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Extraits choisis
Tout sera comme avant

 

Affiche du CD Tout sera comme avant avec titres

Tout sera comme avant, collectif. Variation autour d’un album de Dominique A. Editions Verticales, coll. Minimales 9 mars 2004 avec un CD de 9 titres, 240 p. 15 euros.

Pendant que les enfants jouent
Richard Morgiève

(...)Avec son humanité car c’est le mot qui nomme ce qu’elle ressent - ces contradictions douloureuses et qui peuvent sembler vaines mais ne le sont pas. Avec son corps et cette sensation de libération de liberté qui vient peu à peu en elle comme si d’être allée au bout de son corps la soulageait lui redonnait ce corps - qu’elle pouvait le réhabiter ou peut-être commencer à l’habiter à vivre réellement avec lui avec son corps ? Alors elle va - elle va se lever et puis peut-être. Peut-être oui c’est ça tout laver - laver toute la maison et sortir. Trouver les autres ou cet autre qu’elle veut - existe. Il existe - c’est sûr. Elle se lèvera mais là elle s’étire elle se dit encore une minute je vais en profiter - avec. Avec son corps pendant que les enfants jouent.


Tout sera comme avant Dominique Fabre

(...) J’ai couru vers les marches, il était bientôt une heure du matin. Tout sera comme avant, je me suis dit, un jour, je reviendrai ici et je n’en bougerai pas, je serai bien, la dernière rame arrivait juste à ce moment-là, comme si c’était fait exprès, et que c’était tout le trésor de ma vie que je ramenais chez moi, les livres du libraire et les punaises colorées de sa mère, mes copains polonais, l’immeuble les pieds dans l’eau et puis Manuella, le petit garçon qui surveillait les ombres de ses parents, tout ça ne pèse rien en somme, c’était pour toujours avec moi.


Bowling Brigitte Giraud

Cela se passe dans les Vosges. Cela ressemble à des vacances. Il y a mes parents, mon frère et moi. Il y a le ballon de Guebwiller, le lac de Gérardmer, celui de Longemer. Il y a de l’eau partout. Nous marchons dans les forêts, sur des tapis d’aiguilles de pins. Tout est sombre et profond. Quand nous gagnons les hauteurs, le vent siffle à nos oreilles. Ma mère veut que nous boutonnions nos vestes ; Le soir, nous nous installons à la table de la maison de vacances, avec d’autres familles. (...)


Le Fils d’un enfant Arno Bertina

(...) Nommer la mélancolie, la nostalgie, ce quelque chose qui frappe à l’extérieur contre la bogue, le deuil, tous les deuils, qui veulent entrer pour t’aider à sortir toi, prendre le large au lieu de tourner en rond, repassant plusieurs fois par jour devant ce miroir qui te renvoie toujours ce même visage, collé dessus, accroché, un de ces sourires de dépression. Et puis quelqu’un toque, tu finis par l’entendre, tu ouvres, laisses entrer le deuil dans ses habits plutôt comiques. Tu sais maintenant que c’est accepter de perdre et en même temps tu ne t’attendais pas à ces couleurs criardes, à cet air un peu ridicule, nettement décalé, ces prospectus que les poches de sa veste semblent vomir.

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