Fondation d'entreprise LA POSTE

Recherche

> Edition du 7 février 2007
Accueil > Correspondance > Edito > Edito du 30 mai 2001, Marges de l’épistolaire

Edito du 30 mai 2001, Marges de l’épistolaire

Sylvain Jouty

le roman par fax (Jean-Edern Hallier, Je rends heureux, Albin Michel, 1992), par messages de répondeur (Hugues Royer, Mémoires d’un répondeur, le Castor Astral, 1999)... et même par à peu près tous les moyens de télécommunication à notre disposition : dans l’un de ses Soixante sujets de roman au goût du jour et de la nuit (Fayard, 2000), Sarane Alexandrian fait utiliser à ses héros cassettes audio et téléphone, minitel, pneumatique, et bien entendu l’Internet.

Il serait donc bien étonnant qu’on ait attendu l’an 2000 pour inventer le roman par e-mail, comme le prétendent Matthew Beaumont et ses éditeurs pour lancer E-mail story. De fait, ils pullulent. On pourrait presque dire que bien peu d’inventions technologiques ont connu un tel succès littéraire. On ne peut que se louer de ce renouveau du genre épistolaire, même si on peut émettre quelques réserves sur leur valeur proprement littéraire. Si La nouvelle Héloïse ou Les liaisons dangereuses sont de grands livres, ce n’est pas parce qu’ils sont constitués de lettres, mais parce qu’ils traitent, et avec génie, de sujets littérairement vierges. Quant au premier roman par messages SMS, c’est sans doute pour bientôt. S.J.