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Edito du 11 octobre 2001

Hegel voyait le sommet et même la fin de l’histoire dans l’entrée de Napoléon à Iéna en 1806. L’auteur de la Phénoménologie de l’esprit écrivait en un temps où tout, les gens, les choses, les nouvelles et les lettres, se déplaçait en gros à la même allure, celle que permettait la marche, le trot d’un cheval ou le courant d’un fleuve.

La lettre était donc en accord avec la vitesse globale des choses et, généralement, on apprenait les événements quelques jours, sinon quelques semaines après qu’ils avaient eu lieu. C’est aussi pour cela, peut-être, que l’entrée de Napoléon dans Iéna frappa autant Hegel : il y assistait, lui, le philosophe, en témoin privilégié, alors que de nos jours tout le monde possède ce curieux privilège d’assister en direct aux moments où l’histoire bascule, sans plus guère avoir besoin d’en témoigner par courrier. Pas même les auteurs d’attentats puisque, comme le remarque Martina Wachendorff, ceux-ci ne sont même plus revendiqués.