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édition du 27 octobre 2005

édition du 27 octobre 2005

 

Correspondances

couverture livre bukowski Charles Bukowski, Correspondance, 1958-1994 .
Traduction de l’américain par Marc Hortemel. Début décembre 1959, à E.V.Griffith (l’éditeur de son premier recueil de poésies) :
(...) Je prends une revue de poésie, j’en tourne les pages d’une pichenette, je compte les étoiles, la lune et les frustrations, je bâille, je pisse ma bière et je tapote sans conviction sur ces stupides touches, il fait moins 10 à Moscou et il neige ; un furoncle est en train de se former entre mes yeux et quelque part entre Pedro et Palo Alto j’ai perdu la volonté de me battre : le type du magasin de spiritueux me connaît déjà comme si j’étais son propre cousin : quand il me voit arriver il fait craquer les sacs en papier et lorsqu’on le regarde on pense à une photo de Francis Thompson.
Les fervents amateurs de Charles Bukowski trouveront matière à se régaler avec cette compilation de trois volumes de correspondances inédites, où notre auteur fait part, sans artifice et ne s’épargnant ni la lucidité ni une certaine brutalité (qu’on lui connaît), des détails de son quotidien, de ses réflexions sur l’histoire ou la poésie, du cheminement de sa pensée tout au long de ces années. Il parvient à s’affranchir de sa vie ennuyeuse de postier, à la fin des années 60, pour s’engager, dans une carrière d’écrivain professionnel, et si l’alcool et l’ivresse et les cuites frissonnantes et lamentables, sont les éléments récurrents de sa correspondance, on n’en retient pas moins de Bukowski, sa sensibilité, son endurance, sa volonté de résister à l’abîme existentiel, aux pressions morales, littéraires ou sociales.
Éd. Grasset, 431 p. 22 euros.

Gertrude Stein, Pablo Picasso, Correspondance .
On se souvient du portrait de Gertrude Stein, chef-d’oeuvre absolu de Picasso, réalisé en 1906. Gertrude Stein (1874-1946) née en Pennsylvannie, viendra rejoindre, à Paris, en 1903, son frère Leo, et choisit définitivement la France, comme territoire d’écriture. Connue pour son Autobiographie d’Alice Toklas (Gallimard, 1934), elle l’était aussi pour son manque d’indulgence et son caractère difficile. Elle n’en fut pas moins, de 1905 à sa mort, une des grandes amies de Picasso, ainsi qu’en témoigne leur correspondance, éditée par Laurence Madeline, conservateur au musée Picasso. Leur relation commence lorsque Gertrude et son frère Leo font la connaissance de Picasso et lui achètent de nombreux tableaux. Ecrite en français par deux étrangers, un Espagnol et une Américaine, cette correspondance de deux monstres sacrés, tous deux artistes, révèle un moment fort de leurs histoires réciproques.
Éd. Gallimard, 27 oct. 2005, 368 p. 29 euros.

Salvador Dali, Lettres à Picasso (1927-1970) .
Fasciné par son aîné, admiratif devant son talent et la puissance de son invention, mais jaloux aussi de sa gloire, Salvador Dali (1904-1989) envoya à Picasso trente lettres, cartes, messages, billets, lus et précieusement conservés (Picasso ne jetait jamais rien), mais restés sans réponse (Picasso ne répondait jamais aux lettres). Ces envois de Dali adressés à Picasso, jusqu’en 1970, ponctuels, drôles, chargés d’allusions à décrypter, illustrant leurs ressemblances, mais aussi leurs profondes oppositions politiques et idéologiques, sont aujourd’hui, rassemblés au musée Picasso.
Éd. Gallimard "Le Promeneur", 20 oct. 2005, 216 p. 19,90 euros.

Julian Barnes, Lettres de Londres (choix), Letters from London (Selected letters) .
Traduction de l’anglais Josette Chicheportiche et Maryse Leynaud. Préface inédite de l’auteur, traduite de l’anglais par Julie Pujos, édition bilingue.
"Au début des années 1990, j’étais correspondant à Londres pour le New-Yorker Magazine. C’était un travail excitant et quelque peu étrange : être correspondant étranger dans mon propre pays, jeter un regard neuf sur des coutumes établies et essayer de les expliquer à un public éloigné qui partage la même langue et pourtant peu d’usages communs. Dix ans plus tard, dans le nouveau siècle et le nouveau millénaire, les choses ont changé et pourtant la Grande-Bretagne n’a pas beaucoup changé. Aurions-nous dû être si surpris ? Sans doute pas ; la Grande-Bretagne est un pays profondément conservateur, peu importe qui le dirige." Julian Barnes. Les textes édités dans cet ouvrage sont les derniers écrits de Julian Barnes, en tant que correspondant : l’écrivain fantaisiste du Perroquet de Flaubert et dont l’humour n’est plus à découvrir, chroniqueur politique, évoque ici, entre autres, la fatwa contre Salman Rushdie (février 1994) où le comportement des Occidentaux à son endroit, l’ouverture du tunnel sous la Manche (janvier 1992), l’arrivée de Tony Blair (Gauche, droite, gauche, droite, août 1994), ou encore, les malheurs financiers des Names, ces riches particuliers (Les millionnaires en déficit, septembre 1993), ou ce qu’il en est des jardins de Hampton Court, où se trouve un célèbre labyrinthe de haies (Le labyrinthe, septembre 1991)...
Éd. Folio, bilingue, n°133, 224 p. 9 euros.

Max Jacob, Correspondances, Les Amitiés et les Amours (avril 1901-novembre 1933) .
Textes réunis par Didier Gompel-Netter. D. Gompel-Netter présente plus d’un millier de lettres en trois volumes, sur les vingt mille que Max Jacob, aurait écrites, et feraient de lui l’un des derniers épistoliers du XXe siècle. Elles témoignent de la métamorphose quotidienne de l’écrivain, du poète magnifique, aux fantaisies parodiques, aux trouvailles cocasses, aux caprices verbaux, puisés aux sources du rêve (né en 1876), de 1901 jusqu’à sa mort (il sera arrêté par la Gestapo, en 1944, et mourra au camp d’internement de Drancy, cette même année). Ce premier volume regroupe des lettres écrites entre avril 1901 et novembre 1933, et permet de savourer les portraits de personnalités de cette époque ; Félix Maillols, sculpteur et peintre, André Salmon qui fit connaître Picasso à Jacob, le comte François de Gouy d’Arcy, intime de Jean Cocteau, Pierre Colle, marchand de tableaux... On y croise, au fil de la lecture, les noms de Leiris, Limbourg, Mac Orlan, Gaston Gallimard, Philippe Soupault... Éd. L’Arganier, 324 p.22 euros.

Raymond Guérin, Lettres à Sonia, 1939-1943 .
J’aime vos lettres, ce que vous y écrivez de l’absence et avec quoi je suis d’accord quant à nous deux, la facilité, la diversité de votre journal et jusqu’à ce mélange de pensées et de faits qui est bien ce qu’il fallait imaginer de mieux pour recréer la vie. J’avoue que je n’ai pas votre aisance à changer de sujet, que je ne sais pas, comme vous le faites pour moi, accompagner d’"un commentaire réponse " chaque paragraphe de votre lettre (...) la vie que je mène est si stupide ! si encombrée d’heures gâchées, de vaines palabres ! Comment en sortir ? (p.46).
Quelle délicieuse correspondance que celle-ci ! _ Délicieuse, est-ce le mot ? Tant d’émotion y passe, tant de fièvre aussi ! Les Lettres à Sonia, publiées dans la discrète collection "Les Inédits de Doucet", dirigée par Yves Peyré, sont une correspondance réelle entre un écrivain et la femme qu’il aime, séparés par la guerre et la captivité. Elles sont aussi et surtout un journal, portrait intérieur d’une sensibilité attachée à la matière sacrée de la lettre, de l’écriture, à son pouvoir salvateur de projection, de mythologie. Et évoquent le quotidien du prisonnier soumis à la rupture brutale dans sa vie personnelle, comme le monde l’est, au niveau de l’histoire.
Éd. Gallimard, 27 oct. 2005, 348 p. 26 euros.

Biographies/Autobiographies

Christian Bobin, Prisonnier au berceau .
J’ai passé une grande partie de mon enfance dans l’enclos des dimanches, attaché au piquet des visites en famille.(...) Le dimanche laisse s’épanouir l’ennui que la fièvre des travaux a chassé du restant de la semaine. Un enfant qui s’ennuie n’est pas très loin du paradis ; il est au bord de comprendre qu’aucune activité, même celle lumineuse, du jeu, ne vaut qu’on y consacre son âme. (...) p.13 . Court texte où Christian Bobin évoque son enfance au Creusot - personne ne rêve de vivre au Creusot. Contemplatif, amoureux des "plaisirs minuscules", qui, enfant déjà, préférait la compagnie des livres à celle de ses semblables, il revient sur son histoire familiale, ses traumatismes, il évoque à nouveau l’enfant solitaire qu’il était, et médite, à sa façon, dévoilant quelques photographies, dans la collection personnelle, intimiste, Traits et portraits, dirigée par Colette Fellous.
Éd. Mercure de France, 104 p. 14 euros.

Ornela Vorpsi, Buvez du cacao Van Houten ! _ Traduction de l’italien par Mariann Véron.
J’ai découvert à seize ans dans les vers de Maïakovski, un fait historique, une anecdote qui m’a marquée pour toujours. La société Van Houten, déjà réputée à l’époque pour l’excellence de son cacao (nous sommes en 1910), eut une idée macabre et géniale : acheter le dernier voeu d’un condamné à mort pour promouvoir sa sombre poudre. Thème de la première des treize nouvelles d’Ornela Vorpsi, qui donnera son titre à l’ensemble du recueil. Les nouvelles s’égrènent, comme des fragments de journal, les mots vont vite, comme l’oeil, - impressions picturales. (On reconnaît là, la touche du photographe - vidéaste, du peintre, qu’elle est aussi). Ecriture résolument contemporaine et attachée aux pulsations, au battement du coeur, qui ne veut pas mourir. Ce voyage intérieur, où le narrateur n’est pas toujours "je" et se multiplie et pourtant nous entraîne au coeur des trois pays chers à l’auteur ; l’Albanie, où elle est née, sous le signe du lion, en 1968, l’Italie, qu’elle habitera à partir de 1991, la France, enfin, qu’elle habite aujourd’hui, n’est pas sans grâce. Il s’agit de son troisième livre. (Le précédent, touchant, réussi, dans sa vérité, Le Pays où l’on ne meurt jamais, (Actes Sud, 2004), plongeait dans une autobiographie de l’Albanie, mise à nue dans sa quotidienneté, sa société insensée "où je n’avais aucune place").
Éd. Actes Sud, 157 p. 16 euros.

Robert Laffont, Une si longue enquête .
Dans ce récit autobiographique, Robert Laffont retrace son parcours d’éditeur, évoque les rencontres qui l’ont marqué et dévoile quelques éléments clés de sa vie et de sa personnalité ; peines et force morale, amour de la vie et curiosité de l’être humain, quête spirituelle...
Éd. Anne Carrière, 250 p. 18 euros.

Jean-Jacques Lefrère, Jules Laforgue .
Cette biographie - la première consacrée à Jules Laforgue en France - retrace son enfance uruguayenne, sa scolarité dans un lycée bigourdan, son installation à Paris et, avatar étonnant, pour ce jeune homme timide et réservé, son séjour à la cour de l’impératrice d’Allemagne en qualité de lecteur de français. L’auteur a retrouvé des inédits en prose ou en vers de Jules Laforgue, ainsi que le journal intime de son père. À partir de ces documents, il dresse une étude approfondie de la vie et de l’oeuvre du poète et rend compte de ses qualités de témoin de son époque.
Éd. Fayard, 650 p. 35 euros.

Dominique Missika, Berty Albrecht .
Avant de devenir la résistante que l’on sait, cofondatrice avec son compagnon Frenay du réseau Combat, Berty Albrecht est d’abord une femme qui refuse le statut que lui impose son époque. À l’étroit dans un mariage convenu, elle abandonne sa vie d’épouse d’un financier aisé de Londres pour vivre à Paris et devenir militante, contre le fascisme et, surtout, pour le droit des femmes. Toute son existence est tendue vers un objectif : améliorer la vie des femmes par l’égalité des sexes, la libre disposition de leur corps. À partir des archives de la justice et de la police, l’auteur retrace son action jusqu’à son exécution. Éd. Perrin, 331 p. 21 euros.

Corinne Pasqua, Simone Weil, biographie imaginaire : souvenirs de celle que je n’ai pas rencontrée . L’auteur, bouleversée par des citations de Simone Weil entendues dans une émission qui lui était consacrée, a ensuite cherché à connaître la philosophe. Elle s’est plongée dans ses textes et a recueilli des témoignages, des évocations de familiers, de contemporains, de ceux ou celles qui l’accompagnèrent ou la croisèrent. Elle livre ici le résultat de ses recherches. Éd. L’Harmattan, 159 p.14,50 euros.

Philosophie

Andrei Plesu, Actualité des anges .
Traduction du roumain par Laure Hinckel. "Je dois vous avouer dès maintenant que je n’ai jamais vu d’ange." Ainsi commence l’Introduction à l’étude des anges, du philosophe roumain Andrei Plesu (né en 1948, à Bucarest) dans son essai sur les messagers célestes.
Voyage dans "les mondes intermédiaires", réflexion des plus intéressantes sur l’ange et sur l’ homme ; l’auteur avoue une filiation avec le christianisme et les moines d’Orient, évoque Platon, Saint Thomas d’Aquin, Kant, Bachelard, Barthes, Walter Benjamin ou encore le monde iranien...
Invitation, teintée d’humour, de raison et de sagesse, à penser le monde complexe, écarter les préjugés courants, les sentimentalismes mineurs. "Toutes les fois que l’on devient brusquement attentif à quelque chose d’extérieur - d’extérieur à son intérêt premier -, on se trouve contraint à "l’objectivité", sous la douce emprise de l’ange".
Éd. Buchet Chastel (une très belle jaquette : un ange, de Lorenzetti (1338), détail d’une fresque du Palazzo pubblico à Sienne), 270 p. 22 euros.

Carnets de voyages

Vincent Baudet, Marie-Laure Vareilles, Laurent Jérôme, Portraits d’Afrique .
Carnet de voyage photographique de la Guinée, du Mozambique, de l’Ethiopie ; portraits et couleurs choisis, somptueux, d’une Afrique harmonieuse, humaine, confiante et riche de ses traditions. Afrique fièrement restituée par deux jeunes photographes, Marie-Laure Vareilles et Laurent Jérôme, qui ont porté sur leur sujet un regard original et ouvert, libéré de tout préjugé. Les fleuves parcourant ces pays, le Niger, le Zambèze et le Nil bleu, leur ont servi de guide. Des cartes réalisées sous forme de délicieuses aquarelles, oeuvres d’Ansatu Schlumberger, viennent compléter les textes et légendes largement documentés, riches en évocations, en histoire, et les photographies.
Éd. Plein Soleil, 192 p.49 euros.

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