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Edito du 25 mars 2004

Rencontre avec Lidia jorge

"J’associe toujours l’acte d’écriture à quelque chose de chaleureux, de bon, au dialogue, à la possibilité de demander une réparation pour le monde et pour les rapports entre les gens". "Chaque livre correspond à un désir de briser le scandale, de mettre au jour, de ne pas tomber dans l’oubli". Lídia Jorge

A l’occasion de la sortie en France aux éditions Métailié du septième roman de Lídia Jorge, Le Vent qui siffle dans les grues, et de la réédition dans la collection Suites chez le même éditeur de La Couverture du Soldat, j’ai fait la connaissance de la romancière portugaise dont l’oeuvre exigeante, construite, fait entendre "la voix de ceux qui généralement n’ont pas la parole". Ce qui m’a le plus frappé c’est la clarté savoureuse et l’éloquence avec lesquelles elle exprime son goût pour la littérature, l’écriture et le travail de mémoire. Lídia Jorge écrit contre l’oubli, tente, par la fiction, d’appréhender le réel, de saisir une vérité et de rompre les silences. Elle met en scène des univers qui s’opposent, se déchirent. Á travers le destin d’une famille, dénonce les trahisons, la misère sociale, les mutations de la société portugaise ; parle du désir et de l’attente, de l’immobilisme et de l’être en exil. Á la fois attentive à ce qu’il y a de plus contemporain et de plus ancestral, Lídia Jorge rythme ses romans de références mythiques. D’une écriture qui se déploie en descriptions lyriques, elle tisse les destinées avec une intensité, une mélodie singulière, mêlant la forme épistolaire à la narration.

Nathalie Jungerman