), nous devrions atteindre notre seuil de rentabilité dès la fin de l’année 2001 (précisons que le "business model" de Mobipocket repose sur une commission prise sur les téléchargements payants à partir du site ou négociable à partir d’un site partenaire). Après une première levée de fonds en mars 2000 (9 millions de francs dont six provenant de Viventures, filiale de capital-risque de Vivendi), notre deuxième tour de table (entre 6 et 12 millions de francs) devrait être bouclé dans la semaine. Cette rentrée d’argent nous permettra d’améliorer encore notre offre technologique et nos logiciels. Notre développement international passera quant à lui par la mise en place d’accords stratégiques avec les principaux éditeurs internationaux et non par l’implantation massive de filiales nécessitant de lourds investissements.

Le prix des livres que vous proposez est-il dissuasif ou attractif dans un univers où la gratuité semble le modèle de référence ?

Cette question reste évidemment cruciale. Pour l’instant fixés par les éditeurs, nos prix sont sensiblement les mêmes que ceux en cours pour les versions papier. Il est évident qu’à terme notre intérêt commun sera de diminuer ces prix pour que la lecture numérique devienne réellement attractive.

Des produits comme le CyBook de Cythale sont-ils ou non susceptibles de concurrencer votre offre ?

Nous ne considérons pas le CyBook comme une menace car nous n’oeuvrons pas dans la même catégorie. Mobipocket propose des logiciels permettant de télécharger à partir d’un site des livres et des news sur un PDA multi-usages. Le CyBook, rappelons-le, est un support consacré à la lecture qui offre un confort d’usage indéniable mais dont le coût reste, pour l’instant, dissuasif. Nous souhaitons le développement de cet outil - aux grandes qualités techniques- qui stimulera et participera à l’essor d’un marché en plein démarrage, celui du livre électronique.

Concrètement, quelles sont vos relations avec les éditeurs, les auteurs et les utilisateurs ?

L’accueil que nous ont réservé les éditeurs est double. D’une part, les grands groupes internationaux prêts à se lancer dans l’aventure ; d’autre part les maisons indépendantes et les imprimeurs qui craignent que ce nouveau mode de diffusion ne leur fasse du tort. Nous avons des accords avec de grandes maisons comme Havas ou Hachette mais aussi avec des structures plus petites comme Maxima. Quoiqu’il en soit, notre relation avec les éditeurs est fondamentale quant au bon développement de notre offre et du marché du livre électronique en général. Nos rapports avec les auteurs sont beaucoup plus limités, sauf cas très précis pour des opérations particulières. Les auteurs étant liés contractuellement avec leurs éditeurs, nous nous assurons qu’une clause concernant la diffusion numérique de l’ oeuvre ait bien été signée par l’auteur. Quant à nos utilisateurs, ils se signalent soit par leur enthousiasme, soit par la rencontre d’un problème technique du souvent à une erreur d’utilisation. Nous notons avec plaisir l’émergence d’utilisateurs fidèles et réguliers.

Des partenariats ?

Nous avons établi une cinquantaine de partenariats avec différents groupes de presse généraliste et professionnelle. Courant 2001, nous souhaitons développer des news payantes ayant une véritable valeur ajoutée, qualitative ou confidentielle. Nous venons également de mettre en place deux partenariats majeurs avec les librairies en ligne leaders que sont la Fnac (fnac.com) et Bol (bol.fr) qui relaient notre offre sur leur site. Nos efforts dans les prochains mois seront axés sur la mise en place de partenariats similaires.

Qu’attendez-vous du Salon du livre 2001 ?

L’Ebook Europe 2001 qui se tiendra du 16 au 18 mars dans le cadre du Salon du livre sera surtout l’occasion de sensibiliser un maximum d’éditeurs à notre produit. Ces journées permettront également d’observer les évolutions technologiques et nouvelles offres qui en découlent susceptibles de servir notre concept.

Un mot sur l’avenir ?

Si l’avenir du livre électronique nous semble extrêmement prometteur, il reste évidemment lié à la technologie qui le véhiculera. Il est donc fondamental que les différents supports PDA parviennent à une qualité homogène pour parvenir à un confort de lecture suffisant. Pour l’instant, les différences entre PDA sont encore très importantes. Certains, en couleur, offrent une lecture très agréable ; d’autres restent à améliorer. Nous tablons sur les prouesses de leurs différents constructeurs ? L’essor attendu du marché des PDA (13,7 millions de PDA prévus en Europe en 2003) participera également à la réussite de notre projet de même que l’UMTS qui d’ici deux, trois ans devrait faire office de détonateur. Enfin, n’oublions pas que les habitués du tout écran -les jeunes générations donc- avancent en âge et que cette population sera beaucoup plus réceptives aux supports numériques.

Le site de Mobipocket

Propos recueillis par Muriel du Brusle pour le Quotidien du Livre (Paris, le 12 mars 2001)

Manuscrit

"Sauvetage à la carte"

L’informatique vient au secours des documents anciens et fragiles. Que ceux-ci soient privés ou collectifs, les techniques mises en oeuvre par Arkhênum permettent d’en numériser, archiver et indexer le contenu. A la clé, des fac-similés comme par exemple un magnifique manuel de cavalerie du XVIIIe siècle, des CD-Rom comme celui récemment consacré à la reproduction de l’encyclopédie de Diderot et D’Alembert, des documents rarissimes consultables sur Internet : Arkhênum

L’avenir de l’édition numérique passe par le téléphone Le très discret Jean Philippe Pastor, PDG de PhoneRe@der, filiale à 100% de France Télécom, s’étonne presque qu’on sache ce qu’il prépare. En juin prochain, Orange, qui regroupe les activités mobiles de France Télécom proposera à ses abonnés une chaîne thématique du livre et de la presse culturelle. "L’avantage de la chaîne, explique Jean Philippe Pastor, est de proposer une offre globale de fonds éditoriaux : presse et littérature générale, scolaire, professionnelle. Une cinquantaine d’éditeurs ont signé avec PhoneRe@der". Orange dispose sur l’E-book de deux atouts écrasants : 15 millions d’abonnés, et un modèle économique viable. Dans l’abonnement forfaitaire (200F par mois) de l’abonné sont intégrés le téléphone et les services numériques. Le séduisant terminal permet de téléphoner, d’écouter des radios - comme la radio thématique du livre de Radio France-, d’accéder à Internet Mobile, et, bientôt de recevoir des vidéos. Casio, Compaq, Sagem, Siemens ont conçu ces nouveaux Assistants Personnels. Leur prix serait de 2 500 F. Un prix qui pourrait être subventionné, lors du lancement, comme les mobiles. 50 à 60 000 "terminaux de lecture mobile", comme on dit chez PhoneRe@der seront diffusés en juin prochain : 2 000 livres et de nombreux titres de presse y solliciteront lecteurs et auditeurs. Droits de reproduction et de diffusion réservés Copyright Elzirpress 2001