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Edito du 12 juin 2003

Correspondance à trois

Grand et très cher poète ! Je vous suis redevable du fond même de mon caractère, de la forme même de mon existence spirituelle.(...) J’aimerais - oh ! je vous en conjure, pardonnez-moi mon audace et cette apparence d’indiscrétion-, j’aimerais, j’oserais souhaiter qu’elle (Tsvétaïeva) vive à son tour quelque chose de pareil à la joie qui m’a inondé grâce à vous. [Pasternak à Rilke, Moscou, 12 avril 1926. Gallimard, p 62] La réédition de la Correspondance à trois de Rilke - Tsvétaïeva - Pasternak, vient de paraître, une occasion de lire ou relire cet échange épistolaire d’une grande intensité, interrompu au bout de quelques mois par la maladie puis la mort de Rilke. Boris Pasternak qui publie ses premiers poèmes en 1913 et reçoit le prix Nobel de littérature en 1958, deux ans avant sa disparition, (cependant le régime soviétique le contraint à le refuser), est à l’origine de cette rencontre scripturaire, exaltée et exceptionnelle. Entre les deux jeunes poètes moscovites et leur aîné allemand s’élève un amour épistolaire, spirituel et poétique sans précédent. Admiration et passion littéraire s’inscrivent dans ces lettres qui sont l’unique contact entre les correspondants dont les multiples projets de rencontre n’aboutissent jamais. Pasternak, célèbre en France grâce au Docteur Jivago, et Tsvétaïeva, très longtemps ignorée, déploient dans ce recueil de lettres et poèmes un autre aspect de leur création. Les quarante-neuf missives réunies sont commentées et éclairées selon le contexte et la biographie de chacun.

Nathalie Jungerman