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Dernières parutions avril 2014 Par Elisabeth Miso

 

Biographies

Mapplethorpe Judith Benhamou-Huet, Dans la vie noire et blanche de Robert Mapplethorpe. Robert Mapplethorpe a laissé derrière lui l’image d’un artiste sulfureux. Sur les traces de cette aura mi-angélique mi-démoniaque, Judith Benhamou-Huet a recueilli les souvenirs d’une quarantaine de personnes qui ont croisé la route du photographe américain mort du sida à 42 ans en 1989. Dans Just Kids, Patti Smith la muse et complice des années de jeunesse, raconte leur trajectoire commune et leur éclosion artistique dans le New York incroyablement stimulant des années 70. Fasciné par la figure d’Andy Warhol, son compagnon y apparaît comme farouchement déterminé à percer dans le milieu des arts. Cette obsession de la réussite artistique, sociale et matérielle, la plupart des proches de Mapplethorpe interrogés ici la confirment. Sa rencontre décisive en 1973 avec le richissime Sam Wagstaff lui permet de concrétiser ses ambitions. En matière d’obsessions, le livre aborde sans détours son goût pour les pratiques sexuelles extrêmes, palpable dans certains de ses clichés érotiques. Le journaliste Bob Colacello ou l’écrivain Edmund White décrivent « l’explosion des sens » qu’était le New York gay des années 70 à 80, la crudité des étreintes dans « Central Park la nuit, les bains, les clubs et les docks. », la provocation avec laquelle l’homosexualité osait s’afficher. « L’Art et le sexe étaient les principaux intérêts de Mapplethorpe dans la vie. Et il arrivait que les deux se confondent. », commente Dimitri Levas, vice-président de la Fondation Mapplethorpe. À ses yeux, quête créatrice et expérience de la vie se devaient d’être intenses et audacieuses. Amis intimes, modèles, frère, collaborateurs, premier et dernier amant, s’ils consentent à évoquer son parcours nourri d’excès, tous veulent avant tout s’exprimer sur son génie artistique, sur la puissance de son œuvre. Car force est de constater que par sa recherche d’une esthétique parfaite, son sens de la composition, son impressionnante maîtrise des ombres et de la lumière, son souci constant de la texture, Robert Mapplethorpe a su ériger la photographie au rang d’art majeur. Journaliste spécialiste d’art pour Le Point et Les Echos, Judith Benhamou-Huet est également co-commissaire de l’exposition « Mapplethorpe-Rodin » au musée Rodin et commissaire associée de la rétrospective Mapplethorpe au Grand-Palais, à Paris. Éd. Grasset, 216 p., 17 €. Élisabeth Miso

David Le Bailly, La captive de Mitterrand David Le Bailly, La captive de Mitterrand. Il ne sait pas encore ce que, sur elle, il veut entreprendre : « un livre, une biographie, une enquête »... Son mystère, le silence autour de sa personne l’intrigue, il espère qu’avec lui, elle osera, dira oui. Il lui écrit alors une longue lettre un rien audacieuse, impudique, où il lui expose son désir d’écrire sur elle, lui rappelle qu’il a l’âge exact de sa fille, Mazarine, qu’il est lui aussi, enfant naturel ; il rêve, l’effronté, de pouvoir la toucher, la séduire : « (...) je m’appelle David Le Bailly et je suis journaliste », continue ; « (...) qui est Anne Pingeot ? Qui est cette femme ayant partagé pendant trente ans la vie d’un homme qu’une France presque unanime célèbre aujourd’hui à l’égal des pères fondateurs de la République ? » Le 11 janvier 1996, lors des obsèques de François Mitterrand, la France découvrait pour la première fois au côté de l’épouse officielle, le visage d’Anne Pingeot, autre compagne de l’ex-chef d’État, pendant 30 ans - image qui fera le tour du monde. À cette lettre reçue, telle une intrusion, celle qu’on décrit volontiers comme une héroïne totalement romanesque, érudite et ex conservatrice en chef du Musée d’Orsay, « effacée, volontaire, fidèle », qui connut François Mitterrand mieux que quiconque, et dont la vie reste, étonnamment, secrète à tous, répond : « non ». Tenace, le journaliste ira outre cette interdiction, pour enquêter, à sa manière, sur la vie d’Anne Pingeot, reconstituer sa vie jusque-là, et sa rencontre avec François Mitterrand, de Clermont-Ferrand, où elle grandit, à Paris - élève talentueuse passionnée d’art, habite en co-location avec des camarades - en passant par Hossegor où les Mitterrand, amis de ses parents, ont une maison voisine. Elle a quatorze ans, jeune fille de bonne famille ; il en a vingt-sept de plus, « ministre ambitieux promis à un grand avenir, marié et père de deux garçons »... Éd. Stock, 343 p., 19,50 €. Corinne Amar.

Carnets/ Souvenirs

Truman Capote, Les chiens aboient Truman Capote, Les chiens aboient. Traduction de l’américain Jean Malignon. Truman Capote considérait ce recueil de textes brefs, échelonnés de 1946 à 1972, « comme une sorte d’atlas personnel. » Qu’il évoque des souvenirs, croque de savoureux portraits d’inconnus et de célébrités (Colette, Karen Blixen, Cecil Beaton, Cocteau, André Gide ou Humphrey Bogart), sonde les ressorts de son imaginaire, instantanément tout un univers subtil prend forme. En quelques impressions de Tanger, Venise, Haïti, de la Sicile ou d’une croisière dans les îles grecques, cet infatigable arpenteur du globe développe sa conception du nomadisme, seul moyen selon lui de préserver sa capacité d’étonnement, véritable privilège de l’enfance. De l’enfance justement, il garde imprimés des instants précieux, tels ces numéros de tape-dance aux côtés de Louis Amstrong sur les bateaux à aubes du Mississipi, les délicats jouets que lui confectionnait un fleuriste japonais, ou ce plaisir infini de se sentir connecté à la nature, de nager et de pêcher dans une crique idyllique d’un coin reculé de l’Alabama. Il se remémore dans quelles circonstances lui est venu le sujet des Domaines hantés son premier roman publié, comparant la naissance d’une histoire à un « très jeune tigre irascible, enragé » que l’écrivain doit dompter. « Ce qu’est assurément, la tâche essentielle d’un artiste : apprivoiser et discipliner une vision créatrice encore à l’état brut. » Revenir dans l’ouest du Kansas, sur le tournage de De sang-froid, le renvoie aux cinq années d’écriture du livre, aux traces indélébiles qu’il a laissées, à cette perception du matériau réel utilisé dont il disait déjà à l’époque : « Tout ici est irréel parce que trop réel, ainsi que tendent à le devenir les reflets de la réalité. » Dans l’autoportrait final, l’auteur de Petit déjeuner chez Tiffany, confesse ne redouter qu’une seule chose : « perdre (son) sens de l’humour, devenir un esprit sans âme, (s’)engager sur la pente de la folie [...] » Éd. Gallimard, L’Imaginaire, 238 p., 8,90 €. Élisabeth Miso

Romans

Francesco Piccol Francesco Piccolo, Petits moments de bonheur volés. Traduction de l’italien Anaïs Bokobza. « J’adore avoir des discussions et des raisonnements inutiles, avec n’importe qui. » Francesco Piccolo s’amuse à énumérer une infinité de petits plaisirs qui l’enchantent tout particulièrement. En premier lieu Rome, sa ville est une source intarissable de satisfactions. Il aime la sillonner en scooter, s’y promener longuement les soirs d’août quand elle est désertée par ses habitants, y croiser tôt le dimanche matin des femmes un peu défaites par une nuit festive, y suivre le trajet d’une même bouteille de vin d’appartement en appartement au fil des diners organisés et y contempler de sa fenêtre le ballet des passants de sa rue. Il avoue attendre toujours le dernier moment pour s’asseoir dans le train, juste pour la jubilation de déloger le voyageur installé à sa place. Il se délecte également de voir des automobilistes se battre, d’user des pires stratagèmes au téléphone pour être certain d’être celui qui parcourra le moins de distance jusqu’au point de rendez-vous fixé avec son interlocuteur. Il aime encore marcher sur la pointe des pieds sur le sol mouillé, « Le moment où l’amour naît sans que la personne qui tombe amoureuse en soit consciente. », la première et la dernière page d’un livre, se souvenir avec précision dès qu’il prend un livre dans sa bibliothèque de l’endroit où il était et de ce qu’il faisait quand il l’a lu. Futiles, sensibles, poétiques ou un rien mesquins, les instants de bonheur volés que compile le scénariste du Caïman et d’Habemus Papam, sont autant d’illustrations lucides et malicieuses de nos caractéristiques humaines, éclats de grâce ou petits vices cachés. Éd. Denoël, & d’ailleurs, 144 p., 18,50 €. Élisabeth Miso

Hélène Sturm, Walter Hélène Sturm, Walter. « Ailleurs, devenir un autre. » Walter est un adolescent solitaire et inquiet, préoccupé par toutes sortes de questions existentielles. Il vit avec sa mère, une femme plutôt silencieuse qui ressemble à Ava Gardner, fréquente davantage la bibliothèque municipale que les cours, s’accommode tant bien que mal de la crétinerie de ses camarades Josselin et Férréol et de l’affection embarrassante de sa professeur de français. D’une manière générale son quotidien l’ennuie, aussi préfère-t-il se plonger dans les livres. « Les rêves de Walter suffisent à lui remplir le crâne de migraines futures et de peines à venir. » Écrire est sa grande ambition. Il se lance ainsi dans le projet d’une pièce de théâtre, mais les personnages et le décor à peine plantés l’imagination lui fait défaut. Sacha, une jeune fille brillante de sa classe dont il s’éprend donne de nouvelles couleurs à son horizon, le miracle est cependant de courte durée. « Quand on a au fond de la gorge un coquelicot qui tremble c’est qu’on est au bord de faire une déclaration d’amour. », consigne-t-il dans son carnet d’aphorismes personnels. Il élabore des listes de choses à faire et à ne surtout pas faire, s’attelle à un roman épistolaire directement inspiré par la relation amoureuse entre Josselin et Férrréol et découvre la légèreté sexuelle avec la décomplexée Samantha. Hélène Sturm décrit avec humour et justesse les affres que traverse son jeune héros, aux prises avec ce passage délicat et initiatique qu’est l’adolescence. Éd. Joëlle Losfeld, 160 p., 15,90 €. Élisabeth Miso

Autobiographies

Mayumi Inaba, 20 ans avec mon chat Mayumi Inaba, 20 ans avec mon chat. Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu. Née en 1950, l’auteur se fait connaître à l’âge de 16 ans, gagnant un fameux concours de poésie ; à vingt-trois ans, elle remportait un prix pour son premier récit. Depuis, elle publie romans et nouvelles ; ici, s’essaie à l’autobiographie. C’est un récit empli de poésie et de douceur, musique ample des mots et du souvenir au gré du vent dans les arbres, au gré des saisons, de la rivière qui les traverse, des jardins de bambous où cosmos et chrysanthèmes poussent à foison, d’une soie de kimono qui bruisse dans l’herbe... Une fin d’été, année 1977 : tout commence par la rencontre avec un petit chaton égaré. « une boule de poils, toute vaporeuse, comme une pelote de laine (...) la tête de la grosseur d’une pièce de monnaie », accrochée, en hauteur, comme à dessein, au grillage d’un jardin, de toute la force de ses quatre pattes. Qui a déjà tenu, sans le vouloir, entre ses mains un chaton en quête d’adoption, sait d’emblée combien il est difficile ne pas succomber au cadeau, et qu’il vaut mieux aussitôt rendre la « chose », sans la regarder dans les yeux et avant qu’il ne soit trop tard ! « Quand j’ai réussi à le mettre entre mes bras, un effluve doux est monté à mes narines, l’odeur attendrissante d’un jeune animal. Imprégné de l’odeur de lait, de l’odeur de l’été »... La petite boule duveteuse est aussitôt adoptée par la narratrice (et son mari) habitant à Tokyo. Elle l’appelle Mî, et la chatte va alors partager avec elle nombre de saisons, et accompagner de sa présence autant les questionnements que les transformations de la vie de sa maîtresse. Sous la forme d’un journal qu’elle tient chaque soir, agrémenté de poèmes, où elle s’adresse à sa chatte, elle observe, médite, décrit, raconte, devient écrivain. Mî blottie à ses côtés... Éd. Philippe Picquier, 200 p., 17,50 €. Corinne Amar.

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