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Napoléon Bonaparte.
Portrait, par Corinne Amar

édition du 12 novembre 2004

 

Tableau d’Antoine-Jean Gros représentant  Le général Bonaparte au pont d’Arcole

Le général Bonaparte au pont d’Arcole, 17 novembre 1796 Antoine-Jean Gros (Baron) (1771-1835) Versailles, musée national du château. Huile sur toile

Général couvert de gloire à trente ans, Premier consul (1800-1804), puis empereur des Français (1804-1815), Napoléon Bonaparte (1769- 1821) appartient à l’imaginaire de l’humanité. Dieu ou imposteur, ogre ou sauveur, Prométhée ou despote, responsable de l’irréversible déclin français au sommet de la gloire nationale, homme des Lumières et conquérant, stabilisateur de la Révolution et créateur de la France centralisée, stratège génial aux défaites gigantesques (retraite de Russie, débâcle diplomatique du Congrès de Vienne, défaite définitive de Waterloo ?), il n’en demeure pas moins un mythe vivant, héros de la plus grande épopée des temps modernes, personnage au destin exceptionnel, qui se confond avec l’histoire de l’Europe qu’il a façonnée en un Empire.

Louis Napoleone di Buonaparte naît le 15 août 1769 à Ajaccio, un an après le rachat de la Corse par Louis XV à la république de Gênes. Il est le deuxième fils d’une famille de treize enfants, petite noblesse corse d’origine génoise (colons installés en Corse depuis 1492). Son père, Carlo Maria Buonaparte, renommé Charles à la suite du rattachement à la France, avocat, a lutté pour l’indépendance de la Corse contre les troupes royales au côté de Pasquale Paoli jusqu’à la défaite décisive de Ponte Nuovo. Enfant turbulent, querelleur et orgueilleux, "Corse de caractère et de nation", il n’admet pas l’annexion de son île pour quelques millions à la France. En 1779, il est admis à l’école militaire de Brienne. Il y restera jusqu’en 1784. Solitaire, studieux, il y apprend le métier de soldat et affirme son caractère farouche d’insulaire. Doué pour les mathématiques, il n’en dévore pas moins des traités d’art militaire, lit les philosophes (particulièrement Rousseau, Montesquieu, Voltaire) et les grands penseurs politiques (dont Mirabeau et Necker). Promu officier en 1787, il s’enthousiasme pour la Révolution, d’autant plus que le mouvement révolutionnaire peut servir ses ambitions : l’abolition des privilèges, la nuit du 4 août 1789, annule le décret cantonnant les petits nobles au rang de cadre inférieur de l’armée, lui ouvrant ainsi toutes grandes les portes de la carrière militaire. Dans un premier temps, ses ambitions se concentrent sur son île natale. Il séjourne souvent en Corse et cherche à attirer l’attention de Paoli, mais les Paolistes ne veulent pas de lui. En juin 1793, alors qu’ils se battent pour l’indépendance de la Corse sous mandat anglais, les Paolistes pillent, mettent en fuite les Français ainsi que la maison familiale d’Ajaccio. Napoléon débarque avec sa famille à Toulon, se rallie définitivement à la France et à la République, gagne ses galons de capitaine, prend cause pour les Jacobins, se défiant des masses populaires qu’il a vues à l’oeuvre à Paris en 1792 (lors de la prise des Tuileries), est nommé chef d’artillerie et affecté au siège de Toulon qui s’est livrée aux Anglais. Il sait mettre en avant son sens de la science, de la bravoure, du stratège : il fait judicieusement tonner ses canons, contribuant à la prise de Toulon le 17 décembre 1793. "Récompensez ce jeune homme, car si on est ingrat envers lui, il s’avancera de lui-même", déclare Dugommier, général en chef lors de la prise de Toulon. Alors que sa légende, déjà, se construit, il rencontre Joséphine de Beauharnais, une créole veuve d’un général guillotiné et mère de deux enfants, qu’il épouse le 9 mars 1796, sans cérémonie religieuse, et se voit confier l’armée d’Italie, alors moribonde. En avril 1797, il défait les armées italo-autrichiennes, et acquiert le rang de héros national, confirmé par la campagne d’Égypte en 1798. En 1799, il participe avec Sieyès au coup d’État du 18 Brumaire, puis devient Premier consul. Fort de pouvoirs absolus, il entreprend de réformer le pays (1800 : corps préfectoral, Banque de France ; 1801 : Concordat ; 1802 : développement de l’enseignement public ; 1803 : franc germinal ; 1804 : Code civil - appelé également code Napoléon à partir de 1807). En même temps qu’il valorise le mérite civil et militaire, favorise une bourgeoisie dont il cherche à obtenir le soutien, il prolonge la confiscation des libertés politiques, rétablit la censure à l’encontre de la presse, réduit l’opposition en développant une surveillance policière efficace et continue, réorganise la sécurité intérieure du pays, en confiant la Sûreté à Fouché. Il se fait sacrer Empereur par Pie VII, le 2 décembre 1804, à Notre-Dame de Paris. En avril 1810, après avoir divorcé de l’impératrice Joséphine qui ne lui a pas donné d’enfant, il épouse la fille de l’empereur d’Autriche, Marie-Louise. En s’alliant aux Habsbourg, il espère légitimer sa dynastie et particulièrement son fils, François- Charles -Joseph, le jeune roi de Rome qui naît en 1811. Cette naissance marquera deux ans de paix relative où l’Empire connaîtra son apogée géographique. Les coalitions se succèdent alors pour briser son hégémonie. La Grande Armée tient bon (Austerlitz en 1805 ; Wagram en 1809) jusqu’à la fatale campagne de Russie en 1812. Affaibli, déchu, Napoléon Ier est acculé à l’abdication le 6 avril 1814. Les Alliés lui concèdent alors, comme seul royaume, l’île d’Elbe en Méditerranée, où il s’exile avec quelques fidèles après un dernier adieu à son armée. Marie-Louise et son fils, l’Aiglon, sont confiés à la garde de l’empereur d’Autriche. Napoléon ne tarde pas à trouver son île bien étroite et s’en échappe. Mais les coalisés, alors réunis en congrès à Vienne, déclarent l’Empereur hors la loi et décident de marcher sur la France. Á Waterloo, le 18 juin 1815, il est vaincu par les armées de Wellington. Il est contraint d’abdiquer une nouvelle fois, le 22 juin, et la prodigieuse aventure est bien finie. Il part en exil forcé sur l’île anglaise de Sainte-Hélène, "tombeau du Titan", battue par les vents au sud de l’océan Atlantique, où il passera les six dernières années de sa captivité avec quelques fidèles, dont Emmanuel de Las Cases, à qui il dictera le Mémorial de Sainte-Hélène. Il meurt le 5 mai 1821.

Sur la demande du roi Louis-Philippe, les cendres de l’Empereur sont restituées par les Anglais à la France en 1840, et déposées aux Invalides, où elles demeurent depuis.

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