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Marcel Proust : portrait.
Par Corinne Amar

édition du 25 février 2005

 

Photo portrait Marcel Proust

Si l’on veut aujourd’hui se plonger avec plaisir, avec délice, dans Proust, il faut lire : 1. Sa Correspondance - "la plus proustienne de ses biographies et aussi la plus longue" (M.O.Beauvais), et dont le vingt-et-unième et dernier volume n’est paru qu’en juillet 1993 ; 2. Proust vous écrira, de Marie-Odile Beauvais, dont même le sémillant, mais non moins caustique Bernard Frank, dans sa chronique du Nouvel Observateur, avoue s’être régalé ; 3. Madame Proust, d’Evelyne Bloch-Dano (Grasset) qui, dans une biographie acidulée, retrace la vie de celle qui embrassait le jeune Marcel le soir dans son lit, l’appelait mon loup, tentait de le fortifier et l’aurait volontiers marié : sa mère. Marcel Proust naît à Paris, le 10 juillet 1871, dans le 16ème arrondissement. Son père, Adrien Proust est professeur agrégé de médecine. Sa mère, Jeanne Weil, appartient à cette bourgeoisie juive éclairée dont les ancêtres sont venus d’Alsace et d’Allemagne au XVIIIème siècle. Son mariage avec Adrien, fils d’épicier catholique beauceron, sans fortune mais promis à une brillante carrière médicale, témoigne avant tout de son désir d’intégration : si elle-même ne se convertit pas, ses enfants deviendront les descendants catholiques d’une famille terrienne d’Illiers. Marcel sera donc baptisé, comme près de deux ans plus tard, son frère Robert. Autant le cadet est robuste et indépendant, autant Marcel est, dès sa naissance, fragile, nerveux, trop sensible et souffrant de crises d’asthme chronique. De plus, la découverte de son homosexualité ouvre des failles dans son monde protégé. Il fait des études de droit, puis de lettres, et intègre le milieu artistique et mondain de Paris. Il commence tôt à fréquenter les salons et collabore à la petite revue Le Banquet. Les textes qu’il donne à cette revue, seront regroupés en 1896, sous le titre Les Plaisirs et les jours. En 1894, il passe ses vacances à Trouville et à Cabourg, région que l’on trouvera dans La Recherche du Temps Perdu. En 1895, il se passionne pour l’affaire Dreyfus. Cette année-là, il commence son roman Jean Santeuil, roman sur lequel il travaillera jusqu’en 1899, mais qu’il ne terminera jamais. Ce roman paraîtra, inachevé, en 1852. En 1900, il fait un voyage à Venise, avec sa mère. Son père meurt en 1903, sa mère, en 1905. À la question : "Quel serait votre plus grand malheur ?" Marcel Proust avait répondu : "Être séparé de maman." Le deuil de sa mère l’affectera pendant plusieurs années, et déstabilisera encore sa personnalité fragile et inquiète. En 1906, il s’installe Boulevard Haussmann, dans un appartement tapissé de liège et hermétiquement clos. Trois ans plus tard, il se consacre exclusivement à son oeuvre et conçoit cet immense projet de faire revivre les jours enfuis dans un ouvrage intitulé À la Recherche du Temps Perdu, entraîné vers ce moment où l’écriture, enfin fixée à la forme définitive qui lui a manquée jusque-là, et que va peu à peu alimenter une mémoire relayée par un savoir inépuisable, se mettra à jaillir pour ne plus s’interrompre. Il commence à rédiger la première partie, Du côté de chez Swann. Il travaille la nuit, se repose le jour, reste enfermé chez lui. Prêt à être publié en 1912, ce premier volume (environ sept cents pages) ne trouve pas d’éditeur. Il sera notamment refusé chez Gallimard par André Gide qui se reprochera longtemps ce refus, et finalement, paraîtra, à compte d’auteur, chez Grasset, en 1913. La guerre reporte à juin 1919 la parution d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, qui obtient le prix Goncourt. Durant les trois dernières années de sa vie, Marcel Proust ne cesse de travailler à son oeuvre. Il publie successivement les tomes 1 et 2 du Côté des Guermantes, ainsi que la première partie de Sodome et Gomorrhe. En avril 1922, paraît la deuxième partie de Sodome et Gomorrhe. Le 18 novembre 1922, Proust meurt d’une pneumonie. La suite de son oeuvre, achevée, mais qui n’avait pu être révisée, sera publiée par son frère Robert Proust, aidé par Jacques Rivière, puis Jean Paulhan, directeurs de la N.R.F. En 1923, paraît La Prisonnière, en 1925 Albertine disparue, en 1927, Le Temps retrouvé. En somme, La Recherche, dira le subtil Jacques Drillon, à propos de l’ouvrage sur Madame Proust, c’est l’histoire d’un fils qui devient écrivain. Au lieu de devenir père à son tour. On voit la distorsion de la destinée. Cessant de se coucher de bonne heure, il s’attire les reproches de sa mère, mais se met à écrire.

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