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Alexandre Vialatte : portrait.
Par Corinne Amar

édition du 10 février 2005

 

Croquis d’ Alexandre Vialatte représentant une tête d’homme de profil

Alexandre Vialatte. Croquis en marge d’un des manuscrits consacrés à Jean Dubuffet. Archives Pierre Vialatte. © Éditions Au Signe de la licorne, page 112. Avec l’aimable autorisation de reproduction de Pierre Vialatte (Archives Alexandre Vialatte), et de Pascal Sigoda (Éditions Au Signe de la Licorne)

Alexandre Vialatte naît en 1901, à Magnac-Laval, dans le Limousin. Romancier, traducteur, chroniqueur, épistolier fervent, fidèle - ses correspondances avec Henri Pourrat, avec Ferny Besson*, avec Jean Dubuffet, l’attestent - c’est un étonnant touche à tout, un auteur de quatre romans qui, par peur de manquer s’épuisera à courir la pige, multipliant chroniques, nouvelles, préfaces, récits interrompus, désespérant de trouver "le la d’un diapason dans le désert", et dont le parcours reste encore mal connu. Sa famille quitte le Limousin pour Ambert, dans le Puy de Dôme, en 1915, lieu d’ancrage pour Vialatte. Après des études de lettres et d’allemand, il est présenté à Jean Paulhan qui lui propose de collaborer à La Revue Rhénane, où il débute, à Mayence, en tant que secrétaire de rédaction. En 1924, il découvre l’oeuvre de Kafka, qu’il traduit et fait découvrir à la France, comme il le fera aussi avec les oeuvres de Nietzsche, ou de Thomas Mann. Il publie son premier roman Battling le Ténébreux, récit d’une adolescence - âge que Vialatte préférait à l’enfance -aux tons mélancoliques, et s’installe à Clermont-Ferrand, puis à Paris. La seconde guerre mondiale est l’objet d’un nouveau roman, Le Fidèle Berger. Il y raconte son expérience de soldat, de blessé et de prisonnier. Époque douloureuse, au cours de laquelle il tentera de se suicider, sera interné pour des délires hallucinatoires. Correspondant en Allemagne, en 1945, pour le journal L’Epoque, puis, Les Lettres Françaises, il finit par publier Les fruits du Congo, en 1951 (manquant le Goncourt), récit de mort et de nostalgie, de l’espoir déraisonnable d’une autre vie, de rêves incarnés en une splendide négresse - l’histoire se passe dans un petit village d’Auvergne, dans l’entre deux guerres ; un groupe d’adolescents rêve devant une affiche vantant les mérites des "fruits du Congo". Ils s’inventent des voyages, des aventures, se créent un monde... Il tente en vain de renoncer à la cigarette, mais il ne peut écrire sans fumer, ni vivre sans écrire. En 1952, et parce que ses romans ne se vendent pas, il renonce pour toujours à la fiction pour se consacrer à la chronique, art dans lequel il excelle. D’abord à Paris-Match et Marie-Claire, où il s’occupe du courrier des lecteurs, rédige un almanach, pour finalement rentrer chez lui, s’occuper du journal auvergnat, La Montagne, - son journal, reprenant sa course de funambule recensant les merveilles et les incohérences de ce monde, plus sensible que jamais à l’éternelle question "Comment vivre et mourir en même temps ? - Et pourtant c’est ce qu’on fait chaque jour !", pestant contre l’âge qui ralentit sa main : "Jadis, elle entraînait la pensée, à présent la pensée la précède et la pousse comme une charrue à l’envers." Alexandre Vialatte meurt à Paris, le 3 mai 1971, dans une quasi indifférence.

*Alexandre Vialatte, Correspondance avec Ferny Besson, éd. Plon, 422 p.24, 24 euros. Ferny Besson, Alexandre Vialatte ou la complainte d’un enfant frivole, éd. Lattès, 2145 p. 15 euros.

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