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édition du 29 décembre 2005

 

Correspondances

correspondance André Gide et Marc Allegret André Gide, Marc Allégret, Correspondance 1917-1949 . Edition établie, présentée et annotée par Jean Claude et Pierre Masson. "Lafcadio avait cinq oncles ; il était habitué à eux, dès son jeune âge. Je serai tes cinq oncles à la fois." (Gide, à Marc Allégret, Témoignage, p.845). Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres ; celle d’André Gide (1869-1951) et de Marc Allégret (1900-1973) a lieu, alors que l’écrivain, déjà proche de la famille Allégret (en 1885, le père, Elie, qui allait devenir pasteur, était l’ancien précepteur de Gide), à son tour, s’occupe de l’éducation de Marc et de son frère, alors adolescents. Gide, marié à Madeleine, a bientôt cinquante ans. Soucieux de sa mission pédagogique, à la fois sage conseiller et Pygmalion, il ne s’en prend pas moins de passion amoureuse pour Marc, qui a dix-sept ans et s’éprendra, lui aussi, de celui qu’il a coutume d’appeler son "bon oncle", puis "cher" et vers qui, il reviendra, plus de trente ans durant ("J’ai été tellement bien dans ton ombre toutes ces années que j’ai un peu peur tout seul quand tu t’éloignes..." (10 janv. 1938), malgré son "émancipation", sa carrière cinématographique, ses nombreuses conquêtes amoureuses, à chaque fois qu’il a besoin de s’abandonner, à chaque fois qu’il a besoin, sans douter, de se savoir aimé. Gide - en témoigne cette abondante correspondance de 503 lettres, amoureuse, littéraire, culturelle, étonnamment sincère - sera toujours au rendez-vous qu’ils ont sans cesse, dans cette intimité des chemins de l’esprit et du coeur ; il n’est d’inspiration que d’amour. Éd. Gallimard, Les Cahiers de la NRF, 886 p. 45 euros.

J.R.R. Tolkien, Lettres . Editées et sélectionnées par Humphrey Carpenter avec l’assistance de Christopher Tolkien. Traduction de l’anglais par Delphine Martin et Vincent Ferré. D’octobre 1914 au 29 août 1973, quatre jours avant sa mort, pendant soixante ans, l’auteur du magistral Seigneur des Anneaux et de l’une des correspondances les plus prolifiques du XXe siècle, écrivit à ses éditeurs, à sa femme et à ses enfants, à ses amis, ainsi qu’aux admirateurs de ses livres. L’homme apparaît sous toutes ses facettes, à la fois père, conteur, universitaire, extraordinaire architecte de la pensée construite dans ses moindres détails, relate la genèse de ses œuvres essentielles, confie, pas à pas, l’élaboration du Seigneur des Anneaux, qui lui prendra seize ans, tandis que, parallèlement, transparaissent les aléas quotidiens et les angoisses de l’écrivain (354 lettres). Éd. Christian Bourgois, 710 p. 30 euros.

Biographies/Autobiographies

Francesco Paolo Adorno, Arnauld . L’auteur, professeur de Philosophie à l’Université de Salerne aborde la vie et l’oeuvre importante d’Antoine Arnauld, dit le Grand Arnauld (1612-1694). Théologien janséniste, grammairien et logicien, il fut au coeur de bien des controverses théologiques, philosophiques, spirituelles et politiques du XVIIe siècle ; opposé aux jésuites, aux protestants, interlocuteur de Descartes, correspondant de Leibniz, éditeur des Pensées de Pascal, il est l’un de ceux qui ont le plus contribué à légitimer le cartésianisme. Foucault et Chomsky se sont intéressés à sa Logique ou art de penser et à sa Grammaire générale et raisonnée de Port Royal, nées de la controverse qui a opposé Jansénistes, Jésuites et Curie romaine au XVIIe siècle. Adorno en restitue les grands thèmes. Éd. des Belles Lettres, Figures du savoir, 186 p. 21 euros.

Catherine Millet, Dali et moi . "Mon approche est objective dans la mesure où elle s’appuie scrupuleusement sur les écrits de l’artiste aussi bien que sur son oeuvre peinte, mais j’assume sa part subjective..." Ainsi s’explique l’auteur, dans cette démarche personnelle, sinon intime, liant réflexion jubilatoire autour de l’oeuvre (le Journal d’un génie adolescent, écrits, entretiens, tableaux) et de la personne de Dali, avec son importance au corps et les descriptions détaillées qu’il en fait, ses thèmes obsessionnels, ses délires érotiques, ses inclinations sexuelles, son attention amoureuse pour le monde visible ou les sommets du plaisir solitaire - un Dali qui ne cesse, et avec un talent cru, volontiers obscène, obsédé visuel, de s’exposer et de se mettre en scène - et analyse introspective : "J’ai choisi de ne pas dissimuler, voire réprimer, cette implication personnelle". Et comme Dali, Catherine Millet "n’use jamais par euphémisme". Éd. Gallimard, coll. Art et artistes, 256 p. 21 euros.

Mémoires

Giovanni Casanova, Fragments de Mémoires . Intitulés Histoire de ma vie, les Mémoires de Giacomo Casanova (1725-1798) ont été rédigés de 1789 à sa mort, soit plus de 4000 pages, en français. C’était dans une version linguistiquement et moralement censurée que Histoire de ma vie avait été révélée par Stendhal ou encore par Stefan Zweig, suscitant une première flambée du mythe de Casanova. C’est le texte original qui, depuis quelques décennies, nous revient, provoquant un élargissement du mythe du Vénitien, qui au-delà des aventures galantes, laisse entendre l’écrivain, l’amoureux sincère et d’un esprit d’analyse étonnant, le voyageur curieux de tout, le philosophe en action. L’édition est ici illustrée de calligraphies de Brody Neuenschwander. Éd. Alternatives, 96 p.19,50 euros.

Angelika Schrobsdorff, Si je t’oublie Jérusalem . Récit traduit de l’allemand par Corinna Gepner. Curieuse de cette ville où elle est installée depuis vingt ans, fascinée par ce lieu-mémoire qui a inscrit dans ses murs quasiment toute l’histoire des hommes et qu’il lui arrive parfois de détester, l’auteur en fait la chronique quotidienne - banalités et drames confondus -, évoque, au fil de ses rencontres américaines, russes, allemandes ou arabes et en une réflexion sans concessions, l’évolution de l’état du monde, celle de cette Terre promise à tous et pourtant, "déchirée comme aucune autre par la haine partisane, le préjugé, l’intolérance". Éd. Phébus, 340 p. 20 euros.

Romans

Yasmine Khlat, Le diamantaire . Il est né à Nancy en 1955, il est l’un des plus talentueux et des plus exigeants compositeurs français de la jeune génération, il s’appelle Pascal Dusapin.
De sa retraite, en plein hiver, dans la montagne libanaise, une femme, Lila, elle, à peine plus jeune, lui écrit. Elle ne l’a jamais vu. Elle connaît sa vie et ses oeuvres, depuis que son voisin prépare une thèse en musicologie sur lui. Elle l’appelle le diamantaire. Elle lui écrit, pour tout ce qu’elle retrouve en lui d’écho à sa propre vie, son passé, sa musique, sa poésie. Une lettre sobre et silencieuse, dans une Villa Rose, face à un vieux cyprès contemplatif et imprégné de brume, en harmonie avec ses confidences à lui ; "Les quarts de ton, la nuit, la brume, ne parlons pas de la tristesse, voilà autant de choses qui vous rendent plus proche". Yasmine Khlat, née en Egypte, fut comédienne et réalisatrice au Liban, avant de se consacrer à la littérature. Éd. du Seuil, 128 p. 14 euros. A paraître, 5 janvier.

Gabrielle Wittkop, Chaque jour est un arbre qui tombe . "Premier janvier. Chaque jour est un arbre qui tombe. Comme si une voix m’avait éveillée par ces mots...". Journal imaginaire tenu entre le 1er janvier et le 31 décembre par une femme, Hippolyte, qui entremêle souvenirs d’enfance, d’amours, de voyages (en Inde, dans les îles de Krakatoa, Sumatra ou Java) et réflexions sur le Temps. Texte posthume qui tient à la fois du journal, du roman et de l’essai, d’un écrivain (1920-2002), dont l’écriture a un cachet ; amorale et libre, et qui n’a cessé d’arpenter les plus ténébreux territoires de la littérature. Éd.Verticales, 15 euros. A paraître, 15 janvier.

Jean Echenoz, Ravel . Le titre nous l’évoque et la quatrième de couverture nous l’annonce ; "Ce roman retrace les dix dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937)", et pourtant, dès les premières lignes - intimité familière, rythme, description qui ne nous épargne rien du plus visible, jeu entêtant entre l’hyperréalisme du mot et sa musique désinvolte, existence du héros de Ravel, au temps du Boléro (1928) composé, suivi de deux concertos pour piano, tandis que se ressentent les premiers troubles cérébraux qui l’emporteront - nous sommes dans le bain du roman : "On s’en veut quelquefois de sortir de son bain. D’abord, il est dommage d’abandonner l’eau tiède et savonneuse, où des cheveux perdus enlacent des bulles parmi les cellules de peau frictionnée, pour l’air brutal d’une maison mal chauffée". Le récit se déroule entre le départ de Maurice Ravel pour une tournée aux Etats-Unis, en 1927, et sa mort, à l’âge de soixante-deux ans, dix ans plus tard. Echenoz ne réinvente pas seulement Ravel, il le raconte. Ou le contraire, si vous voulez. Éd. de Minuit, 128 p. 12 euros. A paraître, 12 janvier.

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