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Dernières parutions du 8 décembre 2005

 

Correspondances

Bernard Fillaire, Lettre à Maurice Nadeau Bernard Fillaire, Lettre à Maurice Nadeau . Elle fait soixante-douze pages, elle se lit d’une traite. Une confession, que l’émotion, brute souvent, emporte, qui ne prend pas la peine, toujours, de soigner son style. Cartes sur table. Un homme, aujourd’hui écrivain, se souvient du premier roman qu’il écrivit, envoya, se vit refuser, et changea, probablement, sa trajectoire, retrouve les mots encourageants de l’éditeur Maurice Nadeau, et trente plus tard, lui écrit cette lettre, au présent, s’adressant à lui comme à son propre père, récemment décédé, et lui confie tout ; sa naissance rejetée, son enfance, sa mère folle et contagieuse et si triste "aucune vie ne fut plus triste que la sienne", ses amours idéalisées ou vulgaires, ses guerres à l’intérieur, ses meurtres, son besoin fou de littérature, afin de se construire, se rassurer, son besoin de maître..., communauté enfin avouable. Éd. Le Cherche-Midi, 72 p. 9 euros.

Biographies/ Autobiographies

Maxime Gorki, OEuvres . Édition publiée sous la direction de Jean Pérus et Guy Verret avec la collaboration de Rose Lafoy, Marc Pradoux et André Stratonovitch, traduction du russe par Rose Lafoy, Jean Pérus, Marc Pradoux, André Stratonovitch et Guy Verret.
Celui dont Gide affirmait "Aucun écrivain russe n’a été plus russe que Gorki", dont l’enfance et la jeunesse furent si difficiles, qu’elles lui inspirèrent le pseudonyme gorki signifiant amer, qui fut l’apôtre du réalisme socialisme, avec des prises de position politiques et des textes (Les Bas-fonds, La mère) engagés et controversés, mais surtout un grand écrivain russe, reconnu par ses pairs, entre aujourd’hui, débarrassé des préjugés, dans la Pléiade. Le volume de 1808 pages comprend de courts textes, des romans ; Mon compagnon - Au fil du fleuve - Tchelkach - Konovalov - Malva - Foma Gordeïev - Ils étaient trois - La Mère, une partie des livres autobiographiques de Gorki, dont Confession et Enfance. Éd. Gallimard, Collection Bibliothèque de la Pléiade (No 521), 1808 p. 75 euros.

Sylvia Pratt, Avec Hugo Silvina Pratt, Avec Hugo (Participation de José-Louis Bocquet). Quand on est (ou qu’on a été) fan de la fameuse saga de Corto Maltese et de ses aventures - mémorables car, en des lieux et avec des personnages auxquels la bande dessinée n’était pas habituée -, on s’est toujours douté que Corto était le double de Pratt - physiques différents, mais pensée et regard jumeaux, zones de vie laissant planer l’ombre et le mystère ; "racontées, parfois inventées et toujours mythifiées".
Silvina Pratt (née en 1964), brosse, en souvenirs simples et structurés autour de la géographie familiale nomade, le portrait d’un père, Hugo Pratt (1927-1995), né en Italie, dont l’enfance à Venise influença le goût pour l’ésotérisme et la kabbale, et qui l’encouragea à dessiner sur le modèle des voyages qu’il avait lui-même écrits, à les traduire aussi. Ed. Flammarion, coll. "Pop culture", Laurent Chollet, 280 p. 20,90 euros.

Marie-France de Bei, Rabi’a, Entre ciel et sable . "Enfant, c’est un museau qui flaire la graine cuite. Deux mains impatientes. Enfant, elle sait le râpé des tapis usés contre ses genoux. Tout un cliquetis de bijoux d’os ou de bois. Des voiles qui l’effleurent ou s’éloignent...Le regard d’une femme... (p.11)". C’est une prose, comme un conte oriental, comme un long poème à la gloire d’une femme musulmane et sainte, Rabi’a Al Adawiyyah, personnage hors du commun, dont l’auteur entendit parler, un jour alors qu’éclatait la guerre en Irak, et dont elle a voulu retracer le destin, comme pour mieux invoquer la paix, éblouie par cette voix qui, à Bassora, jadis, au 8ème siècle s’était élevée, exprimant, avec poésie et ardeur, la joie mystique. Éd. Les Deux Océans, 157 p. 18 euros.

Jonnhy Cash, Cash Johnny Cash, Cash, l’autobiographie (avec Patrick Carr). Johnny Cash raconte, quelques années avant sa mort (1932-2003) et avec une pieuse sinon déconcertante franchise, sa propre histoire, depuis son parcours de petit planteur de coton des bords du Mississipi jusqu’aux succès des dernières années, devenu l’une des plus grandes stars de la country music et séduisant aussi bien les grands - Mc Cartney, Bono, Keith Richards... - que les jeunes rockeurs d’aujourd’hui. "Ma vie professionnelle a été simple : coton dans ma jeunesse, musique à l’âge adulte" résumera celui qui, en 320 pages revient sur quarante ans de carrière, évoque les débuts, avec Elvis Presley, Jerry Lee Lewis..., la gloire, les déserts, les aspects sombres aussi (drogue, violence) de sa vie. Ed. Le Castor astral, 320 p. 22 euros.

Journaux

Jean Cocteau, Le passé défini, IV, 1955, Journal . Jean Cocteau (1889-1963) vécut tout, car il fut toujours lié aux modes de son temps, dans ce qu’elles avaient de plus éphémère, comme dans leurs aspects les plus profonds. Après le tome III de son Journal, année 1954, publié en 1989, nous est livrée, aujourd’hui, cette année 1955, dont la grande affaire est, tout de même, son élection du 3 mars à l’Académie française, et qui bouscule bien des convenances. L’homme public est reconnu, couronné, mais le poète veut être lu et souffre de ce manque. "Pyramidal, illisible et seul",notera -t-il, en janvier 1955. Lucidité toujours sur lui même, et ses enfers artificiels, sur l’égotisme de ses écrits, sur l’image superficielle que l’on colporte de lui et qu’il entretient volontiers, sur le fait qu’il vieillisse (il a soixante-six ans), ou que son nez, davantage, se busque, et puis aussi, goût de toujours pour les calembours et les vertiges mondains... En attendant, il voyage... Éd. Gallimard, 432 p. 22 euros.

Jean Starobinski, Les Enchanteresses . Car c’est d’enchantement qu’il s’agit, et d’opéra : journal musical, l’ouvrage est construit autour de deux ensembles d’essais, l’un consacré aux principales oeuvres de Mozart pour la scène et ouvrant un chapitre sur les "opéras de Da Ponte", l’autre composé de sept présentations d’opéras, à partir de Poppéa (1642) et Elektra (1906). Et ainsi, de Manon, à Alcina, Juliette, Ariane..., Starobinski évoque, pour nous, ses Enchanteresses, figures du désir et de l’égarement passionnel, séductrices, amoureuses et dont la passion, pourtant, se conjugue sur un fond mortifère. Le chapitre final, intitulé Ombra Adorata donne irrésistiblement envie d’écouter tout à coup Rossini, ou encore d’aller chercher à lire ce récit éponyme de Hoffmann, ardent et triste et qui parle d’amour et du désir de retrouver l’être perdu. Éd. du Seuil, "La Librairie du XXIe siècle", 286 p. 22 euros.

Alejandra Pizarnik, Oeuvre poétique Alejandra Pizarnik, OEuvre poétique . Traduction de l’espagnol (Argentine) par Silvia Baron Supervielle et Claude Couffon, édition établie et présentée par Silvia Baron Supervielle, postface d’Alberto Manguel. "Il y a encore des rêves en retard" (exergue). Alejandra Pizarnik, née à Buenos Aires, en 1936, s’impose très jeune dans la poésie de son pays. Seulement, il fallait d’abord avoir envie de vivre. Celle qui dans son journal, le 30 octobre 1962, avait écrit : "Ne pas oublier de me suicider", ne l’oublia pas, qui se suicida à trente-six ans, le 25 septembre 1972.
Toute une poésie et des textes, elliptiques, brefs ; une musique qui parle d’amour et de mort intensément et sans répit, de beauté, de désespoir et parfois de grand calme, telle une Enchanteresse, qui ferait sortir cette fillette égarée qui n’est autre qu’elle-même de la route à suivre ; excès au sens étymologique du terme. Éd. Actes Sud, coll. Le cabinet de lecture d’Alberto Manguel, 342 p. 29 euros.

Barthélemy Carré, Le courrier du Roi en Orient, Relations de deux voyages en Perse et en Inde, 1668-1674 . Présentation et annotations de Dirk Van der Cruysse. Restés inédits depuis leur première édition partielle du vivant de leur auteur, en 1699, ces deux récits de voyage du courrier de Louis XIV en Orient, révélés grâce à l’historien et universitaire belge Dirk Van der Cruysse, ressemblent aux purs chefs-d’oeuvre classiques de la littérature de voyage. Agent de Colbert et courrier de Louis XIV, chargé de transmettre les messages de ses maîtres, outre-mer, le père Barthélemy Carré, (né autour de 1638, on ignore la date de sa mort), effectua deux longs voyages, aux prix de mille mésaventures, cocasses, audacieuses, incroyablement périlleuses, à pied, à chameau, en bateau, et dont il rentra ruiné, aucunement remercié, oublié. On lui rend justice trois siècles plus tard, saluant un aventurier à la Chardin, un styliste à la Saint-Simon, un écrivain. Éd. Fayard, 1210 p. 34 euros.

Histoire

Marcel Cohen, Jérôme Peignot, Histoire et art de l’écriture . "Il existe près de six mille langues et/ou dialectes différents, seules quatre cents écritures se partagent le soin de les transcrire" annonce, dans sa préface, cet universitaire, essayiste passionné qu’est Jérôme Peignot, fervent de la lettre, fou de la ligature, issu d’une grande famille de fondeurs-typographes. En 1216 pages, l’ouvrage ainsi rend hommage à ce peuple immense des LETTRES, alphabets, pictogrammes, idéogrammes, calligrammes, et s’articule autour de deux parties : "L’histoire de l’écriture" avec La grande invention de l’écriture et son évolution et L’écriture et la psychologie des peuples, du savant Marcel Cohen (1884-1974), qui a fait date et reste une référence, et "L’art de l’écriture" où, à Charles Paillasson qui traite de "L’art d’écrire" dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, Jérôme Peignot, trois siècles plus tard, fait écho, avec trois traités tout aussi érudits et des plus poétiques : Calligraphie, De l’écriture à la typographie et Du calligramme. Parce qu’écrire n’est pas seulement une activité technique... Éd. Robert Laffont, "Bouquins", 1216 p. 30 euros.

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