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> Edition du 7 février 2007

A la Une, Rimbaud épistolier

édition du 13 juin 2001

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La bibliographie rimbaldienne étant déjà bien encombrée, on pouvait s’interroger sur la nécessité d’une nouvelle biographie, et de plus de mille pages. Mais le travail de Jean-Jacques Lefrère s’imposera comme l’oeuvre de référence. Par sa précision méticuleuse, d’abord : Lefrère sait tout, du moins lorsqu’il est possible de savoir quelque chose, et ne prétend pas non plus combler les zones d’ombres qui demeurent à l’aide de suppositions mal étayées ; on prendra d’ailleurs garde de parcourir aussi les notes, aussi copieuses qu’intéressantes, où se dissimule une partie de son incroyable érudition. S’appuyant sur une documentation exceptionnelle - faite de lettres, bien sûr, mais aussi de toutes sortes de documents, par ailleurs largement présentés dans les trois copieux cahiers hors texte -, Lefrère pourfend un certain nombres de mythes. Difficile, après l’avoir lu, de croire par exemple la relation avec Verlaine tout à fait innocente. En même temps, le personnage Rimbaud, sorti de l’hagiographie, gagne en complexité, mais aussi en cohérence. Et pourtant le personnage Rimbaud conserve son énigme : celui de l’abandon de la littérature.
Sylvain Jouty.

Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud
Fayard, 1242 p. et 94 planches hors texte, cartes, arbres généalogiques, 290 F.