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Hyvernaud et l’art du portrait

Journée d’étude du samedi 3 avril 2004

Photo portrait de Georges Hyvernaud.

Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud

Journée d’étude du samedi 3 avril 2004 à l’IMEC, 9 rue Bleue, 75009 Paris

Programme

Communications (de 20 minutes) et débats se succèderont selon l’horaire :

Matinée (9h-12h). Président de séance : Yves Ménager

Yves Ménager. Introduction. Le portrait littéraire. 1- Claude Herzfeld. Le portrait, façon Hyvernaud. 2- Benjamin Chinour. Étude comparée de deux entomologistes : Hyvernaud et La Bruyère. 3- Christan Pouillon. Portraits d’artistes.

Questions et débat.

Après-midi (14h-17h30). Président de séance : Guy Chaty

4- Jean-Charles Gaudy. Envers (et enfer) d’Hyvernaud. 5- Julien Michelot. Quand le portrait fait corps avec le récit. 6- Alain Trouvé. Le portrait et la tentation romanesque chez Georges Hyvernaud.

Questions et débat. Yves Ménager. Synthèse.

Renseignements et inscription (jusqu’au 18 mars) : Au siège de la Société : SLGH / Guy Durliat 39 avenue du général Leclerc 91370 Verrières-le-Buisson Par courriel : hyvernaud@netcourrier.com Voir aussi le site de la Société : www.slhyvernaud.org

Présentation des communications

Yves Ménager. Introduction : le portrait littéraire

Benjamin Chinour. Étude comparée de deux entomologistes : Hyvernaud et La Bruyère à travers « l’art de brosser un portrait » On s’attachera, d’abord, à l’utilisation et la finalité des représentations humaines (caricatures, stéréotypes), à leur place dans l’écriture puis à la mise en scène du « corps » (miroir ou pas de l’âme ?, réduit à une mécanique ?...) dans le but d’en dégager une conception de l’être humain en prise directe avec le monde qui l’entoure et l’époque qu’il traverse.

Jean-Charles Gaudy. Envers (et enfer) d’Hyvernaud En quatre petits volumes, Georges Hyvernaud nomme et présente pas moins de 150 personnages, qui sont autant de portraits le plus souvent évoqués en quelques lignes, voire par le seul énoncé mimologique de leur nom ? ou surnom. Portraits au premier abord singulièrement tranchés, mais qui paradoxalement vont se dissoudre dans le fonds commun de l’animalité, voire de l’organique. Au delà du « mépris » ou de la « revanche » d’un être blessé par les vulgarités de la captivité et de la promiscuité, ils en viennent à dessiner une sorte d’envers (et d’enfer) du narrateur, voire une négation de son être et de son oeuvre : car si les « visages ne signifient rien, les mots non plus », que reste-t-il d’un moi qui a voulu se définir et par « les autres » et par « les mots » ?

Claude Herzfeld. Le portrait, façon Hyvernaud Pour éviter la surcharge et la schématisation, il faudrait au portraitiste se référer à cette prétendue stabilité ontologique que les écrivains des années 50 remettent en question. Pour la mise en mots des traits de personnages inauthentiques, il faudra inventer une écriture qui fasse ressortir l’inanité de ces mots passe-partout destinés à dissimuler une absence de pensée. Pour convaincre, Georges Hyvernaud mise sur la communauté culturelle à laquelle ils appartiennent, lui et son lecteur, mais, bien qu’entré dans « l’ère du soupçon », l’écrivain reste un humaniste et il peint l’homme dans une société particulière, l’univers de l’oflag où l’être humain se dépouille de tout ce qui lui permet, ordinairement, de « porter beau ».

Julien Michelot. Quand le portait fait corps avec le récit Partant des liens existants entre l’écriture d’Hyvernaud et une esthétique de la fragmentation, il s’agit de montrer qu’une même volonté, quoique différente dans ses modes d ?expression et ses conclusions, sous-tend l’écriture des portraits : une sorte de prétention à l’universalité. Volonté d’améliorer l’homme chez les moralistes du XVIIème siècle, de lui dessiller les yeux chez Hyvernaud, le portrait répond à un parti pris d ?auteur qu’il convient de préciser. Balançant entre désenchantement réaliste et humour salvateur, le portrait ici n’est pas afféterie stylistique puisqu’il constitue un des moteurs de la narration.

Christian Pouillon. Georges Hyvernaud. Portraits d’artistes Bien sûr, quelques cinéastes et quelques bons faiseurs du spectacle théâtral... Beaucoup plus rarement les praticiens de ce que l’on appelait encore les « Beaux-Arts ». Pour autant que la littérature est un art, les artistes dont parle Hyvernaud sont avant tout ceux qui ont eu et ont affaire comme lui à la question de l’actualité du sens disposé dans les mots. Naguère sujets d’études et/ou compagnons de sensibilité et d’idées, écrivains tour à tour de la consolation et de la conscience du malheur plutôt qu’escaladeurs du Parnasse, romanciers, poètes et dramaturges sont convoqués dans l’urgence, et passent parfois aux profits et pertes de l’Histoire et d’une histoire personnelle, non sans quelques doutes, non sans quelque nostalgie, non sans quelque colère satirique, non sans quelque humour chez leur dessinateur verbal. Il en voit aussi paraître quelques uns dont la présence à la fois fraternelle et singulière compense le constat des grands et des petits décès. Un portrait renaissant se compose au bout du compte en traits aigus, celui d’un témoin individuel proche et distant, d’un créateur inquiet et désespérément responsable. Sur un fond d’engagement auprès des hommes ? Oui, si le terme ne devenait suspect par la faute des partisans ! Et si figure positive de l’artiste il y a malgré tout, elle n’est pas très loin chez Georges Hyvernaud de celle que trace Albert Camus dans tel Discours de Suède, de celle que revendiquent quelques moralistes des temps que nous vivons, fût-ce en la soumettant à leur recherche d’un intellectuel moderne.

Alain Trouvé. Le portrait et la tentation romanesque chez Georges Hyvernaud Le portrait est l’une des formes canoniques d’une littérature de moraliste, forme close portant sur le monde le regard d’un observateur critique. Il est aussi un topos de la littérature romanesque, et à ce titre un embrayeur de fiction. Il s’agirait de voir, à travers quelques exemples, quel est le degré de compatibilité de ces deux usages du portrait.