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Georges Hyvernaud Voie de garage 1941-1944

édition du 10 février 2005

 

Couverture du livre Voie de garage 1941-1944 de Georges Hyvernaud

Georges Hyvernaud, Voie de garage 1941-1944 Édition établie par Andrée Hyvernaud et Guy Durliat. Avant-propos d’Andrée Hyvernaud. Présentation, notes et annexes par Guy Durliat.

Frontispice de Jean-Pierre Berland. Numéro spécial des Cahiers Georges Hyvernaud publié avec le concours de l’Office du Livre en Poitou-Charentes et de la ville de Saint-Yrieix-sur-Charente. 224 pages, 21 euros (+ port 3 euros (France). À commander à l’adresse de la Société : SLGH-Guy Durliat 39 avenue du général Leclerc 91370 Verrières-le-Buisson Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud

"Commencé à rédiger quelques notes sous le titre "Voie de garage" (Épigraphe : "J’ai avalé une fameuse gorgée de poison"- Arthur Rimbaud)." C’est en ces termes que le 15 février 1942, Georges Hyvernaud, au vingtième mois de sa captivité en Poméranie, annonce à sa femme le début d’une entreprise projetée dès l’année précédente. Il en résultera deux cahiers, qu’il parviendra à sauver de l’évacuation de l’oflag II B devant l’avance russe en janvier 1945, et du terrible exode de deux mois qui suivit. À son retour, il a, plus que jamais, la volonté de faire "ce livre qu’il faudrait écrire sur la captivité". Il ressent aussi la nécessité de se débarrasser de ce poids mort pour tenter de reprendre le cours normal d’une vie, de sa vie : "J’ai écrit (ou ai-je fait semblant d’écrire ?) un livre que tu liras. Je tentais de m’y délivrer de mes amères pensées d’exil. Les dire pour ne plus les penser. Arracher cela de moi, ce paquet de choses pourries." (deuxième cahier, p. 37).

Une grande partie de La Peau et les os - "petit livre" sur la condition de prisonnier et, au-delà, de l’homme, "qu’on ne devrait pas pouvoir oublier" écrira Raymond Guérin dans sa préface de 1949 - figure en effet dans le corpus de cette Voie de garage, mais à l’état de matériau dispersé, brut ou plus rarement fini, et précieusement annoté d’ébauches de composition. Si l’intérêt de ce manuscrit - reproduit partiellement en fac-similé - est d’abord là, il est aussi dans des fragments qu’Hyvernaud emploiera pour ses autres livres, ou encore dans ces chroniques, essais... premières versions de textes repris plus tard et qui demeureront néanmoins inutilisés.

L’ambition de l’édition de cette Voie de garage, que nous confie Andrée Hyvernaud, est double. En la donnant dans son intégralité, il s’agit de restituer dans sa durée la tentative d’un homme pour résister à l’avilissement et pour regagner les années perdues. En la confrontant, d’une part avec ses écrits contemporains - Carnets d’oflag et Lettres de Poméranie - et d’autre part avec ses livres d’après-guerre, elle permet d’éclairer cette époque cruciale dans la gestation de l’oeuvre d’Hyvernaud.

Guy Durliat

Avant-propos

Les deux cahiers de cette Voie de garage, rapportés par mon mari de Poméranie avec ses petits carnets - les seuls de ses écrits qu’il ait pu sauver de l’exode d’Arnswalde en janvier 1945 - sont restés près de quarante années dans un tiroir de son bureau de l’avenue Ledru-Rollin. Bien que ses lettres des oflags m’aient faite, en quelque sorte, le témoin lointain de son écriture - entreprise, abandonnée, reprise ; bien qu’il me l’ait, par deux fois, dédié, il ne s’est finalement jamais décidé à me faire lire ce précieux manuscrit.

Je ne l’ai découvert qu’après sa mort, avec beaucoup d’émotion et de tristesse. Ces cahiers évoquaient évidemment des jours très chers et très douloureux de sa captivité ; et j’y retrouvais Georges Hyvernaud tenter de s’arracher à la promiscuité assourdissante pour, dans la solitude amère de l’exil, écrire, entre souvenirs et méditations, ce qu’il faudrait qu’il restât de ce temps perdu. "Voie de garage est surtout, pour moi, une façon de tresser la paille...n’ai pas le courage ici de construire, de pétrir tout ça" m’écrivait-il, il y a... Vint le temps du retour tant espéré, et de l’accablement. Je le vois encore "repétrir" ses pages, me les montrer bientôt en bonnes feuilles des Temps modernes à la fin de 1946... À ce "témoignage", un des jours les plus sombres de l’incertain exode avait imposé un titre dur : La Peau et les os. Je n’avais pas publié dans son intégralité et dans son état cette Voie de garage. Toute ma reconnaissance affectueuse va à Guy Durliat que je charge de le faire pour les lecteurs de Georges Hyvernaud.

Andrée Hyvernaud Janvier-février 2003

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