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Prix Wepler Fondation La Poste 2004

 

Couverture du livre  Daewoo de François Bon.

En présence de Jean-Paul Bailly, Président du Groupe La Poste et du maire de Paris, Bertrand Delanoë, le Prix Wepler-Fondation La Poste 2004 (10 000 euros) a été attribué, lundi 15 novembre 2004, à François Bon pour Daewoo paru aux éditions Fayard et la mention spéciale (3 000 euros) a été décernée à Jean-Louis Magnan pour Anti-Liban aux éditions Verticales.

François Bon
Daewoo
, éditions Fayard

François Bon, est né en 1953, en Vendée. Après des études dans une école d’ingénieur à dominante mécanique (Arts et Métiers),il travaille plusieurs années dans l’industrie aérospatiale et nucléaire, en France et à l’étranger (Moscou, Prague, Bombay, Göteborg, etc.). Il publie en 1982 aux éditions de Minuit son premier livre (Sortie d’Usine) et se consacre depuis lors à la littérature. Lauréat en 1984-1985 de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis). Mène depuis 1991 une recherche continue dans le domaine des ateliers d’écriture et la formation à l’usage de l’écriture créative. Collabore régulièrement avec différents théâtres (Quatre avec le mort à la Comédie Française en octobre 2002, Daewoo à Avignon en 2004). Traduit en allemand, danois, suédois, chinois, néerlandais, anglais, coréen et japonais. Derniers livres publiés : Mécanique (Verdier, 2001) et Rolling Stones, une biographie (Fayard, 2002), Daewoo (Fayard, 2004). A fondé en 1997 remue.net, site internet de littérature.

Extrait

La Lorraine. Dans le paysage de fer et d’acier ravagé par la crise de la sidérurgie, l’implantation à coups de subventions publiques de trois usines du groupe coréen Daewoo, fours à micro-ondes, téléviseurs.
Entre septembre 2002 et janvier 2003, fermeture brutale des trois usines, dont une sera incendiée. Pourtant, la première fois que j’entre à Fameck dans l’usine vide, vendue aux enchères, aucune trace de cette violence sociale qui a jeté sur le pavé 1200 personnes, des femmes surtout.
Au cours de mes visites, j’en rencontrerai bien sûr. Des voix toutes chargées d’émotion, la violence du travail à la chaîne, et la violence ensuite des luttes. Comment affronter maintenant le quotidien vide, et ce qu’il en est pour les enfants, pour le temps, pour sa propre idée de la vie ?
Ces récits entendus, les transcrire ne suffit pas : il faut raconter, reconstruire, la cellule de reclassement, les appartements où vous êtes reçu et le supermarché. Ce qui est proposé comme nouvelles figures du travail ? Centres d’appels, marché du chien.
Il faut aussi entrer dans les silences. On vous parle d’une qui n’est plus.
Ce n’est pas un livre prémédité : il s’agissait au départ de jouer, ici même, une pièce de théâtre. Et puis, à cause des visages, pour la densité des mots en partage, je décide d ?écrire. Si les ouvrières n’ont plus leur place nulle part, que le roman soit mémoire.
F.B.

© Librairie Arthème Fayard, 2004
Parution : 2004, 312 pages
18.00 euros


Couverture du livre Anti-Liban de Jean-Louis Magnan.

Jean-Louis Magnan
Anti-Liban
, éditions Verticales

Jean-Louis Magnan est né en 1970 à Boulogne-Billancourt. Anti-Liban est son premier roman.

Anti-Liban - comme son titre l’indique pour mieux le démentir - ancre sa narration dans cette plaque tournante géographique et culturelle qu’est le Liban. Le narrateur va chercher à Beyrouth, ville reliftée après quinze ans de guerre civile, la pièce manquante d’un puzzle identitaire. Il part sur les traces de Jean, ce "trop jeune homme" qu’il a été quelques années plus tôt, et "qu’on a voulu prématurément vieillir".

L’auteur s’impose une règle du jeu orientale, inspirée du principe narratif des Mille et Une Nuits : "Ne se souvenant plus de rien, je peux enfin inventer les raisons de mon histoire, et différer la loi cruelle que je me suis faite : me suicider à la fin du livre." Autrement dit, s’imbriquent au fil des pages une multitude d’histoires - adages, fables, notes fragmentaires, digressions savantes, légendes guerrières, évocations oniriques et imbroglio amoureux ’, qui permettent de retarder une mort annoncée ; non pas celle de Schéhérazade par le Sultan, mais celle du personnage-narrateur, rattrapé par les passifs de son passé sans fin. Cet ultimatum, aussi tragique que délibérément ludique, confère au livre entier un suspense émotionnel qui joue avec le lecteur à la roulette russe du souvenir.

© Verticales
Parution : septembre 2004, 252 pages 16.00 euros

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