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Edito du 15 janvier 2004

Gaston Chaissac

"Écrivain et chroniqueur avant tout et fidèle à ce que je vois de ma fenêtre, ma vision se brouille". Gaston Chaissac

Les Correspondances de Gaston Chaissac, publiées ce mois-ci par le musée de l’Abbaye Sainte-Croix, avec le soutien de la Fondation La Poste, présentent un ensemble de lettres pour la plupart inédites adressées à des personnalité aussi différentes que Michel Ragon, Jean Dubuffet, Jeanne Kosnick-Kloss, Otto Freundlich, Gilles Ehrmann, Jules Lefranc, André Bloc... Préfacée par l’historien d’art Serge Fauchereau, établie et présentée par Dominique Brunet, Benoît Decron, Lydie Joubert et Nadia Raison (petite fille de Gaston Chaissac), l’édition est agrémentée de fac-similés en couleurs des lettres-dessins de l’auteur. Chaissac, intarissable épistolier et chroniqueur de la vie quotidienne qu’il transfigure au gré de sa fantaisie, fragmente la narration par le jeu du contraste stylistique et des ruptures de ton. " Observation juste et sensible, néologismes et construction classique sans ponctuation, élisions populaires et termes choisis : un concentré de Chaissac ", écrit Serge Fauchereau dans son avant-propos. Chaissac ne s’adresse pas à tous ses correspondants de la même manière et son écriture manuscrite est tantôt extrêmement enfantine, truffée de ratures et de fautes d’orthographes, tantôt régulière, sans tache d’encre, ni fantaisie orthographique. Peintre, il intègre l’écriture dans ses oeuvres plastiques dès la fin des années 40. Légendes, signes, lettres et missives se mêlent à la composition des huiles ou encres sur papier. Les Correspondances témoignent de ses recherches multiples et découvrent à la fois l’humour, la lucidité et la désespérance de ce subtil observateur du monde...

Nathalie Jungerman