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Lettres choisies
Napoléon Bonaparte

édition du 12 novembre 2004

 

Lettre manuscrite de Napoléon Bonaparte au ministre des Relations extérieures.

Lettre de Napoléon Bonaparte au ministre des Relations extérieures, le 7 septembre 1807 © Fondation Napoléon

317 - Á Joseph Bonaparte (frère aîné de Napoléon)

12 thermidor an III [30 juillet 1795]

Tu recevras ci-joint le passeport que tu demandes puisque tu as eu l’esprit de perdre le tien. Tu recevras demain une lettre de la commission des relations extérieures au ministre à Gênes où tu es recommandé et où il est prié de te donner l’assistance nécessaire pour tes affaires. Tu as dû recevoir une de Fréron qui te recommande à Villars ? Ansi voilà sur ce point tes v ?ux remplis. Lucien s’est fait arrêter. Un courrier qui part demain porte l’ordre du comité de sûreté générale de le mettre en liberté. Je remplirai tous tes désirs : de la patience et du temps. Je n’ai point eu de lettres de Désirée. La paix avec l’Espagne rend la guerre offensive et pleinement infaillible. L’on discute le plan que j’ai proposé qui sera infailliblement adopté. Si je vais à Nice, nous nous verrons et avec Désirée aussi ? Je n’attends que ta réponse que tu auras faite à l’affaire du café pour t’acheter une terre. Tu pourrais un peu m’écrire avec plus de détails sur Mlle Eugénie. L’on dirait que tu affectes de ne pas mieux parler. Il faut cependant dans la position des choses que je sache bien positivement à quoi m’en tenir. (...) Il n’a pas encore fait chaud ici mais les moissons sont aussi belles qu’il est possible de l’imaginer. Tout va bien, l’on est ici tranquille. Ce grand peuple s’adonne aux plaisirs. Danser, aller aux spectacles, faire des parties à la campagne et faire la cour aux femmes qui sont ici les plus belles du monde est la grande occupation et la grande affaire. Le luxe, l’aisance, le théâtre ; tout a repris. L’on ne se souvient de la Terreur que comme un rêve. La nouvelle de la belle victoire de Quiberon et de la paix avec l’Espagne changent en un instant la nature de nos affaires. Adieu mon ami. Mes compliments à ton beau-frère, à ta femme et quelque chose à Mlle Eugénie qui ne pense plus aux habitants de la Seine. Nous valons cependant bien les Genois et messieurs les italiens. Poultier n’ayant point son cachet chez lui, il ne pourra me donner ton passeport que ce soir. Je te l’enverrai demain.


783 - Á Joséphine

29 messidor an IV [17 juillet 1796] à 2 heures après-midi Marmirolo

Je reçois ta lettre, mon adorable amie ; elle a rempli mon c ?ur de joie. Je te suis obligé de la peine que tu as prise de me donner de tes nouvelles. Ta santé doit être meilleure aujourd’hui, je suis sûr que tu es guérie. Je t’engage fort à monter à cheval, cela ne peut pas manquer de te faire du bien. Je ne crois pas que tu doives faire d’autre remède que ce qui pourrait te faire venir tes règles, ta douleur vient de là, et, quand on connaît la cause de son mal, les remèdes doivent être en conséquence. Depuis que je t’ai quitté, j’ai toujours été triste. Mon bonheur est d’être près de toi. Quelles nuits, ma bonne amie, que celles que je passe dans tes bras ! Sans cesse je repasse dans la mémoire le souvenir de tout ce que nous avons fait, tes baisers, tes larmes, ton aimable jalousie, et les charmes de l’incomparable Joséphine rallument sans cesse une flamme vive et brûlante dans mon coeur et dans mes sens . Quand, libre de toute inquiétude, de toute affaire, pourrais-je passer tous mes instants près de toi, n’avoir qu’à t’aimer et ne penser qu’au bonheur de te le dire, de te le prouver ? Je t’enverrai ton cheval mais j’espère que tu pourras bientôt me rejoindre. Je croyais t’aimer il y a quelques jours, mais depuis que je t’ai vue, je sens que je t’aime mille fois [plus]encore. Depuis que je te connais, je t’adore tous les jours davantage, cela prouve bien combien la maxime de La Bruyère que l’amour vient tout d’un coup est fausse. (...)


2146 - Á Haller, administrateur des finances de l’armée d’Italie

15 vendémiaire an VI [6 octobre 1797] Quartier général, Passariano

Les négociations sont à peu près rompues : MM. Les Autrichiens veulent trop avoir. Voyez à nous envoyer, en toute diligence, de l’argent ; nous en avons le plus grand besoin ; puisez dans tous les coffres et prenez toutes les mesures ; mais il faut que nous en ayons sur-le-champ : dans douze jours, nous serons en pleine campagne. Voyez les Brescians : je leur demande un million ; s’ils pouvaient nous le donner tout de suite, cela serait très bon ; Dites, tant à eux qu’aux Cisalpins, que, si on ne vient pas à notre secours, je les camperai là, et je ferai la paix sans eux. Vous sentez combien il est nécessaire que le soldat et les officiers aient le prêt payé avant d’entrer en campagne, et que j’aie 4 à 500 000 francs en or à ma disposition, et autant à celle de l’ordonnateur. Rendez-vous, je vous prie, à l’endroit où l’on fabrique des boutons, et sachez me dire où on en est ; toute l’armée est encore nue, parce que les boutons ne sont pas faits. Enfin, voyez à me rendre un compte exact de tout ce que je puis espérer, et à faire partir, en toute diligence, pour Palma Nova tout ce qu’il sera possible d’envoyer.

Bonaparte

P.S. De l’argent, de l’argent, de l’argent !

Correspondance générale de Napoléon Bonaparte (Fondation Napoléon. Tome premier. Les Apprentissages 1784-1797. Éd. Fayard)

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