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Edito du 31 juillet 2003

Gauguin

Photographie de Gauguin, l’hiver 1893 - 1894 posant devant son tableau.

Photographie de Gauguin, l’hiver 1893 - 1894 posant devant son tableau Te Faaturuma (Le Silence) © éditions Flammarion, 1988

Car je suis un artiste et tu as raison, tu n’es pas folle je suis un grand artiste et je le sais. C’est parce que je le suis que j’ai tellement enduré de souffrances. Pour poursuivre ma voie sinon je me considérerai comme un brigand. Ce que je suis du reste pour beaucoup de personnes. Lettre à sa femme, [Tahiti, mars 1892]. Paul Gauguin (1848-1903), © Somogy éditions d’art.

Gauguin est mort au printemps 1903, il y a exactement 100 ans. Quantité de manifestations célèbrent ce centenaire, à Paris, en Bretagne, à Tahiti.... De nombreux ouvrages sont édités ou réédités pour l’occasion : entre autres, les éditions d’Art Somogy publient trois livres, Gauguin, Tahiti - Marquises qui présente les oeuvres exposées dernièrement au musée de Tahiti ; Paul Gauguin (1848 - 1903), des lettres choisies enrichies d’un commentaire accompagnent les tableaux, ce lien intime donne un éclairage nouveau au parcours pictural de l’artiste ; George-Daniel de Monfreid, Le confident de Gauguin, une monographie de ce peintre sorti de l’académie Julian, ami fidèle de Gauguin qu’il n’a cessé de soutenir. Les éditions Hazan publient Gauguin une nouvelle édition augmentée qui permet de suivre pas à pas l’aventure stylistique du peintre grâce aux précieux commentaires de Peggy Vance...
Le manuscrit de Gauguin, Racontars de Rapin écrit en 1902, est publié au Mercure de France un siècle après la mort de l’artiste. Texte de " contre-critique " qui exprime avec une grande liberté de ton, le rapport entre l’art et la société, la problématique de l’autorité du critique... On y apprend que l’une de ses toiles tahitiennes La Orana Maria dont il voulut faire don au musée du Luxembourg, le musée d’art moderne de l’époque fut refusée par le conservateur. Elle se trouve aujourd’hui à New York, au Metropolitan Museum of Art... Gauguin, l’autodidacte, littéralement enragé de l’art, qui eut la volonté naïve et finalement triomphante d’être un grand artiste, fut en cette fin de siècle spiritualiste, la cible de la critique contemporaine. Gauguin, attaqué énergiquement par les uns, défendu passionnément par les autres, dont le groupe des Nabis, (prophètes, en hébreu) pour qui il fut une révélation, vécut la peinture comme une recherche absolue et un engagement total de soi-même. Dans une lettre à Charles Morice, il écrivait " L’oeuvre d’un homme, c’est l’explication de cet homme ".

Nathalie Jungerman