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Henri Matisse : portrait.
Par Corinne Amar

 

Couverture du catalogue de l’exposition Matisse, une seconde vie.

Matisse. Une seconde vie Catalogue de l’exposition. Sous la direction de Hanne Finsen. Auteurs des textes : Catherine Coquio, Anne Coron, Hanne Finsen, Claudine Grammont, Isabelle Monod-Fontaine. Préface de Christian Poncelet, Président du Sénat. Préface de Poul Erik TØjner, Directeur du Louisiana Museum of Modern Art. Éditions Hazan, 2005. 255 pages, 39 euros.

J’ai toujours essayé de dissimuler mes efforts, j’ai toujours souhaité que mes oeuvres aient la légèreté et la gaieté du printemps qui ne laisse jamais soupçonner le travail qu’il a coûté. (Lettre à Henry Clifford, 14 février 1948)

Peintre, graveur et sculpteur français, Henri Matisse naît en 1869. À sa mort, le 3 novembre 1954, la presse annonçait sa disparition en ces mots : "Le ciel était couvert, l’atmosphère était lourde, d’épais nuages grisaillant s’interposaient entre la lumière et celui qui l’avait tant aimée". La lumière, la couleur exaltée, et peut-être plus encore que le dessin, seront le propre de l’oeuvre de Matisse, l’instrument privilégié de la communication de l’émotion pour cet artiste dont la longévité n’a pour équivalent que celle de Picasso, son contemporain, mais qui toute sa vie lui, n’obéira qu’à une seule idée, la recherche d’un équilibre des couleurs et des formes, et ce, non sans longues méditations, non sans effort. Fils d’un marchand de grains, Henri Matisse entreprend d’abord des études de droit et exerce la fonction de clerc d’avoué. C’est lors d’une convalescence, qu’il se met à dessiner. Cette toute première expérience le conduit, en 1891, à s’installer à Paris et à étudier la peinture aux Beaux-Arts. Il a vingt-deux ans, ses professeurs sont le peintre Bouguereau, puis Gustave Moreau, il découvre alors l’impressionnisme, Turner, Cézanne, Gauguin, Van Gogh... C’est le portrait de La femme au chapeau, exposé au Salon d’Automne, en 1905, qui lui vaut de s’imposer comme le chef de file du fauvisme, cet art caractérisé par l’usage de couleurs franches et vives, l’énergie des coups de pinceau, l’atmosphère joyeuse des toiles. À partir de là, il ne cessera d’exposer et de vendre ses toiles. Deux séjours au Maroc entre 1912 et 1913 lui permettent de découvrir l’art islamique, et il est profondément marqué par cette esthétique de l’arabesque et de la ramification. Non mobilisé pendant la guerre, il a alors quarante cinq ans, il s’installe à Nice où, jusqu’à la fin des années 20, il travaille presque uniquement sur le thème du corps féminin. En 1930, la recherche d’une autre lumière, d’un autre espace le conduisent à entreprendre un long voyage pour Tahiti. De là, il rapporte photographies, croquis, souvenirs. Bien plus tard, il intègrera l’expérience tahitienne à sa pratique picturale, à travers les gouaches découpées. Il continuera de voyager, en Italie, en Corse, en Espagne, à chaque fois, il rapportera de nouvelles couleurs, de nouvelles formes, de nouvelles images qu’il ajoutera à son langage. Au terme de cette odyssée de la couleur, il influencera les artistes de la génération suivante, les peintres de l’abstraction américaine des années 50, 60, de Rothko à Kelly, de Sam Francis à Motherwell, il fera figure de modèle en France aussi, pour des peintres comme Hantaï ou Viallat. En 1941, à l’âge de 71 ans, il est opéré d’un cancer de l’intestin. Il a, comme il dit "risqué la mort à un poil de chat angora". Il se remet miraculeusement et entame ce qu’il appelle sa seconde vie, avec, devant lui, les années de travail, de légèreté et de gaieté, qu’il avait tant souhaitées pour son oeuvre. Un extraordinaire épanouissement de son art et ses ultimes chefs-d’oeuvre en jailliront ; collages de papiers peints à la gouache, Jazz, en 1947, La tristesse du roi, en 1952, ou encore les projets pour la chapelle de Vence, entre 1948 et 1951. Un épanouissement et une liberté exceptionnelles, comme celles d’un Monet ou d’un Titien, et dont témoigne l’exposition actuelle "Matisse, une seconde vie", au Musée du Luxembourg. Dont témoigne encore sa volumineuse correspondance amicale, quasi-quotidienne, avec son vieux camarade de l’Atelier Gustave Moreau (à l’école des Beaux-Arts fréquentée de 1892 à 1897), André Rouveyre, portraitiste et romancier.

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