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Dernières parutions du 29 janvier 2004

éditions du 29 janvier 2004

Couverture du livre Lettres du grenier de Wilno de Marina Tsvetaeva.

Correspondances

Marina Tsvetaeva, Lettres du grenier de Wilno . Traduction du russe et annotation Eveline Amoursky. En 2001, Wladyslaw Zawistowski, poète et dramaturge polonais, séjourne à Vilnius et se rend dans l’ancienne maison de sa grand-mère, Natalia Hajdukiewicz. Les occupants lui remettent alors un paquet de lettres dissimulées dans le grenier, parmi lesquelles douze lettres de Marina Tsvetaeva à sa grand-mère. Ecrites entre 1934 et 1935, du temps de son exil français, ces missives trahissent les privations, les souffrances, les préoccupations quotidiennes, la nostalgie de sa jeunesse, les illusions perdues mais aussi le ravissement intact procuré par la littérature. La poétesse russe se découvre de profondes affinités avec Natalia Hajdukiewicz, modeste enseignante de Wilno et lointaine parente, et abandonnant toute pudeur lui confie ses émotions d’écrivain, de lectrice, de femme, d’épouse et de mère. Ed.des Syrtes, 140 p, 16 euros.

Ulrich von Hutten, Lettres des Hommes obscurs . Traduction et présentation Jean-Christophe Saladin. En réponse aux attaques de l’Inquisition contre l’humaniste Jean Reuchlin, accusé de défendre les juifs, paraît ce pamphlet anonyme entre 1515 et 1517. Son auteur n’est autre qu’Ulrich von Hutten, chevalier allemand, ami d’Erasme et satiriste redouté. Sous forme de lettres imaginaires, avec pour constante une vulgarité et une stupidité consternantes, émanant " d’hommes obscurs " (moines, théologiens...) et destinées aux théologiens de Cologne ; Ulrich von Hutten dresse un constat grotesque de la vie quotidienne en Allemagne et en Italie à l’approche de la Réforme. Ed. Belles Lettres, 768 p, 45 euros.

Marc Bloch, Lucien Febvre, Correspondance, II De Strasbourg à Paris (1934-1937). Correspondance, III Les Annales en crise (1938-1943) . Edition établie, présentée et annotée par Bertrand Müler. Le 1er volume de la correspondance entre les historiens Marc Bloch (1886-1944) et Lucien Febvre (1878-1956) englobait les années de création des Annales d’histoire économique et sociale, époque où émerge l’un des mouvements intellectuels majeurs à l’origine d’un renouvellement profond de l’histoire et des sciences sociales. Le 2ème tome regroupe les lettres qui ont trait à l’implantation de la revue à Paris, à la nomination de Febvre au Collège de France et aux efforts désespérés de Bloch pour obtenir un poste à son tour. Les années 1934 à 1937 rendent compte à la fois de leur engagement d’historien et de citoyen sur fond de montée des extrêmes, de Front populaire et de colossale entreprise de l’Encyclopédie française. Enfin dans le tome III, les lettres reflètent l’état de crise que vivent les deux auteurs : rupture d’avec leur éditeur, difficultés à poursuivre leur collaboration, dilemme face aux lois racistes de Vichy et s’attachent plus particulièrement au destin contrarié du médiéviste Bloch, victime de discrimination et résistant. Ed. Payot Lausanne, tome II 546 p, 40 euros, tome III 356 p, 26 euros. Couverture du livre Mon individualisme de Natsumé Sôseki

Natsumé Sôseki, Mon individualisme, suivi de Quelques lettres aux amis . Sous la direction de Ryôji Nakamura et René Ceccaty. En 1914, le célèbre romancier japonais (1867-1916) donne une conférence à l’Ecole des Pairs où il aurait pu enseigner dans sa jeunesse. A partir de sa propre expérience d’étudiant, de professeur et d’écrivain, il soumet une réflexion sur l’individualisme, véritable petit traité de morale. Avec simplicité, humour, dérision et profondeur, il invite son auditoire à s’interroger sur l’idée d’éducation, d’autonomie, de tolérance, de collectivité et livre avec subtilité la teneur de sa relation à la littérature et une définition de l’artiste et de l’intellectuel. Des lettres de Sôseki adressées à ses amis intellectuels complètent cette démonstration brillante sur la création littéraire et l’élaboration de la pensée. Ed.Rivages poche, 112 p, 5,95 euros.

Couverture du livre La baronne et le musicien madame von Meck et Tchaïkovski

Henri Troyat, La baronne et le musicien madame von Meck et Tchaïkovski . Richissime baronne russe, veuve et mère de onze enfants, madame von Meck, nourrit un amour platonique pour Tchaïkovski par le seul biais de la musique. Avec pour pacte de ne jamais se rencontrer, Tchaïkovski accepte les faveurs financières de la dame et peut ainsi se consacrer entièrement à son art. Quatorze ans durant, la mécène et le musicien vont échanger une correspondance assidue, principale source d’informations sur les opinions artistiques, religieuses, historiques ou politiques du compositeur. Entre lettres et commentaires, le récit de Troyat nous plonge au coeuur de cette liaison singulière qui prend fin le jour où la baronne prend conscience que son inclination n’est nullement réciproque. Ed. Grasset, 240p, 17 euros.

Couverture du livre Le passage des éphémères.

Romans

Jacqueline Harpman, Le passage des éphémères. L’héroïne de ce roman épistolaire, Adèle Salazine est immortelle. Depuis le XVIe siècle, où elle s’est incarnée en prostituée, rien n’est venu altérer la jeunesse et la pâleur de ses traits. Au fil des siècles, des continents, telle une Mme de Merteuil, elle pose un regard amusé, féroce ou emprunt de pitié sur les pauvres mortels, ces " Ephémères " dont elle observe les ballets amoureux, la vanité, les vices et l’impuissance face au temps. En 2001, introduite dans une communauté d’astrophysiciens de l’Observatoire de Bruxelles, elle lit secrètement les e-mails de ses confrères et confie à un autre immortel toutes ces vies vécues, toute cette éternité. Ed. Grasset, 322 p, 18 euros.

Christian Jens Grondahl, Bruits du coeur . Traduction du danois Alain Gnaedis. A Copenhague, le narrateur reçoit une lettre d’Adrian, son ami d’enfance installé à New York, décédé d’une crise cardiaque quelques jours auparavant. Dans sa lettre, Adrian fait allusion à un secret. Le narrateur tente alors de rassembler les traces éparses de leur amitié, déroulant ainsi le fil de leur deux vies. Ed. Gall. Folio, 6 euros.

Metin Arditi, Victoria Hall . Pavel Kutman, antiquaire praguois, propose à Armand Hugues, banquier et collectionneur de correspondances d’écrivains, une lettre inédite de Kafka. Il espère ainsi faire bénéficier de l’influence du notable genevois, sa fille Tatiana, candidate à un concours de chant au mythique Victoria Hall. La rencontre avec la jeune femme bouscule la vie réglée et contrôlée d’Armand Hugues. Ed. Pauvert, 280 p, 17 euros.

Elisabeth Miso