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Entretiens : Simone Veil. Catherine Dolto. Propos recueillis par Nathalie Jungerman

éditions du 29 septembre 2005

 

Entretien avec Simone Veil

En tant que Ministre de la Santé, vous avez contribué à la création de la "Maison verte", lieu de prévention fondé par Françoise Dolto en janvier 1979, pour les enfants de 0 à 3 ans. Comment s’est passée la réalisation de ce projet ?

Simone Veil : Je connaissais bien Françoise Dolto et son frère Jacques Marette. Par ailleurs, Françoise Dolto a suivi en consultation un membre de ma famille. J’éprouvais beaucoup d’admiration et de chaleur pour elle.

En ce qui concerne son projet de la "Maison verte", Françoise Dolto savait ce qu’elle voulait. Ce n’était ni une crèche, ni une halte-garderie, ni un centre de consultation mais un lieu accueillant de rencontres et de loisirs pour les tout-petits avec leurs parents. À l’époque, la "Maison verte" était expérimentale et il fallait trouver du personnel, penser à des horaires adaptés. J’étais très intéressée par le projet de Françoise Dolto et mon rôle a été de penser, de voir avec ses services comment il était possible de le concrétiser.


Entretien avec Catherine Dolto

Exécutrice testamentaire et détentrice du droit moral de sa mère, Catherine Dolto est Présidente de L’association Archives et Documentation Françoise Dolto. Haptopsychothérapeute, elle est aussi l’auteur de nombreux ouvrages destinés aux enfants, publiés chez Gallimard Jeunesse en collaboration avec Colline Faure-Poirée

Comment avez-vous réagi à la lecture des lettres de jeunesse de Françoise Dolto que vous avez retrouvées ?

Catherine Dolto : Quand je les ai retrouvées, j’ai été stupéfaite car c’était à la fois très émouvant et très intéressant. Ce qui était dit dans ces lettres corroborait ce que j’avais entendu depuis mon enfance. J’étais stupéfaite de voir à quel point les récits, par ma mère, entendus lorsque j’étais enfant "collaient", comme si les personnages sortaient de la boîte où ces lettres étaient enfermées et qu’ils se mettaient à parler. Elle avait sans doute oublié ce que contenait cette correspondance, gardée au fond d’un placard. C’est un témoignage social de l’époque qui, même s’il n’émanait pas de Françoise Dolto, est intéressant sur l’histoire d’une famille au XXe siècle. C’est un cadeau post-mortem qu’elle nous fait. Être la fille de Françoise Dolto laisse évidemment des "traces" importantes dans la mesure où nous avons beaucoup travaillé ensemble et où, avec mes deux parents, nous avons eu une relation très forte.

Que pensez-vous de la parution aujourd’hui de ce second volume de sa correspondance ?

C. D. : Qu’il vient bien en contrepoint du premier. C’est extraordinaire comme on voit ma mère telle qu’elle était vraiment. Pour nous, ses enfants, c’est beaucoup plus émouvant que ses écrits théoriques. On la voit dans toutes ses dimensions, implacable sur les questions éthiques, passionnée par son métier, en même temps que drôle, ne se prenant pas du tout au sérieux, généreuse et modeste. Par rapport aux critiques qu’on lui fait parfois de nos jours, à propos du pouvoir qu’elle avait sur les gens, on voit bien dans cette correspondance comment elle refusait obstinément toute position de pouvoir, que ce soit dans les institutions ou dans ses rapports avec ceux qui la mythifiaient, auxquels elle répondait : "Je suis une femme... sans plus". Elle ramène chacun et chacune à ses désirs, à ses décisions. Quelquefois cela semble un peu rude, mais c’est peut-être parce qu’elle les renvoie directement à leur vérité. Nous n’avons pas transmis, par choix, les lettres qui nous sont personnelles, à nous les enfants, puisqu’elles sont intimes. Elle sont très belles.

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