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Françoise Dolto en correspondances. Christian Montet, commissaire de l’exposition

édition du 29 septembre 2005

 

Le Musée de La Poste organise du 19 septembre au 30 décembre 2005, une exposition consacrée à Françoise Dolto, présentant des lettres autographes (de 1913 à 1988), des photographies et des objets personnels, à l’occasion de la parution de l’ouvrage Une vie de correspondances 1938-1988 qui fait suite aux Lettres de jeunesse, publiées en 2003. Christian Montet est le commissaire de l’exposition

expodoltomusee Entretien avec Christian Montet. Propos recueillis par Nathalie Jungerman.

Vous êtes commissaire de l’exposition "Françoise Dolto en correspondances" au musée de la Poste. Pourquoi cette exposition ?

Christian Montet : La Fondation et le musée de la Poste ont pour axe d’intervention la valorisation de l’écrit et plus particulièrement, de la correspondance. Le second volume de la correspondance de Françoise Dolto a été publié avec le concours de la Fondation La Poste. Il m’a donc semblé opportun d’accompagner la sortie de ce livre d’une exposition au musée de la Poste, consacrée aux échanges épistolaires de cette grande figure de la psychanalyse.

Comment avez-vous procédé ?

Ch. M. : Mon premier travail a été de lire très attentivement les lettres publiées dans les deux volumes, Lettres de jeunesse et Une vie de correspondances, afin d’isoler un premier ensemble, d’effectuer une sélection en fonction du contenu, des différentes périodes de la vie de Françoise Dolto. Ensuite, à partir de ce tri, j’ai consulté les originaux aux Archives Françoise Dolto dans le 5ème arrondissement. Puis, il fallut réduire le choix de lettres, non sans une certaine frustration de ne pouvoir tout présenter. C’est vrai qu’il y a assez peu de lettres exposées en regard de cette volumineuse correspondance, mais elles couvrent l’enfance, la jeunesse, la maturité et la vie professionnelle de Françoise Dolto. Les lettres exposées au musée sont pour la plupart des originaux. Il y a très peu de fac-similés.

L’exposition s’articule autour de deux périodes, 1913-1938 et 1938-1988. Pouvez-vous nous présenter ces échanges épistolaires dans leur contexte ?

Ch. M. : Je voudrais juste signaler qu’au départ, nous pensions exposer les lettres du second volume de la correspondance, celles écrites et reçues entre 1938 et 1988, réunies d’abord sous le titre "Correspondance professionnelle" puis, sous le titre actuel "Une vie de correspondances".
A la lecture du premier volume, il m’a semblé évident que j’allais exposer un choix de lettres écrites par Françoise Dolto dans son enfance et sa jeunesse. On ne pouvait pas commencer l’exposition par la seconde partie de la correspondance sans parler de la première qui éclaire le personnage et montre comment Françoise Dolto est advenue à elle-même. Il est émouvant de voir cette petite fille s’exprimer, cette personnalité se dessiner dès les premiers échanges épistolaires. J’ai donc choisi des lettres écrites et reçues par Françoise Dolto, publiées dans ces deux volumes.
L’exposition est chronologique et s’organise effectivement autour de deux périodes : Françoise Marette, enfant et jeune femme de 1913 à 1938, et Françoise Dolto, de 1938 à 1988, psychanalyste, épouse de Boris Dolto et mère.
L’exposition commence par les lettres de l’enfant Françoise Marette. Une première lettre qu’elle écrit au Père Noël à l’âge de 5 ans. Puis, suivent quelques lettres adressées à ses parents restés à Paris pendant qu’elle séjourne à Deauville, dans la maison familiale. L’exposition montre aussi des lettres écrites à son oncle Pierre, dont, enfant, elle était éprise et qu’elle considérait comme son fiancé. Elle pensait qu’elle se marierait avec lui et qu’il deviendrait Général à la fin de la guerre. Malheureusement, son oncle a été tué en 1916 et la petite fille se considère alors comme "veuve de guerre". C’est le premier choc. Quelques années plus tard son enfance est de nouveau marquée par la mort de sa soeur aînée. Elle l’évoque dans l’entretien avec Bernard Pivot qu’il est possible de regarder dans l’exposition. Une lettre à son frère Jacques, le dernier né en 1922, témoigne de leur complicité. Elle essaie de lui donner quelques repères. Au fur et à mesure que les années passent, le champ de ses interlocuteurs s’élargit. Dans la première partie, la correspondance est essentiellement liée au quotidien, à l’intime. Je voulais surtout mettre l’accent sur sa relation avec son oncle et montrer la correspondance qui fait allusion à la disparition de sa s ?ur. Est présentée aussi la lettre charnière adressée à son père en 1938 qui compte 11 feuillets recto-verso. Dans la seconde partie, j’ai sélectionné quelques lettres de Jacques Lacan, d’autres échangées avec son ami Alain Cuny retraçant une belle amitié de 50 ans. On trouve des lettres de René Laforgue au moment où Françoise Dolto soutenait sa thèse, une autre de Marie Bonaparte, une carte de Robert Badinter lui écrivant que c’est plutôt elle qui devrait occuper le poste de Ministre de la justice, un brouillon de lettre qu’elle a écrit à Yehudi Menuhin. Le dernier panneau montre la première carte-réponse du Père-Noël aux enfants, texte qu’elle a composé en 1963, à la demande de son frère Jacques Marette qui, à l’époque, était Ministre des PTT.

L’exposition propose un choix de lettres qui représentent les périodes marquantes de sa vie. Quelques objets personnels sont également exposés, des photographies, la poupée-fleur, une céramique et des aquarelles qu’elle a réalisées avant d’entamer des études d’infirmière d’abord, puis de médecine. C’est une exposition qui permet l’accès aux originaux et j’espère que les visiteurs auront le désir de mieux connaître Françoise Dolto et de lire les deux ouvrages qui rassemblent sa correspondance.

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