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> Edition du 7 février 2007
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Entretien avec Thadée Klossowski de Rola, fils de Balthus

édition du 13 février 2002

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Nathalie Jungerman : En septembre dernier, les Editions Buchet-Chastel publie la correspondance de vos parents, Antoinette de Watteville et Balthasar Klossowski de Rola, dit Balthus. Grâce à vous et à votre frère ces lettres sont rassemblées. Qu’est-ce qui vous a décidé à examiner cette correspondance ?

Thadée Klossowski de Rola : La découverte après la mort de notre mère (en 1997), des lettres de notre père. Mon frère avait emporté en Amérique les lettres gardées par Antoinette. Moi j’avais commencé à recopier depuis un bon moment celles retrouvées chez mon père. J’ai encouragé mon frère à suivre mon exemple. Ce qui nous a frappé, c’était le moteur, le dispositif romanesque des lettres que je trouvais très intéressantes. Il m’a semblé que c’était un document précieux du début de Balthus.

NJ : Vous avez commencé ces recherches et ce travail éditorial du vivant de Balthus, Quelle a été sa réaction à la relecture de ces lettres ? Les avez-vous annotées ensemble ?

Thadée Klossowski de Rola : Bien entendu, le royaume perdu de l’enfance... Ma mère qu’il a connu enfant à Berne, symbolise une partie de son enfance. C’est en quelque sorte la recherche du paradis des amours enfantines. Balthus a gardé cette vision de l’enfant pour qui le monde est surprenant. Oui, le thème de l’enfance est extrêmement présent dans son oeuvre et dans ses lettres. Par exemple, les Hauts du Hurelevent est une méditation sur les amours enfantines, le paradis perdu, un des motifs de ses lettres.

NJ : Dans cet ouvrage qui va de 1928 à 1937 sont publiées notamment des lettres adressées à son père, Eric Klossowski, et à quelques amis. Proche entre autres d’Antonin Artaud, de Pierre-Jean Jouve, de Giacometti, Balthus a semble t-il échangé beaucoup de courrier. Avez vous le projet d’établir un autre recueil de lettres ?

Thadée Klossowski de Rola : Je ne crois pas, ça demanderait beaucoup de travail Nous avons de nombreuses lettres, la correspondance va jusqu’en 1966, mais il en manque aussi beaucoup et les recherches iront plutôt du côté d’une biographie. Nous avons établi cette édition justement parce qu’il y avait un ensemble cohérent, un moteur romanesque. Ce qui nous a semblé exceptionnel. Ce sont aussi les lettres d’un peintre qui parle de son travail de peintre, mais les lettres qui ont attrait à la vie privée serviront donc à alimenter une biographie de Balthus.
Dans la correspondance de mes grands-parents, Baladine et Eric Klossowski, Il est fascinant de constater que la Poste marchait si bien dans les années 20. Baladine lui écrit qu’elle lui envoie un gigot et sans arrêt ils s’envoyaient des fleurs ?

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Sa première oeuvre en 1921, à l’âge de douze ans : un livre avec quarante images de son défunt chat Mitsou, préfacé en français par Rainer Maria Rilke, ami de sa mère Baladine Klossowska.

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Les Editions Rivages viennent de rééditer ce livre précédé de quelques lettres de Rilke adressées à Balthus, Rilke - Balthus, Lettres à un jeune peintre, suivi de Mitsou