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Entretien avec Serge Fauchereau.
Propos recueillis par Nathalie Jungerman

édition du 20 décembre 2004

 

Couverture du livre Bruno Schulz, La république des rêves.

BRUNO SCHULZ, LA RÉPUBLIQUE DES RÊVES Ouvrage collectif de Serge Fauchereau, Jerzy Jarzebski, Irena Kossowska, Georges Lisowski, Jacques Sojcher, Jerzy Ficowski, Pierre Pachet, Artur Sandauer, Bohdan Budurowycz, Henri Lewi, Isaac Bashevis Singer, Maurice Nadeau, Stanislaw Ignacy Witkiewicz et de Marc Sagnol . Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition Bruno Schulz, La République des rêves au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme 224 pages, 128 illustrations. Albums et Beaux Livres, Denoël, 21 octobre 2004. 35,00 euros

Couverture du livre BRUNO SCHULZ, LE LIVRE IDOLÂTRE

BRUNO SCHULZ, LE LIVRE IDOLÂTRE Présenté par Serge Fauchereau 224 pages, 87 illustrations. Albums et Beaux Livres, Denoël, octobre 2004, 40,00 euros

Après avoir été professeur de littérature américaine aux universités de New York puis du Texas, à Austin, Serge Fauchereau a été commissaire d’expositions internationales au Centre Pompidou à Paris (expositions Paris-New York, Paris-Berlin, Paris-Moscou, les réalismes, etc.) et d’autres institutions comme le palazzo Grassi à Venise (Futurismo et Futurismi), la Kunsthalle de Bonn (Europa-Europa), la Tate Modern de Londres (Century City). Actuellement il est commissaire de trois expositions : Rétrospective de Bruno Schulz au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris, Mexique-Europe au Musée d’Art Moderne de Lille-Villeneuve d’Ascq, rétrospective de German Cueto au Musée national Reina Sofia à Madrid.

L’oeuvre de Bruno Schulz est exposée depuis le 13 octobre au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme et vient de faire l’objet de plusieurs publications...

L’histoire de ces publications est la suivante : en 2001, j’ai remis aux éditions Denoël mon manuscrit que j’avais centré sur Le Livre idolâtre, la première publication de Schulz qui est un recueil de dessins, une suite de gravures très scrupuleusement légendées. Le récit que suppose Le Livre idolâtre a peut-être été commencé mais n’a jamais été achevé. J’avais donc remis ce texte quand, à ce moment-là, s’est engagée une discussion avec les ayants droit de Bruno Schulz. Des parents en Allemagne qui n’ont d’ailleurs pas connu l’auteur et dont on n’avait pas entendu parler auparavant, se sont manifestés tout à coup. J’ouvre une parenthèse pour dire la difficulté à publier des livres de recherche illustrés avec des reproductions d’art. Il y a une sorte de ponction légale obligatoire faite par l’ADAGP au nom de ces ayants droit qui rançonnent toute personne qui veut reproduire l’oeuvre d’un artiste. Je trouve tout à fait discutable d’être obligé de payer aujourd’hui un prix exorbitant à je ne sais qui, peut-être à quelques fonctionnaires de l’ADAGP à propos de Juan Gris par exemple, qui est mort en 1929, sans enfants. Lorsqu’il s’agit de faire un très gros tirage pour grand public, ce n’est pas trop coûteux mais pour un tirage à 2000 exemplaires, c’est terrible et ça pénalise surtout les chercheurs. Il arrive aussi qu’on s’entende très bien avec les héritiers, comme par exemple avec la famille Chaissac, et c’est pour le plus grand bien de l’oeuvre. Donc, il a fallu résoudre ce problème avec les ayants droit de Schulz, et la publication du livre a été retardée.
Entre temps, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme, en la personne de Nathalie Hazan-Brunet, m’a proposé de faire une exposition Bruno Schulz dans ses murs.

Quelles ont été les modalités de cette nouvelle exposition ?

Il nous a semblé, à Nathalie Hazan-Brunet et moi-même, que plutôt que de faire une rétrospective où l’on rassemble le maximum de pièces, il valait mieux présenter une réflexion dans laquelle on mettrait en rapport l’écriture et la peinture qui selon moi sont intimement liées dans tout le travail de Schulz. C’est dans ce sens que j’avais travaillé pour la publication du Livre idolâtre, dans laquelle je me fondais sur ce que Schulz a développé dans ses deux ouvrages suivants et dans son oeuvre graphique, c’est-à-dire toute une thématique concernant les relations hommes/femmes et garçonnets/petites filles. Mais bien entendu, une exposition et un livre sont deux choses complètement différentes. Une exposition est destinée à tous les publics et je n’ai pas voulu exposer certains dessins scabreux ou sado-masochistes qui sont reproduits dans le Livre idolâtre.
Alors que Le Livre idolâtre, l’exposition et le catalogue établi avec des collaborateurs français et étrangers, étaient engagés, Olivier Rubinstein et Philippe Garnier ont décidé de faire des oeuvres complètes. Schulz est un auteur assez peu connu, et à ma grande surprise, au bout d’un mois, il a fallu réimprimer cet ouvrage. Tous les textes étaient déjà presque traduits et il suffisait surtout de mettre de l’ordre. Au fil des dizaines d’années pendant lesquelles l’oeuvre de Schulz a été publiée en France, les textes s’étaient un peu dispersés. Il y avait, par exemple, un chapitre d’un des deux livres qui avait été publié à part ; je l’ai donc réinséré au bon endroit. J’ai classé et réuni selon leur genre, les différents écrits : récits, essais littéraires, correspondance.

À propos des gravures, Schulz a employé la technique du cliché-verre...

En effet, et ce procédé est presque aussi ancien que la photographie. Il n’a été pratiqué que par des artistes à la fois intéressés par le dessin et par la photographie, parmi les plus illustres, Corot, Delacroix, Man Ray. Il s’agit de dessiner avec une aiguille dans une couche de gélatine noire couvrant une plaque de verre, ensuite le procédé est celui des tirages photographiques, on la place sur un papier photosensible ; on développe, on lave et on fixe. Dans une lettre de 1934, Schulz décrit cette méthode qu’il trouve onéreuse et "laborieuse".

Couverture du livre Bruno Schulz de Jerzy Ficowski

Schulz a eu une correspondance très abondante mais de nombreuses lettres ont disparu. Dans son livre, Jerzy Ficowski raconte notamment les péripéties de la correspondance...

Ficowski est un homme extrêmement méritant parce qu’il a consacré une grande partie de son travail littéraire à rassembler tout ce qu’il pouvait trouver sur Schulz. En particulier cette correspondance qui était dispersée un peu partout et aussi des textes retrouvés dans des revues momentanément oubliées. Ce qui ne veut pas dire que tout ce qui existe a été rassemblé. Peut-être retrouvera t-on dans les années futures une lettre par-ci, une lettre par-là. Par contre, les textes publiés ont tous été récupérés. Quant aux textes perdus, il est possible qu’on en retrouve mais ni Ficowski ni moi-même ne le croyons parce que ce qui n’a pas disparu sous les bombardements, les pogroms, les massacres, les guerres différentes et les changements de régimes politiques a quelquefois été caché ou détruit par crainte ou par ignorance. Ceci dit, il ne faut jamais désespérer puisque l’unique peinture que nous possédons, La Rencontre, a été retrouvée en 1992.
Aussi, il y a un peu plus de deux ans, des scènes peintes sur les murs d’une chambre d’enfant ont été dégagées de la chaux. Découverte par un cinéaste allemand dans une ancienne maison de Drohobycz, ville natale de Bruno Schulz, cette fresque n’était pas reconnue de Schulz car il l’avait effectuée sous la contrainte d’un nazi, pour sauver sa peau en échange de nourriture. Ces scènes sont tout de même extrêmement intéressantes ; on discerne sans aucun doute sa façon de dessiner, sa thématique, le petit garçon et la petite fille sur un socle, la sorcière, le chat...
Comme si le malheur poursuivait l’artiste, la fresque a malheureusement été démembrée, une partie est restée en Ukraine, et une autre a été emportée par des conservateurs israéliens.

Lors de ma visite de l’exposition "La République des rêves", (je n’avais pas encore lu vos textes concernant Le livre idolâtre), j’ai spontanément pensé à Balthus, non pour tenter de comprendre une quelconque influence de l’un sur l’autre, mais j’ai été immédiatement frappée par la densité des compositions graphiques de Schulz où comme chez Balthus, la fixation du geste, le mouvement en suspens y confèrent une atmosphère étrange et théâtrale...

Balthus et Schulz sont tous les deux complètement inclassables. La Pologne des années vingt et trente est en pleine période abstraite. C’est le moment où sous l’impulsion de Malevitch se crée l’unisme polonais, Stazewski, Strzeminski, Katarzyna Kobro qui sont absolument radicaux et qui sont exposés en ce moment à la galerie Denise René. Schulz, lui, reste obstinément attaché à la figuration, à sa figuration, tout juste peut-être influencé par le cinéma expressionniste allemand qu’il connaissait bien. Quant à Balthus, c’est la même démarche, il compose des scènes un peu paradoxales, un peu figées alors qu’il travaille en France, éventuellement en Italie, dans ces pays où l’avant-garde, c’est-à-dire le surréalisme, mène grand tapage et mobilise toute l’attention ; où Picasso et Matisse sont les maîtres absolus de la peinture. Un autre point commun entre Balthus et Schulz est que tous les deux nous mettent dans la position de voyeurs, nous obligent à être devant des scènes que nous ne devrions pas voir.
Des gens sont seuls, dans leur intimité, des fillettes se vautrent sur des fauteuils, des scènes rituelles se déroulent entre un homme et une femme, entre un petit garçon et une petite fille qui ne se savent pas observés... Par exemple, sur la couverture du Livre idolâtre, il y a une femme avec un fouet ; un homme qui se traîne devant elle, lui baise le pied ou sa chaussure à talon haut. J’ai trouvé chez Robert Walser une explication de ces relations homme / femme. Selon lui, il n’y a pas d’humiliation dans ce genre de situation. Le héros de Walser souhaite comme un renversement de statut social et dit que c’est sa façon de rejoindre la femme. Ce sont des scènes particulières qu’il n’est possible de comprendre que de l’intérieur. Si la petite fille s’amuse à être désagréable avec le gamin, l’observe ou fait semblant de ne pas le voir, c’est leur jeu. Quand le petit Joseph voit pour la première fois cette merveilleuse Bianca qui mange un baba au rhum dans la pâtisserie (la pâtisserie, les sucreries comptent beaucoup chez Schulz), elle ne le regarde pas mais elle l’a vu. Il y a aussi chez Balthus, cette sorte de pseudo froideur, cette indifférence calculée, avec un feu intérieur. Il se passe des choses qui ne nous regardent pas. Nous sommes là en effraction. C’est pourquoi, dans la scénographie de l’exposition, nous avons souhaité que le spectateur se trouve un peu seul devant les oeuvres. Et le Livre idolâtre, c’est à regarder chacun pour soi, en voyeur.

Cette thématique de l’enfance qui se retrouve chez Bruno Schulz aussi bien dans ses dessins que dans ses textes...

Toute la cohérence tient de l’enfance. Ce qui m’a toujours fasciné chez Schulz, c’est que le monde entier est regardé avec des yeux d’enfant. C’est-à-dire des yeux qui ne sont pas encore domestiqués, bridés par l’éducation et par la société. Selon lui, l’enfance est le moment où l’être est complet, en pleine capacité de passion, de son imagination et de l’acuité de son regard. Il y a une fraîcheur, une nouveauté, une sorte d’innocence qui peut être cruelle aussi. Par exemple, le gamin trouve naturel et merveilleux de regarder son père. Ce père dont il parle souvent, qui est totalement fou, qui fait des choses extraordinaires. Si le père fait des discours invraisemblables sur les mannequins qui, selon lui, sont mieux que les hommes à des petites couturières qui se laissent délicieusement retirer leurs bas, cela n’est pas surprenant pour l’enfant. Le père se transforme en oiseau, mais c’est volontaire ; se transforme en écrevisse que la mère va faire cuire et qu’on va manger à table, mais ce n’est pas grave, parce qu’on est dans un monde d’enfant. Tout est réversible, un retour à la normale est toujours possible au contraire de Kafka. Chez Kafka, c’est un grand malheur s’il arrive quelque chose. Grégoire Samsa se métamorphose en cafard, il est aussitôt rejeté par sa famille. Blessé, il meurt dans d’atroces souffrances. De même, le personnage du Procès est persécuté pendant des centaines de pages, ne comprend pas ce qui lui arrive, est bousculé par les événements et plus tard, exécuté comme un chien. Chez Schulz, ce n’est jamais ainsi. Le père transformé en oiseau va redevenir un père ; transformé en écrevisse, il sera mangé, mais il reviendra. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Il s’agit du monde des transformations, des citrouilles, de Cendrillon ? Dans sa correspondance, Schulz fait plusieurs fois mention de son intérêt pour les livres d’enfants. Quant à Balthus pour qui l’enfance est le "paradis perdu", il dira "j’ai fait de mon enfance et de mon adolescence un trésor où j’ai puisé beaucoup de mes thèmes". Mais Schulz, plus généreux, voudrait en faire profiter le plus grand nombre et instaurer une "République des rêves".

Et ces figures mystérieuses, hybrides, créatures de cirque, hommes-animaux, machines...

Les hommes peuvent se transformer en animaux. Par exemple, l’essence du canin, explique Schulz, ce n’est pas une forme, ça peut être un chien ou un homme. On va facilement du chien à l’homme et de l’homme au chien. Joseph a peur d’un chien féroce, finit par s’en approcher, défait son collier, et ce chien agressif se révèle être relieur de son état ; mais il va peut-être redevenir chien après, il est d’ailleurs préférable de le laisser tranquille ! On est dans la féerie pour adultes. Tout est mobile, les événements conduisent également les objets à se transformer. Rappelez-vous cet étrange épisode du Sanatorium au croque-mort où Joseph va discrètement recevoir à l’arrière d’un magasin un pli qui l’attend. Il sait que ce pli contient un ouvrage pornographique. Or, lorsqu’il ouvre l’enveloppe, il trouve à l’intérieur un mot qui lui dit "nous ne pouvons pas vous envoyer ce que vous voulez mais à la place nous vous proposons ceci..." qui est une lunette astronomique. Il sort de cette petite enveloppe une lunette astronomique qui se déploie, qui se révèle aussi grande qu’une voiture et qui n’est pas seulement une lunette astronomique mais aussi une sorte d’appareil photo avec des roues dans lequel il peut rentrer. À l’autre bout de la ville, il épie l’infirmière dont il avait remarqué un mouvement de hanche particulièrement intéressant. En même temps, l’infirmière se sait observée et regarde de son côté. On est dans un mouvement de jeu homme/femme qui est extrêmement intéressant. Il rentre dans cette machine liée à la femme et au célibat, et la lunette l’emporte, le transporte, dans tous les sens du terme "transport". Sortir une automobile d’une enveloppe n’est pas étonnant si l’on a des yeux d’enfant. Mais c’est une féerie d’adulte car un enfant n’est pas intéressé par le déhanchement suggestif d’une infirmière.
Les machines, la statue de glaise du Golem qui s’anime, figure d’une ancienne légende juive, l’"homme machine", la thématique moderne du robot, (Metropolis), les statues, les mannequins, à la fois agaçants et inquiétants, qui hantent une partie de l’art du XXe siècle (ainsi l’école métaphysique italienne : De Chirico, Savinio, Morandi, Carrà...) fascinent Schulz qui les utilise et les repense à son gré.

À propos du judaïsme dans l’oeuvre de Schulz...

Schulz a voulu renoncer au judaïsme ; mais on ne renonce pas à une culture, une éducation, c’est pourquoi la composante judaïque de l’art de Schulz ne saurait être négligée. Le monde juif traditionnel n’est pas absent de son oeuvre graphique. Il a réalisé des illustrations pour "La nuit de la Grande Saison" des Boutiques de cannelle, mettant en scène des groupes de Juifs. Dans la peinture, La Rencontre, deux univers s’affrontent, le commerce moderne, la ville, avec deux coquettes sur fond de Drohobycz, et la cité patriarcale, un paysage ancestral, biblique où évolue un jeune hassid sidéré à leur passage, entre honte et concupiscence.
Joseph, le jeune narrateur rejoint sans le savoir les religions du livre. Même si ce livre est un catalogue déchiré, un album de timbres, Joseph imagine des histoires grâce aux gravures et aux timbres. Et cela en faisant des rêves extraordinaires.

Schulz se représente fréquemment dans ses oeuvres plastiques...

C’est la question du créateur et son oeuvre. Il ne faut pas confondre Schulz et ses personnages. Il faut le comprendre dans le sens où Flaubert dit "Madame Bovary, c’est moi". Il veut dire qu’il se sert de sa sensibilité. De même, il ne faut pas imaginer Schulz comme un petit bonhomme battu par les dames, ayant eu une enfance malheureuse ou heureuse. Ici on n’en sait rien et peu importe. Certainement, Schulz a dû être un professeur discret dans sa vie quotidienne et dans cette petite ville. Lorsqu’on est un professeur de dessin au lycée et qu’on fait des dessins sado-masochistes, surtout dans les années vingt et trente, il vaut mieux que ce ne soit pas su des parents et encore moins des élèves. Donc, sa discrétion locale était normale. Mais ne l’imaginons pas comme un artiste et un écrivain effacé. Il a exposé dans plusieurs endroits, ce qui n’était pas facile à l’époque. Il a même eu des ennuis parce qu’un sénateur particulièrement conservateur avait demandé la fermeture d’une exposition où l’on voyait des scènes érotiques. Il a connu le succès littéraire et a bénéficié de l’appui actif de Witkiewicz et de Gombrowicz, et d’autres amis avec lesquels il entretenait une abondante correspondance.

Dans l’oeuvre plastique et l’écriture de Schulz règnent un certain humour, un regard moqueur, une mise en scène du grotesque et de la dérision face à la gent féminine...

L’humour est parfois au premier degré. Tristesse pour une famille d’avoir un cousin qui se transforme en tuyau de caoutchouc. Discours du père sur la transformation des mannequins en êtres vivants.
Schulz est un écrivain très contemporain car il s’est penché sur cette difficulté qu’ont les hommes et les femmes à vivre entre eux, ce qu’Apollinaire appelle "Les éternités différentes de l’homme et de la femme". Et il le fait en poète, en rêveur qui est un grand styliste. Dans les dessins et gravures de Schulz, ce sont presque toujours des hommes rabougris et courtauds, l’air honteux, qui se trouvent en présence de grandes et belles femmes dominatrices. Le physique et l’attitude infantile des hommes sont la conséquence rendue visible de leur avilissement volontaire.

Quels sont vos projets de publications ?

En janvier, va paraître une traduction des Stances du poète espagnol Jorge Manrique. Puis, au printemps 2005, devrait paraître un livre bloqué depuis deux ans à cause des droits exorbitants qu’il est nécessaire de payer pour y mettre des reproductions : Hommes et Mouvements esthétiques du XXe siècle, aux éditions du Cercle d’art. J’y étudie la circulation des idées et des formes à travers la culture occidentale depuis la fin du XIXe siècle dans les arts plastiques, la musique, la photographie, le cinéma.

Bibliographie sélective de Serge Fauchereau

Auguste Chaubaud : Epoque fauve Éditions André Dimanche, 2002, 209 pages

Expressionnisme, dada, surréalisme et autres ismes : Essai Éditions Denoël. Collection Essai, novembre 2001, 554 pages

Gaston Chaissac Éditions Somogy, Collection Monographie et Biographie, 2000, 143 pages

Mondrian et l’utopie néo-plastique Éditions Albin Michel, 2000

Malevitch Éditions Cercle d’art, 1998

Kupka Éditions Albin Michel, 1998

Bernard Rancillac Éditions Cercle d’art, 1998

Moscou , 1900-1930 Éditions du Seuil, 1988. Collection Livre Illustré, 278 pages

Braque Éditions Albin Michel, 1987

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