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PRIX WEPLER FONDATION LA POSTE 2015

 

WEPLER-affiche-7sept Le Prix Wepler Fondation La Poste 2015 a été attribué à Pierre Senges pour Achab (séquelles) paru aux éditions Verticales. La Mention spéciale a été remise à Lise Charles pour Comme Ulysse publié aux éditions POL.

Ce soir (le 9 novembre), à la brasserie parisienne Le Wepler, on fêtera les lauréats.

Composé de lecteurs et de professionnels, le jury devra élire un gagnant : 10.000 euros reviendront au lauréat, et 3000 à celui qui obtiendra la mention spéciale, servant à récompenser une « tentative marquée par un excès, ou une singularité ».

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DISCOURS DE RECEPTION DU PRIX WEPLER-FONDATION LA POSTE 2015 - PIERRE SENGES.

Le Prix Wepler 2015 :


Pierre Senges, Achab (séquelles), Verticales

Pierre Senges, Wepler 2015
Pierre Senges à la Brasserie Wepler
9 novembre 2015
© Thierry Stein

Pierre Senges est né à Romans en 1968. Il vit à Paris. Il est l’auteur, aux Éditions Verticales de neuf livres : Veuves au maquillage (2000, Prix Rhône-Alpes), Ruines-de-Rome (2002, Prix du deuxième roman 2003), Essais fragiles d’aplomb (coll. « Minimales », 2002), La réfutation majeure (2004 ; Folio 2007), Géométrie dans la poussière (avec le dessinateur Killoffer, 2004), Sort l’assassin, entre le spectre (2006), Fragments de Lichtenberg (2008), Études de silhouettes (2010) et Achab (séquelles). Il a également publié un essai, L’idiot (Bayard, 2004) et écrit, chez Gallimard, un livre illustré Carnets de Gordon (avec le dessinateur Nicolas de Crécy, coll. « Futuropolis », 2009) puis Environs et mesures (coll. « Le Cabinet des lettrés », 2011). Il a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2013-2014.
La construction de ses livres est souvent basée sur un assemblage de séquences, numérotées à l’image des Fragments de Georg Christoph Lichtenberg. Son premier livre (Veuves au maquillage) est découpé en 499 séquences.
On pourrait dire de lui qu’il est un encyclopédiste baroque : ses ouvrages toujours foisonnants alternent érudition et invention (Fragments de Lichtenberg), jeu sur la vérité et le mensonge (Veuves au maquillage ou La réfutation majeure), enfin alternance entre humour et ironie.
Outre ses livres, il est aussi l’auteur de fictions radiophoniques pour France Culture et France Inter. Il a reçu plusieurs prix dont le Prix SACD Nouveau Talent Radio en 2007.

LE LIVRE

Pierre Senges, Achab
Le lecteur trouvera ici la suite véridique des aventures d’Achab, soi-disant capitaine, rescapé de son dernier combat contre un poisson immense. On verra comment ce retraité à la jambe de bois a tenté de vendre au plus offrant son histoire de baleine sous forme de comédie musicale à Broadway, puis de scénario à Hollywood. En chemin, on croisera Cole Porter et ses chorus girls, mais aussi Cary Grant, Orson Welles, Joseph von Sternberg ou Scott Fitzgerald, noyé dans son alcool, ainsi qu’une kyrielle de producteurs, louches à divers degrés. On se souviendra au passage du jeune Achab s’embarquant à dix-sept ans pour Londres dans l’espoir d’y jouer Shakespeare, et des circonstances qui présidèrent à la rencontre du librettiste Da Ponte avec Herman Melville, en 1838. On apprendra, in fine, la meilleure façon de réussir le cocktail Manhattan et avec quelle ténacité l’increvable Moby Dick cherche à se venger de son vengeur

ÉDITIONS VERTICALES

Article de Corinne Amar :

Pierre Senges, Achab (séquelles). Moby Dick, vous connaissez ? L’auteur nous prévient dès la première ligne : il y a un lien avec le fameux roman de Melville ou l’histoire de ce capitaine Achab à la recherche d’un énigmatique cachalot blanc, gigantesque et féroce, qui lui avait arraché une jambe par le passé, et qui menait son équipage autour du monde pour retrouver ce monstre dont il avait juré de se venger. Le baleinier avait fini par sombrer et le capitaine, par être englouti par sa proie... Dans Achab (séquelles), l’histoire commence avec Achab qui revit, sauvé des eaux, parvient à mettre les pieds sur la terre ferme, échoue à New York - se retrouvera à Broadway où il tentera de transformer son histoire en comédie musicale, on le verra aussi à Hollywood -, il doit survivre, se fait vendeur de beignets à l’huile, cordonnier, oublie Moby Dick, renie la mer, exerce nombre d’autres métiers plus ou moins sots, plus ou moins libres, sait tout faire, et quand il a le temps, dans les jardins, regarde les joueurs d’échecs manier leurs pions, observe les affrontements, le monde comme volonté l’impressionne, la mer est loin, loin derrière lui... Il se retrouve à Londres, il est souffleur, dans un théâtre, acteur ; il s’initie au répertoire shakespearien, incarne Richard III (un jour de chance au pied levé pour remplacer l’acteur principal malade), joue Hamlet... Il croise dans ses voyages et ses errances, du beau monde ; Cary Grant, Orson Welles, Don Quichotte, Joseph von Sternberg, Scott Fitzgerald, le librettiste Lorenzo Da Ponte... Il vit. Et pourtant, toutes ces séquelles ! Tel un prodigieux puzzle littéraire, historique, métaphysique, imaginaire, poétique, encyclopédique, l’auteur reconstitue ainsi la vie de ce rescapé de Moby Dick, fait revivre le jeune Achab, laisse parler le vieux, fait résonner la jambe de bois, fait entendre les petites et grandes marées, la mer à nouveau, la mer enfin qui n’en finit pas... Éd. Verticales, 625 p., 24 €. Corinne Amar.

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La Mention spéciale du jury 2015 :


Lise Charles, Comme Ulysse, P.O.L

Lise Charles, Mention Wepler 2015
Lise Charles à la Brasserie Wepler
9 novembre 2015
© Thierry Stein

L’auteur est née en 1987. Elle vit et travaille à Paris. Comme Ulysse est son deuxième roman.

LE LIVRE
De 1953 à sa mort en 1978, le peintre Norman Rockwell vit à Stockbridge, une petite ville du Massachusetts. Il y fait notamment de nombreuses couvertures pour le Saturday Evening Post, parfois en prenant des habitants de la ville pour modèles. À en croire l’histoire racontée dans ce roman, vers la fin de sa vie il peint Rebecca, une fillette de Stockbridge.

Une fois adulte, Rebecca épouse un autre peintre, Peter Milton, avec qui elle a deux enfants, Tom et Hannah. Tandis que Rebecca rêve de devenir écrivain mais n’arrive visiblement à rien, Peter devient progressivement un grand artiste. Il propose un jour à une jeune Française, rencontrée dans le Vermont, de venir vivre dans sa famille ; en échange, elle devra poser pour lui et enseigner le français à ses enfants. Comme Ulysse est l’histoire de cette Française, racontée par elle-même. De la narratrice, on ne connaît ni l’âge, ni le nom véritable ; elle se fait appeler Lou et se présente le plus souvent en adolescente écervelée, un peu ignare et mal dégrossie.

Lise Charles, Comme Ulysse Alors qu’elle ne devait rester aux États-Unis que le temps d’un séjour linguistique avec sa sœur, elle y passe plusieurs années, d’abord à New York puis en Nouvelle-Angleterre, et ses souvenirs de France (sa vie à Paris, ses vacances en Bretagne), de plus en plus douloureux, doublent le récit de ses aventures américaines, au point que la côte Est apparaît comme un mauvais reflet de la côte bretonne.
La nostalgie est aussi celle de l’enfance. Lou raconte à la fois ses relations avec le peintre, sa femme et leurs amis, et ses longues conversations avec Tom et Hannah. Ces deux enfants un peu fantomatiques semblent évoluer dans un univers qu’elle comprend de moins en moins. Ainsi, de même qu’elle flotte entre deux langues et deux cultures, Lou n’a-t-elle sa place ni dans le monde des adultes, ni dans celui de l’enfance.

Article de Corinne Amar :

Lise Charles, Comme Ulysse. C’est un récit au charme certain qui emporte par son style ; une fraîcheur, une légèreté, la constance désinvolte, une errance géographique et verbale, une petite musique, je ne sais quoi... Des dessins viennent égrainer le texte, des mots d’anglais, pas seulement des mots : des expressions, des bouts de phrases, des paragraphes, c’est normal, notre jeune héroïne est à New York, cherche une raison d’y être, d’y rester, en tous les cas. Pour l’instant, ce monde, elle s’y perd, s’y ennuie, écrit comme elle parle, parle comme elle pense, peaufine son anglais, tutoie son lecteur puis oublie qu’elle l’a tutoyé, le vouvoie, et, comme elle est un brin fantasque, elle passe aussitôt à autre chose ou mange des cookies, beaucoup de cookies... « Les jours s’écoulaient pareils, comme on dit quand on est un poète, ils s’écoulaient égaux, moi j’étais toute seule comme une idiote, et qu’est-ce que je faisais, j’engloutissais des cookies toute la journée, parfois j’allais au restaurant à Chinatown, jamais le même, parce que je ne laissais pas de pourboire, et que j’avais honte de revoir les serveurs, surtout s’ils avaient été à peu près sympathiques (p.32). » Et c’est un long périple que ce voyage comme Ulysse, en trois parties. Dès la deuxième, il se passe quelque chose de très important pour notre héroïne : elle rencontre un peintre passionné de son art, qui lui propose de venir vivre dans sa famille ; en échange, elle posera pour lui et enseignera le français à ses enfants. C’est ainsi le récit de ses aventures américaines dans ce manoir très chic du Massachusetts, de ses relations avec le peintre, sa jolie femme, leurs enfants, Tom et Hannah, leurs amis, en filigrane de sa vie de jeune fille bretonne, pas plus drôle ; tout cela entre deux mondes, celui de l’enfance et celui des adultes, entre deux langues, dont celle pas tendre de l’exil... Éd. POL, 416 p., 90 €. Corinne Amar

ÉDITIONS POL

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En 2014, le lauréat était Jean-Hubert Gailliot pour Le soleil (L’Olivier) tandis que Sophie Divry, présente dans la première sélection 2015, avait reçu une mention spéciale pour son précédent roman La condition pavillonnaire (Noir sur Blanc/Notabilia).

La Fondation La Poste, la brasserie Wepler et la librairie des Abbesses.

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