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Dernières parutions novembre 2014 Par Elisabeth Miso

 

Correspondances

L’Amitié Charles Péguy Charles Péguy, Correspondance de guerre et témoignages. Écrivain dont l’œuvre célèbrera les valeurs de l’homme, celles d’une République généreuse, ouverte ; poète, essayiste, socialiste libertaire, intellectuel engagé - anticlérical, dreyfusard, catholique fervent, épris de mystique -, né en 1873, il mourra un 5 septembre 1914, alors lieutenant de réserve parti en campagne dès sa mobilisation en août, tué d’une balle au front un mois plus tard. Charles Péguy envoya un certain nombre de lettres du front dont une quarantaine adressée à une dizaine de destinataires - les premiers ; sa mère, sa femme -, rassurantes pour ne pas inquiéter, prudentes pour ne pas dévoiler, touchantes par leur répétition (il écrit parfois presque les mêmes lettres, seul change le destinataire, et la fin), surprenantes par leur courage, soucieuses de l’autre, exprimant à la fois l’autorité et le respect, une forme certaine de noblesse de cœur, une endurance et une gratitude à toute épreuve. Joseph Letaconnoux, son ami, allé le chercher dès le premier jour de la mobilisation, raconte son départ en lieutenant d’infanterie, le 3 août 1914, « après avoir dit adieu aux siens ». « Il était déjà moralement prêt. Le midi, nous avions déjeuné ensemble, place Clichy, dans un grand restaurant presque vide (...). Le dernier de mes amis est parti. Je me sens tout d’un coup profondément seul et désœuvré. Je ne suis pas pressé de rentrer chez moi, où je ne pourrai rester. (...) En me remémorant tous les moments de cette journée d’adieu, je suis frappé du sang-froid, de la méthode que Péguy a mis à régler son départ. On dirait que ce départ n’a été pour lui qu’un événement prévu depuis longtemps, accepté d’avance. » La revue regroupe la correspondance de la campagne de Péguy pendant le premier mois de la Grande Guerre et les échanges épistolaires qui ont suivi sa mort. Ces lettres ont été rééditées dans le contexte des commémorations de la Grande Guerre et du centenaire de la mort de Péguy. L’Amitié Charles Péguy, numéro 147 - 37e année, L’été 14 de Péguy. Juillet-septembre 2014. Corinne Amar

Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation La Poste

Depuis le 20 septembre 2014 et jusqu’au 27 mars 2015, de nombreux événements - spectacles, expositions, conférences, lectures, colloques (dont un à Cerisy qui a eu lieu cet été, dirigé par Claire Daudin, Présidente de l’Amitié Charles Péguy) - sont organisés pour commémorer le centenaire de la mort de l’écrivain et notamment, « 1914, la mort des poètes : Péguy, Stadler, Owen », une exposition (du 22 novembre 2014 au 1er février 2015 à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg) qui s’articule autour d’une série de thèmes, d’images, de figures empruntées à l’univers des poètes.
Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg :
http://www.bnu.fr/action-culturel/a...
Agenda novembre-décembre 2014

Sites Internet dédiés à Charles Péguy et programmes :

http://www.charlespeguy.fr/
https://www.facebook.com/Associatio...
http://www.orleans.fr/mes-loisirs/e...
http://www.ccic-cerisy.asso.fr/pegu...

Jack London, Lettres à ses filles Jack London, Je suis fait ainsi. Lettres à ses filles. Traduction de l’américain et présentation Marie Dupin. De son union avec Bess Maddern, Jack London a eu deux filles, Joan et Becky, qu’il connaît mal. Séparé de leur mère dans leur petite enfance, installé à la campagne et voyageant beaucoup, il les voit peu mais prend très à cœur son rôle de père. La correspondance échangée avec elles et son ex-femme, reflète bien son attachement paternel et rend compte des lourdes responsabilités qui sont les siennes, entre les activités liées à ses livres, la gestion de son ranch de Glen Ellen, les dettes constantes et les membres de sa famille qu’il a sa charge. Elle laisse également deviner les tensions tenaces entre les ex-conjoints, l’auteur de Martin Eden fustigeant la « médiocre jalousie de femme frustrée » de Bess envers sa seconde épouse Charmian Kittredge. Au fil des missives, tendre et attentif, il prodigue à ses filles quelques conseils, les exhorte à être des personnes vraies et remarquables. Fier de leur réussite scolaire, de leur vivacité d’esprit, il les encourage à persévérer dans leurs aptitudes littéraires : « Les mots sont des outils, comme des couteaux affûtés, et, comme avec les couteaux tranchants, on doit être prudent avec l’utilisation des mots. C’est un des secrets d’une bonne écriture. » Mais il peut aussi se montrer féroce, faisant fi de leur jeune âge, s’il estime qu’elles se dérobent à leurs devoirs filiaux ou qu’elles adhèrent aux préjugés bourgeois de leur mère. Il met ainsi en garde Joan l’aînée contre le risque de devenir sous l’influence maternelle « une personne insignifiante, dans un lieu insignifiant dans une partie insignifiante du monde. » Ces lettres inédites dévoilent une face intime de l’écrivain à la personnalité détonante. L’homme n’a rien de tiède on le sait, et c’est avec son implacable exigence intellectuelle qu’il entend transmettre à ses filles ce que l’âme humaine recèle à ses yeux de plus exaltant. « Je n’ai aucun dollars à t’offrir, ni rien de ce que les dollars peuvent acheter. Mais j’ai tout à t’offrir et à te faire découvrir dans le domaine des idées, ainsi que tout ce que l’esprit ne peut acheter mais contrôler. » écrit-il à Joan en février 1915. Jack London meurt prématurément à quarante ans le 22 novembre 1916, Joan et Becky ont alors respectivement quinze et quatorze ans. Éd. Finitude, 128 p., 13 €. Élisabeth Miso

Récits

Yanaihara Isaku, Avec Giacometti Yanaihara Isaku, Avec Giacometti. Traduction du japonais Véronique Perrin. À l’automne 1956, au terme d’une bourse d’études de deux ans à Paris, Yanaihara Isaku s’apprête à rentrer au Japon quand il accepte d’être le modèle d’Alberto Giacometti rencontré l’année précédente. Dès les premières séances de pose, le jeune professeur de philosophie à l’université d’Osaka, mesure l’importance de ce qui se joue dans l’atelier de la rue Hippolyte-Maindron. « [...] je commençais enfin à comprendre dans quelle expérience fantastique je m’étais engagé : de toute ma vie, je n’avais jamais eu d’expérience aussi précieuse et n’en aurais sans doute jamais plus. J’y avais appris non seulement ce qu’est le travail d’un véritable artiste, mais aussi ce qu’est la véritable liberté humaine. » Dans sa tentative de restituer les choses telles qu’il les voit, le peintre et sculpteur scrute habituellement les visages de son frère Diego et d’Annette sa femme. Le portrait du jeune japonais lui échappe sans cesse, abîme obsédant de possibilités entrevues et d’effacements multiples. Fasciné par Giacometti au travail, par l’intensité de son enthousiasme ou de son désespoir, par la richesse de leurs conversations quotidiennes, le modèle prend des notes. Bouleversé par l’acharnement de l’artiste à vouloir fixer sur la toile la vérité de son visage, « le monstre insaisissable de la réalité », il repoussera de semaine en semaine son départ et reviendra plusieurs étés de suite assouvir la quête ardente de son ami. « Tant d’efforts, tant de fatigue pour tâcher de peindre, je l’ai déjà dit, ce qu’il voyait comme il le voyait, ou pour le dire encore autrement, peindre le vide accroché à l’être, et en peignant le vide y faire apparaître quelque chose. » Yanaihara Isaku, a su traduire tout le sel de ces deux cent trente séances de pose échelonnées de1956 à 1961, sans oublier leurs dîners délicieux et leurs déambulations nocturnes avec Annette, autant de moments privilégiés au cœur de l’intimité de l’un des plus grands artistes du XXe siècle, traces d’une amitié exceptionnelle et de stimulantes réflexions sur l’art, la politique, l’amitié ou l’amour. Éd. Allia, 224 p., 20 €. Élisabeth Miso

Marie-Noëlle Himbert Marie-Noëlle Himbert. Marie Curie Portrait d’une femme engagée 1914-1918. « La grande catastrophe qui s’est déchaînée sur l’humanité, accumulant des victimes en nombre effrayant, a fait surgir par réaction le désir ardent de sauver tout ce qui pouvait être sauvé, d’exploiter à fond tous les moyens pour épargner et protéger les vies humaines. » relate Marie Curie dans La Radiologie et la Guerre. L’illustre physicienne et chimiste aux deux prix Nobel, a joué un rôle essentiel durant la première guerre mondiale. Dès août 1914, alertée par le Dr Antoine Béclère, spécialiste de radiologie médicale, sur les lacunes du Service de Santé Militaire, elle se mobilise pour que les blessés puissent bénéficier des récentes avancées scientifiques. La technique des rayons X en rendant visible l’intérieur du corps, garantit un diagnostic fiable et des soins appropriés, évitant les morts, les complications graves ou les amputations inutiles. En quatre ans de guerre, à force de persuasion, activant toutes les bonnes volontés, se déplaçant sur le front, combattant les résistances des responsables militaires ou des médecins, obtenant ou se passant d’autorisations ; elle réussit à équiper vingt voitures radiologiques, deux cent postes fixes dans les hôpitaux et à former cent quatre-vingt manipulatrices radio. Elle favorise également l’accès à la radiumthérapie en mettant en place un service de distribution d’ampoules d’émanation de Radium. Sa fille Irène, âgée de dix-sept ans au début du conflit, tout aussi impliquée et courageuse qu’elle, s’avère d’une aide inestimable dans cette harassante entreprise. Grâce à leur détermination et leur dévouement, des centaines de milliers de soldats ont pu être sauvés. Marie-Noëlle Himbert, journaliste et documentariste, met en lumière cet épisode méconnu de la vie de l’illustre scientifique. Dans le fonds Pierre et Marie Curie conservé à la Bibliothèque nationale de France, notamment dans le texte inédit rédigé par Marie Curie en 1919 (reproduit ici), et dans les archives du Dr Claudius Regaud qui co-dirigea l’Institut du Radium (futur Institut Curie), elle a puisé nombre de témoignages de l’audace, de l’intelligence et de l’humanité d’une femme hors du commun. Éd. Actes Sud, 176 p., 20 €. Élisabeth Miso

Entretiens

Annie Ernaux, Le vrai lieu Annie Ernaux. Le Vrai Lieu. Entretiens avec Michelle Porte. « Je ne crois pas avoir jamais autant dit sur la naissance de mon désir d’écrire, la gestation de mes livres, les significations, sociales politiques, mythiques, que j’attribue à l’écriture. Jamais autant tourné autour de la place réelle et imaginaire de l’écriture dans ma vie. » En janvier 2011, Annie Ernaux se livrait à la caméra de Michelle Porte pour un documentaire (diffusé sur France 3 en 2013) axé sur les lieux de sa jeunesse et de sa vie actuelle, lieux si étroitement liés à son œuvre. Le présent ouvrage restitue l’intégralité de leurs conversations. D’Yvetot, la ville normande de son enfance à sa maison de Cergy, à la lisière de la ville et de la campagne, l’écrivaine revient sur sa trajectoire et sur cet état d’entre-deux, cet écartèlement entre son monde d’origine et l’espace qu’elle s’est construit, celui de l’écriture, son « vrai lieu ». Le café-épicerie de ses parents à Yvetot, la violence mais aussi le féminisme de sa mère qui l’a poussée vers l’instruction pour qu’elle ne dépende jamais d’un homme, le secret de sa sœur morte avant sa naissance, l’ouverture sur le monde par les livres, le désir de s’extraire de son milieu, Annie Ernaux revisite tout le matériau intime qui a nourri ses livres. Elle décrit son rapport charnel à l’écriture, les mots perçus comme des objets, son travail de mémoire, son obsession de dépeindre au plus juste une expérience humaine, pas la sienne propre mais une partageable par tous. « L’image qui me vient toujours pour l’écriture, c’est celle d’une immersion. De l’immersion dans une réalité qui n’est pas moi. Mais qui est passée par moi. » Avec la profondeur qui la caractérise, l’auteur des Années évoque ce territoire inouï qu’est la littérature et souligne, que la tâche véritable d’un écrivain, est de laisser la trace d’un regard sur le monde, de proposer comme l’envisageait Proust un « éclaircissement de l’opacité de la vie. » Éd. Gallimard, 120 p., 12,90 €. Élisabeth Miso

Mémoires

François Cheng, Assise François Cheng, Assise, une rencontre inattendue , suivi de Cantique des créatures de François d’Assise.  » Son nom d’auteur en chinois veut dire « qui embrasse l’Unité » ; en France, il choisit son prénom. Il est essayiste, calligraphe, poète. Dans un opus de 55 pages, au verbe lyrique, égrainé d’illustrations délicates, il évoque la figure de Saint François d’Assise, « rien bienveillant » ou encore « vide vivifiant » qu’il appelle « Le Grand Vivant », celui qui allait, humble et dépouillé et à qui, même les bêtes sauvages, en toute confiance, tenaient volontiers compagnie. « J’ai eu le privilège de choisir, à un moment clé de ma vie, mon propre prénom. C’était en 1971, lors de ma naturalisation. À cette occasion, selon la loi française, le naturalisé a le droit d’opter pour un prénom autre que celui qu’il porte depuis sa naissance. S’est imposé à moi, sans que j’aie eu à réfléchir, le prénom François. Celui-ci, certes, a le don de signifier « français », ma nouvelle citoyenneté. Mais la raison plus déterminante a été que dix ans auparavant, en 1961, j’avais fait la rencontre du frère universel que tout l’Occident connaît, et en qui tout être même venu de loin peut aussi se reconnaître : François d’Assise. » Cette rencontre lui sera déterminante à cette époque où, rêvant d’enracinement dans l’écriture depuis l’adolescence, exilé en France, jeune homme perdu dans une solitude extrême, il aspire à trouver une voie. Il fera plusieurs séjours à Assise, il lui faudra à chaque fois connaitre davantage et de l’intérieur « François ». Il le suit à l’intérieur des paysages, il l’entend murmurer à son oreille, il écoute, il regarde, il s’élève, comme le fit François d’Assise qui n’eut de cesse de hanter les hauteurs ; les amas de nuages, les jardins, le ciel, les orages, il est saisi : il s’emplit d’étonnement et de gratitude, parce que tout est don, jusqu’à la saveur terrestre d’arômes d’amandes. Éd. Albin Michel, 55 p., 9,50 €. Corinne Amar

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