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> Edition du 7 février 2007
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Edito du 26 juillet

Elodie Besse

Les cartes postales, reines d’un jour d’été ? Les vacanciers vont avoir l’occasion de prendre leur "plume" pour écrire quelques mots au dos d’une image qui manque souvent d’originalité. Vacances. Loisir. Farniente. Ces trois mots dénotent un certain vide, et cependant les vacances sont pour beaucoup de nos contemporains synonymes d’une activité intense. Certains émigrent vers les montagnes pour y suer, d ?autres la plage pour y rôtir. Les plus téméraires passent les frontières pour des capitales voisines ou des pays exotiques. On improvise un rythme, des activités : certains parcourent des kilomètres de musées, de grottes, de ruines plus ou moins bien conservées, d’autres pratiquent des sports extrêmes ou bien s’aventurent dans la construction de châteaux de sable pour la joie des enfants. On visite une infinité de marchés, de souks et de bazars plus pittoresques les uns que les autres. Et puis, à un moment impromptu ou choisi, on se met à penser à ceux qui sont restés ? on achète des cartes postales.

La carte postale, c ?est d ?abord une image rangée à la verticale sur les tourniquets des buralistes et autres vendeurs de gadgets pour touristes. L ?auteur, au détour d ?une promenade, choisit ses images selon son budget, selon sa première inspiration. L ?image étant déjà un message, elle est choisie souvent en fonction du destinataire pressenti. Le choix s ?étale entre le cliché panoramique, la mosaïque de photos illisibles et kitch, la fille en maillot de bain un peu vulgaire, l ?autochtone en costume folklorique, le dessin humoristique de mauvais goût ou le coucher de soleil retouché. Quelle pauvreté dans la profusion des genres ! On cherche au mieux une image jolie, représentative du pays ou encore celle susceptible de faire râler ou sourire un peu les copains.

Dans le fond, la carte postale témoigne aux chers à qui on écrit tous les ans, d ?ici ou d ?ailleurs, que l ?on pense à eux, du moins un court instant, et que les vacances se passent ? bien, quelques mots sur les conditions climatiques, et puis, une petite anecdote sur le séjour. Il est fréquent de s ?apercevoir du manque d ?inspiration des auteurs, comme s ?ils avaient la tête ailleurs ou comme si la forme résumée des vacances était impossible, on écrit « forcément » des banalités. Il est fréquent que l ?on soit même tenté d ?écrire à plusieurs destinataires la même prose ? Forme légère de la correspondance, la carte postale, à l ?inverse du télégramme, est moins rapide mais demeure un rituel qui transmet plutôt de bonnes nouvelles.

Curieux mariage de l ?image imposée et d ?un texte court imposé par la forme. La carte postale est toujours une heureuse surprise dans sa boîte aux lettres. Alors, même si l ?image est floue et la prose légère, elle met de la couleur dans les factures et chante un air nostalgique : Ah, vive les vacances !

Que les vôtres soient bonnes et n’oubliez pas les cartes postales !