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Dernières parutions du 24 mars 2005

 

Couverture du livre Vivre dans lefeu de Marina Tsvetaeva.

Mémoires / Correspondances

Marina Tsvetaeva, Vivre dans le feu . Choisi et présenté par Tzvetan Todorov, traduit du russe par Nadine Dubourvieux. On connaît le philosophe, on oublie parfois qu’il fut, dans les années 1970-80, un remarquable critique et théoricien de la littérature ; on le retrouve dans l’introduction - un véritable essai - qu’il donne à Vivre dans le feu de la grande poétesse russe (1892-1941) qui laissa derrière elle dix tomes d’écrits intimes - et dont il a tiré les éléments d’une incandescente autobiographie. Sur sa tombe, elle voulait qu’on inscrive : "Sténographe de l’Être". Elle se pendit au crochet d’une isba le 31 août 1941, seule, misérable, méconnue. Vivre pour elle c’était écrire, écrire, c’était vivre. Elle laissait une oeuvre considérable ; carnets, lettres, notices autobiographiques rédigées en 1926, et en 1940. Les premières lettres datent de 1908 (elle a 15 ans), les dernières sont les trois messages d’adieu trouvés après son suicide. "J’aime le ciel et les anges, disait-elle, là haut, avec eux, je saurai m’y prendre". Éd. Robert Laffont, 480 p. 22 euros. Paru également, de Marina Tsvetaeva ; Lettres de la montagne et Lettres de la fin , Clémence Hiver. "L’Epistolaire", traduit et présenté par N. Struve, 128 p.17 euros. À paraître : Cet été-là, correspondance avec N. Gronski , Éd. des Syrtes, 228 p. 24 euros.

Couverture du livre Lettres à  Madeleine de Guillaume Apollinaire.

Guillaume Apollinaire, Lettres à Madeleine, Tendre comme le souvenir . Édition revue et augmentée par Laurence Campa. Le 1er janvier 1915, dans le train entre Nice et Marseille, le soldat Guillaume de Kostrowitzky, en permission, fait la connaissance de Madeleine Pagès, une jeune femme qui habite avec sa famille à Oran, où elle est enseignante. Coup de foudre à la fois sensuel et intellectuel. Dès le 16 avril, Apollinaire envoie à celle qu’il appelle encore "Mademoiselle", sa première carte, depuis la Meuse. Viendront ensuite, chaque jour ou presque, des lettres longues, enflammées, illustrées de poèmes, de calligrammes, où le poète raconte sa vie au front, mais aussi ses lectures, ses projets, et s’abandonne avec lyrisme à sa passion pour Madeleine. Madeleine répond (et l’on aimerait bien un jour lire ses lettres ; que sont-elles devenues ?) et partage cette passion. Projets de mariage, visite à la famille à Oran, puis éclat d’obus à la tête, convalescence à Paris. Le ton de la correspondance a changé, est devenu plus tendre que torride, et l’idylle a tourné court. La correspondance parvenue jusqu’à nous s’achève en septembre. Parues une première fois en 1952, sous le titre Tendre comme le souvenir, et expurgées de leurs pages les plus érotiques, les Lettres à Madeleine nous sont aujourd’hui restituées dans leur ensemble, leur authenticité. Les critiques sont unanimes : un chef-d’oeuvre ! Éd. Gallimard, 472 p. 22,50 euros.

Louis Calaferte, Circonstances (Carnets XI-1989). "Je glisse au bord de cet abîme où je sais que je dois un jour disparaître. La résistance consiste à s’y raccrocher des deux mains, à ne perdre du terrain, car il est fatal qu’on en perde, que peu à peu, centimètre par centimètre ; néanmoins la chute est inévitable. Que se passe-t-il en bas ? est l’angoissante question. Quelqu’un tel que moi, qui a consacré une partie de sa vie à y réfléchir, a nécessairement des aperçus quant à ce point précis, mais en définitive, on espère que la réalité sera moins effrayante que ce qu’on a supposé" (p. 107). Louis Calaferte (1928- 1994) a tenu des carnets intimes de 1956 à la fin de sa vie. Ils constituent le lieu particulier où l’écrivain se retranche et se confie. Dans ces carnets écrits en 1989, sachant déjà qu’il va mourir, il se livre à un premier bilan de son existence et parle de thèmes qui n’apparaissent pas ou peu dans son oeuvre : Dieu, les rêves, la vie intérieure, l’archaïque et le cosmique... Éd. Gallimard, L’Arpenteur, 20 euros.

Du même auteur, Les fontaines silencieuses. "Savoir en m’éveillant que je vais m’asseoir à ma table, voilà qui, chaque jour, me procure un contentement que le temps n’épuise pas. Cette hésitation, chaque fois, devant le papier que sa blancheur défend. La page remplie - ou les mauvais jours, seule, une phrase. Le soir, ce cahier refermé jusqu’au lendemain. Cette accumulation de vie au long des journées. Écrire est une grâce". Ce recueil d’inédits, à la fois textes, poèmes, fragments, constitue un éclairage singulier sur l’approche de l’écriture de L. Calaferte et de son univers littéraire. Éd. Gallimard, L’Arpenteur, 18 euros.

Biographie / Autobiographie

Anne Bragance, Une enfance marocaine . "Sauf à utiliser de puissantes focales pour aller explorer les zones éloignées du passé, les souvenirs parfois se dérobent et je peine à les débusquer. Alors je renverse la tête dans l’espoir de les repérer, de les identifier, et l’enfance, cette naine blanche, cet astre perdu -mais non pas mort - qui n’en finit pas de tournoyer, de scintiller, me jette aux yeux sa poudre d’or. Alors me revient le goût des vertiges et j’entends à nouveau la musiques des météores". Née à Casablanca, en 1945, Anne Bragance, dans ce nouveau récit, évoque sa propre histoire. Elle écrit à la première personne, et revient sur certains sujets qu’elle avait occultés, ensevelis ; son affection pour ses deux petits frères, sa responsabilité d’aînée, la découverte de la bibliothèque de l’école, l’analphabétisme de sa grand-mère qu’elle initie au pouvoir des mots, la tristesse de son rapatriement en France... Éd. Actes Sud, 137 p. 15,90 euros.

Marie NDiaye, Autobiographie en vert . "Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l’infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer. Ma mère, Rocco et Bella, où en sont-ils à présent ? Je n’écrirai pas, eux non plus, jusqu’au jour où, peut-être une lettre m’arrivera d’un lieu inconnu, accompagnée de photos d’inconnus qui se trouveront être mes proches à divers degrés - lettres dont, même si elle est signée "maman", je contesterai l’authenticité, puis que j’enfouirai quelque part où elle ne sera pas dénichée". Le récit commence par une description des crues de la Garonne, nous entraîne dans le monde singulier, malicieux, des légendes personnelles de Marie Ndiaye, histoires de famille où le vrai se mêle au faux, les vivants se mêlent aux fantômes, l’eau se mêle à la terre. Nous baignons dans un monde peuplé essentiellement de femmes (la mère abandonnée par le père, la meilleure amie, jeune, qui épouse le père...) silhouettes équivoques et allégoriques qui aiment, trahissent, souffrent, grossissent, divorcent, se suicident, ressuscitent. Elles sont ondines, magiciennes ou sorcières, toutes ces femmes, et elles ont toutes pour couleur le vert, couleur qui "ne saurait être néanmoins, la seule couleur de la méchanceté"... Le récit est ponctué de photographies personnelles, choix heureux et cher à la nouvelle collection dirigée par Colette Fellous. Éd. Mercure de France, collection Traits et portraits, 95 pages, 13 euros

Dominique Bona, Il n’y a qu’un amour . L’auteur évoque la vie d’André Maurois, à travers trois femmes qu’il a aimées, qui ont nourri ses livres, et représentent les différentes facettes de sa personnalité. Il y eut d’abord l’amour passion avec Janine de Szymblewicz, Russo-Polonaise, puis l’amour raisonnable avec la Parisienne, Simone de Caillavet, l’amour volupté enfin, avec la Péruvienne Maria Rivera. Pour écrire cette biographie, D. Bona a eu accès aux archives familiales mises à sa disposition par le gendre d’André Maurois : lettres inédites, carnets de notes ou manuscrits inachevés. Éd. LGF (Le Livre de poche), 570 p. 7,50 euros.

Dominique Muller-Wakhevitch, Désormais Venise . Ils avaient quarante ans de différence mais qu’importe, ces deux-là étaient faits pour s’aimer et rire ensemble. Au printemps 1981, dès le premier jour où , directrice littéraire chez Ramsay, elle le vit entrer dans son bureau, elle est subjuguée "Oh là là, ce qu’il est beau, dis donc ! C’est incroyable ce qu’il est bel homme". Dans Désormais Venise, la romancière raconte avec franchise, pudeur et verve, les vingt années merveilleuses passées aux côtés d’un homme d’exception, l’académicien Maurice Rheims. Pages d’amour et de tristesse. Depuis la mort de Maurice, sa solitude, sa phase de deuil, enfin sa renaissance avec son installation à Venise, ville qu’ils ont tous les deux aimée. Éd. Seuil, 240 p. 18 euros.

Jean Bernard, Les travaux et les jours . Entretiens avec Antoine Hess. A 97 ans, le professeur Jean Bernard se confie à Antoine Hess (avec qui il a déjà fait six livres). Au regard de sa vie, de son oeuvre, du travail qu’il a accompli, des gens qu’il a rencontrés, il évoque son enfance pleine de lectures, la médecine d’autrefois tragiquement impuissante, les recherches, les premiers traitements contre les leucémies, évoque aussi la Résistance, la prison, la mort. Il y a de l’humour, de la simplicité, une justesse de ton, chez cet homme à qui on ne peut que rendre hommage, qui a beaucoup vécu, beaucoup lu et connu. Éd. Le Rocher, 180 p. 16 euros.

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