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Entretien avec Nicolas de Crécy. Propos recueillis par Nathalie Jungerman

 

Couverture du livre Cafés moulus. Né en 1966, Alph’Art du meilleur album à Angoulême pour Léon la Came (Casterman), grand prix de l’École de l’Image en 2001, Nicolas de Crécy est l’auteur de Prosopopus (Dupuis, 2003), du Bibendum céleste (Humanoïdes Assocciés), de Monsieur Fruit (Seuil), etc.

Cafés moulus fait partie d’une nouvelle collection de livres aux éditions Verticales qui s’articule autour de textes et d’images. Pour cet ouvrage, vous êtes à la fois dessinateur et écrivain. Est-ce que vous avez mené de front l’image et l’écriture ?

Nicolas de Crécy : J’ai dessiné une quinzaine d’images en premier lieu, et comme à chaque image que je dessine, une histoire se crée simultanément dans ma tête, de manière assez naturelle. Le dessin a toujours été pour moi, dès l’enfance, un moyen de voyager et de raconter (d’abord à moi-même) des histoires. C’est la première fois que j’ai concrétisé cette tendance : aller plus loin par l’écrit que ce que m’évoquait l’ambiance mis en place par le pinceau. Le but étant que les textes ne soient pas redondants par rapport aux images, que le dessin soit un point de départ. Certains textes de cafés moulus sont nés sans dessin préalable, et cela a été de plus en plus fréquent au fur et à mesure que j’avançais.

En quoi le format, différent de vos albums précédents, a transformé votre méthode de travail ?

Nicolas de Crécy : C’est un format à l’italienne relativement classique, que j’ai utilisé déjà pour des illustrations de livre Jeunesse, parce que je le trouve justifié dans un rapport texte-image. Je me sens à l’aise dans ce format, qui permet un cadrage "cinématographique", et un cheminement visuel dans le sens de la lecture -gauche-droite- entraînant une narration au sein de l’image.
C’est une manière aussi de se dégager du format habituel des cases de bandes dessinées.

Vous campez des personnages décadents, des rencontres, des situations drôles et sordides qui se passent essentiellement dans des bars. Pourquoi cet univers ?

Nicolas de Crécy : Quels décors permettent une galeries de portraits ? Les lieux publics, la rue, le métro... J’aurais pu choisir différent thèmes, celui des cafés est intuitif, il m’a semblé évident, c’est comme une scène de théâtre où n’importe quel acteur peut être invité.

Quant aux dessins, ce parti pris du noir et blanc ?

Nicolas de Crécy : Le noir et blanc m’intéresse, esthétiquement, les plus beaux films sont en noir et blanc. Cela permet d’aller à l’essentiel, de jouer sur les contrastes, de développer une lumière franche, une ambiance particulière. Par envie et souci de recherche, je me suis amusé à faire une version couleur des images, mais pour une question de coût, et de cohérence par rapport au texte, il était plus judicieux de sortir le livre en noir et blanc.

Une histoire, Lettre au père, est écrite sous la forme épistolaire. Pourquoi avoir choisi ce mode d’écriture ?

Nicolas de Crécy : Il vient d’un dessin mettant en scène un super-héros obligé de faire la plonge dans un restaurant crasseux, entouré d’autres super-héros pitoyables. Je voulais faire comprendre qu’il s’agissait du fils de Superman, déçu d’une situation terrestre que son père lui avait fait miroiter. Une lettre était le moyen le plus amusant d’y parvenir, en même temps qu’une révérence discrète à la "lettre au père" de Kafka.

Quels sont vos projets de publications ?

Nicolas de Crécy : -Un livre sous la même forme, texte-image, en couleur, 40 portraits -textes courts- de 40 personnages étranges.
-  Une bande dessinée jeunesse mettant en scène un garagiste amoureux qui vole des pièces mécaniques pour rejoindre sa belle en fabricant un véhicule extraordinaire.
-  Un livre texte-image sur une mégapole imaginaire (New-york-sur-loire)
-  Un journal dessiné relatant mes différents voyages.
-  Un livre comportant cent dessins à la plume, sans texte ni narration.
-  Un roman.

Nicolas de Crécy : Bibliographie

Prosopopus Dupuis, 2003

Monographie Éditions de l’an 02, 2003

Lisbonne, voyage imaginaire Texte de Raphaël Meltz, Casterman, 2002

Le Roi de la piste PMJ, 001

Plaisir de myope Cornélius, 1999

La Nuit du grand méchand loup Texte de Rascal. Pastel, 1998

Léon la came Scénario de Sylvain Chomet 3 tomes, Casterman, 1995. 1997. 1998

Monsieur fruit 2 tomes, seuil, 1995. 1996

Le Bibendum céleste 3 tomes, Les Humanoïdes associés, 1994. 1999. 2002

Foligatto Scénario d’Alexio Tjoyas Les Humanoïdes associés, 1991

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