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Edito du 15 mai 2003

Lettres d’Egypte

Photographie de Louise Maspero assise devant sa maison à Gizéh.

Tu te rappelles l’aspect du paysage. Une pente douce d’une dizaine de mètres, dernière ondulation de la montagne libyque ; à gauche, un moulin à vent qui tourne bravement comme s’il attendait Don Quichotte, devant nous un cimetière épars dans le sable, et un tertre conique où il faut être égyptologue enragé pour reconnaître la pyramide. (Gizéh, mardi 12 janvier 1886, page 114)

Ainsi écrit Gaston Maspero à sa seconde femme, Louise, petite-nièce de Benjamin Constant, quand, retenue en France, elle ne peut participer aux inspections en bateau dans toute la Haute-Égypte, lente remontée du Nil qui dure plusieurs mois.
Dans ses récits épistolaires, Maspero raconte son quotidien avec précision et enthousiasme : sa participation à la découverte des momies royales de Deir el-Bahari, les fouilles des pyramides de Gizéh et le Temple de Louxor, la construction du musée du Caire, les visites amicales et diplomatiques, les tensions politiques de l’époque, les livres et articles en préparation... Outre la qualité littéraire de la narration, quantité de petits dessins illustrent les propos. Empreinte de tendresse et de générosité, la correspondance témoigne également de l’attention d’un homme pour les siens, et de la complicité intellectuelle du couple Maspero. Ce recueil de lettres publié aux éditions du Seuil à l’initiative d’Elisabeth David, égyptologue, dessine le portrait d’un savant en Égypte et découvre le récit d’un long voyage qui s’échelonne entre la fin du XIXème siècle et la première guerre mondiale. Préfacé par Robert Solé, le volume comprend notamment un index très complet et un cahier de photographies. Nathalie Jungerman