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Dernières parutions du 12 février 2004

édition du 12 février 2004

Couverture du livre Journal extime de Michel Tournier.

Biographies/ Autobiographies

Michel Tournier, Journal extime .
Je dis aux enfants d’une école : "Ecrivez chaque jour quelques lignes dans un gros cahier. Non pas un journal intime consacré à vos états d’âme, mais au contraire un journal dirigé sur le monde extérieur, ses gens, ses animaux et ses choses. Et vous verrez que de jour en jour, non seulement vous rédigerez mieux et plus facilement, mais surtout vous aurez un plus riche butin à enregistrer. Car votre oeil et votre oreille apprendront à découper et à retenir dans l’immense et informe magma des perceptions quotidiennes ce qui peut passer dans votre écriture. De même que le regard du grand photographe cerne et cadre la scène qui peut faire une image."
Michel Tournier qui a en horreur le "Connais-toi toi même" de Socrate, ne pouvait que détourner avec un grand sens de l’autodérision l’idée de journal intime. Journal extime, récit étranger à toute logique autobiographique, consigne le temps d’une année, des notes et des réflexions sur la vieillesse, la mort, l’amour, la nostalgie, l’état de son jardin et autres considérations prenant forme depuis un en dehors de soi. Ce qui intéresse Tournier, ce qui conditionne son désir d’écrire, c’est ce mouvement constant vers la découverte, la fiction, l’invention, vers une narration rendue possible au contact de choses inconnues de soi, observant une totale extériorité comme seule source réelle d’enrichissement et d’expériences passionnantes. Parution en poche. Ed. Gallimard Folio, 263 p, 7,10 euros.

Christian Bouyer, La Grande Mademoiselle : cousine de Louis XIV . De toutes les femmes qui ont marqué le XVIIe siècle, l’impétueuse Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, cousine de Louis XIV, occupe une place de choix. Richissime, exubérante, d’une intelligence redoutable, la Grande Mademoiselle, qu’elle prenne part à la Fronde contre le jeune roi ou qu’elle sème le désordre à la cour en s’éprenant du jeune Lauzun, ne se départit jamais de son tempérament rebelle. Cette personnalité hors du commun a poussé l’audace jusqu’à s’illustrer comme écrivain talentueux. Ses innombrables Mémoires, romans, portraits littéraires ou lettres sont autant de clefs pour décrypter la société de son temps. Ed.Pygmalion, 350 p, 19,90 euros.

Marguerite de Valois (reine de France), Mémoires . Présentation Yves Cazaux. Marguerite de Valois, plus connue sous le nom de la reine Margot, fille d’Henri II et de Catherine de Médicis, épouse du roi de Navarre futur Henri IV, était une femme d’esprit, belle et une amante passionnée. Ses Mémoires, présentés ici avec d’autres de ses écrits et une grande partie de sa correspondance, par l’éclairage qu’ils jettent sur la cour des Valois (intrigues, massacre de la Saint-Barthélémy...) sont considérés comme un des textes essentiels du XVIe siècle français. Nouvelle édition, Mercure de France, 7 euros.

Correspondances

Martin Doerry, À tout de suite les enfants . Traduction de l’allemand Bernard Kreiss. En 1926, tout semble sourire à Lilli et Ernst Jahn. Tous deux médecins, ils s’installent dans une petite ville près de Cassel, ouvrent un cabinet et fondent une famille de cinq enfants. Très vite leur destin s’obscurcit avec les lois nazies qui condamnent les mariages mixtes. Ernst, protestant, être faible et dépressif, se détourne de son épouse juive, n’hésitant pas à la mettre en danger par une demande de divorce en octobre 1942. En août 1943, Lilli est enfermée au camp de Breitenau puis déportée en mars 1944 pour Auschwitz.
En 1998, les filles de Lili découvrent dans le grenier de leur frère, les 250 lettres échangées avec leur mère entre 1943 et 1944. Martin Doerry, le petit-fils de Lilli, en articulant cette correspondance avec d’autres documents intimes, reconstitue l’histoire familiale et celle de l’Allemagne de cette période sombre. Ed. Albin Michel, 370 p, 19,50 euros.

Colette, Lettres à Tonton . La correspondance de 1942 à 1954, entre Colette et son "parfait ami" Gaston Baheux dit "Tonton de Montmartre", créateur de quelques-uns des plus fameux cabarets parisiens. Ed. Mille et une nuits, 112 p, 2,50 euros.

Couverture du livre Les amants de Venise d’Andrea Di Robilant.

Romans

Andrea Di Robilant, Les amants de Venise . Traduction Françoise Adelstain, Nathalie Bauer-Lechner. Dans un vieux palais familial de la ville des Doges, Andrea di Robilant découvre des lettres d’amour du XVIIIe siècle, traces d’une passion contrariée, interdite, entre son ancêtre Andrea Memmo, homme d’Etat vénitien et Giustiniana Wyne, jeune beauté d’origine anglaise. Ed. Plon, 306 p, 20 euros.

Couverture du livre Patrimonium : l’ombre du père de Gérard Imbert.

Gérard Imbert, Patrimonium : l’ombre du père . Sébastien Deschamps, philosophe né à Casablanca, entreprend un voyage au Maroc sur la piste d’un père lointain disparu avec son secret. Au cours de ce périple deux voix s’élèvent, deux parcours se mêlent, deux récits se superposent : les lettres du père témoignant de sa vie casablancaise et le journal du fils, double quête d’identité de la figure paternelle et de son identité propre. L’ombre du père ramène à la vie, à une histoire enfin reconstruite, celle d’une filiation acceptée. Ed. L’Harmattan, 281 p, 24 euros.

Couverture du livre de Laissez-moi de Marcelle Sauvageot.

Marcelle Sauvageot, Laissez-moi . En 1930, pendant le voyage en train qui la conduit au sanatorium, une jeune femme lit puis commente la lettre de rupture que lui a remise son amant. Directement inspiré de la vie de Marcelle Sauvageot (1900-1934), ce livre simple et émouvant est d’une intelligence aïgue sur la maladie, la vie, la mort, l’amour. Ed. Phébus, 112 p, 10 euros.

Essais

Enzo Traverso, La pensée dispersée : figures de l’exil judéo-allemand . De l’influence de l’exil sur l’oeuvre et les écrits épistolaires d’Arendt, Kracauer, Benjamin, Broch, Roth ou d’Adorno, ces grands penseurs judéo-allemands forcés de fuir la folie hitlérienne en 1933. Ed. Lignes-Manifestes : L.Scheer, 24 p, 17 euros.

Elisabeth Miso