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Dernières parutions du 28 février 2006

édition du 28 février 2005

 

Mémoires

Journal littéraire, Paul Léautaud Paul Léautaud, Journal littéraire . Préface de Pierre Perret. Il choisissait ses mots, mais ne les mâchait pas. Celui qui à trente-deux ans, déclarait dans son Journal : "Je n’aime dans l’amour que le dévergondage... la patience pour faire la cour à une femme me manque tout à fait", redira de lui, une vingtaine d’années plus tard ; "Mes ironies, mes boutades en pleine émotion ne sont nullement voulues. Elles viennent bien de mon caractère, et elles me viennent bien en écrivant. J’aurais donc grand tort de les rejeter, - pour ressembler aux autres", avait fait le constat définitif de sa méthode d’écriture : une apparente indifférence à tout sentiment, une férocité naturelle et légendaire qu’il entretiendra avec une sincérité inflexible, tant dans ses rapports avec la littérature, ses contemporains et ses "amis" écrivains, qu’avec les femmes. Le Journal littéraire regroupe un choix de pages de l’édition complète (19 volumes) du Journal littéraire de Paul Léautaud (1872-1956), allant de 1893 à 1955, republié, à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Léautaud. Éd. Mercure de France, 927 p. 35 €.

Henri Thomas, Carnets inédit 1947, 1950, 1951 . Ecrivain à la première personne, dont l’écriture pratique l’ascèse de la tension dans la simplicité, romancier, poète, critique très fin, traducteur excellent (Pouchkine, Shakespeare, Melville, Jünger, Goethe...), on sait de lui combien les Carnets figurent au premier plan de l’oeuvre. Aux célèbres Carnets américains, de 1958-1960, aux poèmes, aux récits, s’ajoutent maintenant des pages écrites entre 1934 et 1951, découvertes il y a dix ans dans un grenier, et dans lesquelles il pose les questions fondamentales de la condition humaine et de ses pièges, du mystère du rapport entre l’Homme et la Femme, du choix de l’écriture comme sacerdoce et s’interroge sur les règles du jeu ; "le seul être dont on doive attendre quelque chose, c’est soi-même (...) On doit seulement souhaiter que les autres donnent l’occasion d’offrir ce qu’on a, soi, ce qu’on crée pour eux." Éd. Gallimard, Les Cahiers de la NRF, 544 p.31, 50 €.

Georges Henein, OEuvres . Si l’écrivain (1914-1973), né d’une famille bourgeoise, polyglotte du Caire et sensible aux mutations d’un père ambassadeur, journaliste actif (débuts dans la presse francophone cairote et fin à Paris, à l’Express ), cosmopolite, qui partagea sa vie entre la capitale égyptienne, Rome et Paris, poète, passionné par le mouvement surréaliste, fin critique, fidèle ami d’André Breton, Yves Bonnefoy, Henri Michaux, Henri Calet, est resté méconnu à ce jour, c’est qu’il aura beaucoup écrit - plaquettes de poèmes et récits jusque-là introuvables, essais, articles politiques, chroniques littéraires - mais assez peu publié de son vivant. 1050 pages, chères, car miraculeuses d’avoir été exhumées, désormais, le rassemblent et font parler cet homme de culture et de présence au monde, ce pessimiste pourtant gourmand, qui s’était infiniment pris d’affection pour les mots, ceux qui, disait-il, faisaient "miroirs réfléchissants" et l’aidaient à déjouer la solitude avec ses enfoncements suspects et ses faux jours ... Éd. Denoël, 1050 p. 50 €.

Louis Calaferte, Traversée - Carnets XII, 1990 . La mémoire de Louis Calaferte (1928-1994), on la doit à son éditeur, Gérard Bourgadier qui, chaque année, en février, nous offre une année des Carnets de Louis Calaferte. Carnets, où Calaferte, isolé volontaire, voué à son art essentiellement, exigeant, provocateur et pourtant pudique, inscrit jour à jour le cheminement de son oeuvre protéiforme et abondante (en son temps, censurée pour obscénité ou pornographie), et rassemble dans un même sens de l’absolu tous les Calaferte à la fois : le romancier, le poète, le dramaturge, l’essayiste, le peintre, diariste qui se sent souffrir, comme il se sent être, et se demande un samedi 10 mars de cette année-là : "Qu’est-ce qui sent l’un et l’autre ?" Éd. Gallimard, L’Arpenteur, 270 p. 25 €.

Thomas Mann, Études . Traduction de l’allemand et présentation de Philippe Jaccottet. Issu de la bourgeoisie munichoise, Thomas Mann (1875-1955), "le grand écrivain allemand du premier XXe siècle", prix Nobel en 1929, témoin privilégié de la chute de son milieu et de ses bouleversements historiques, a toujours rendu publiques ses opinions lucides sur la situation politique de son pays, comme lors de la montée nazie contre laquelle il lutta, et qui le força à l’exil, dès 1933, aux Etats-Unis. En 1949, il fait paraître trois études dans lesquelles il évoque l’épreuve que viennent de subir l’Allemagne et l’Occident, et présente les trois personnages en qui s’exprime la quête "européenne" des XVIII, XIX et XXe siècles ; Goethe et son insaisissable personnalité, Nietzsche et ses rapports avec le judéo-christiannisme, la démocratie et le nazisme, et lui-même, analysant sa propre situation spirituelle et philosophique, à travers la genèse de l’une de ses oeuvres magistrales : Joseph et ses frères, écrite entre 1933 et 1943. Le texte avait disparu. Philippe Jaccottet le restitue. Éd. Le Promeneur, "le Cabinet des lettres ", 176 p.18 €.

Correspondances

Lettres à Felician, Ingeborg Bachmann Ingeborg Bachmann, Lettres à Felician . Traduction de l’allemand et préface de Pierre-Emmanuel Dauzat. Née en Autriche en 1926, la célèbre poétesse allemande, Ingeborg Bachmann, meurt accidentellement, des suites de brûlures, en 1973. Tragique, le destin quand il est court, troublant, quand il se mêle de signes prémonitoires ; "Mes pensées sont lugubres ou plus souvent si mêlées et intenses que je crains de m’envoler avec elles dans le monde. Et peut-être aussi de m’y brûler", avait-elle écrit dans les "Lettres à Felician", alors âgée de dix-huit ans. Texte court, énigmatique, en un-je-ne-sais-quoi d’aérien et si sombre déjà, absolu, dans le lyrisme amoureux. Felician existe-t-il ? "... c’est que dans le coeur des épistolières, les maître n’existent pas". Felician ? regard élu, présence indispensable au Poète pour "tisser l’exigence de l’invisible". C’est une musique, tantôt en vers, tantôt en prose qu’on entend ici, liée au sublime de l’existence pour conjurer l’immanence de la mort, à la naissance salvatrice de l’écriture, réceptive au questionnement du langage expressif et exact, à cet apprentissage de la langue des ombres, des feuilles, de l’eau, de l’écriture des pierres. Ed. Actes Sud, 88 p.12,50 €.

Cristina Campo, Lettres à Mita . Traduction de l’italien de Monique Baccelli, postface de Margherita Pieraci Harwell. Auteur d’une oeuvre en prose secrète, ardente, réunie pour l’essentiel dans Les Impardonnables et dans La noix d’or (tout récemment publié chez le même éditeur), traductrice de John Donne, Hugo von Hofmannsthal, William Carlos Williams, Cristina Campo (1923-1977) fut également poète et a laissé une importante correspondance, dont ces affectueuses Lettres à Mita, Margherita Pieracci, qu’elle rencontre, en 1952, et qu’une amitié longue de 24 ans - née sous le signe d’une admiration commune pour Simone Weil - va lier. "Chère Mita, j’ai passé toute la journée sur le lac qui est d’une transparence de soie" (11 sept. 57) ; ses lettres, qui s’échelonnent entre 1956 et 1975, épousent les formes de son oeuvre ; écriture tantôt transparente, tantôt âpre, parfois mystique, creusée de l’intérieur, engagée dans une quête de vérité et de beauté et qui affronte le désarroi ou l’angoisse de ne se vouloir ni juge ni prophète, mais spirituelle, attentive au monde et vigilante. Éd. Gallimard, L’Arpenteur, 448 p. 31,50 €.

Romans

Jérôme Garcin, Cavalier seul, Journal équestre . "Jamais l’idée de tenir un journal intime ne m’a effleuré, même certains soirs de mélancolie." A travers la chronique d’un amour qu’il voue à son cheval Eaubac, condamné, parce qu’il souffre d’une arthrose précoce qui le rendra bientôt inapte à être monté, celui qui avoue, dans son avant-propos, sa méfiance envers le "chuchotis de sacristie" des diaristes, livrera à son insu un journal, "journal équestre" terrible aveu de cette passion de l’équitation, de cette fièvre du cheval qui "jour après jour le dévore". Journal intime, histoire d’amour, comme un compte à rebours qui annonce les étapes de la séparation proche, colore chaque promenade d’une déchirante nostalgie, plonge la plume dans l’aventure intérieure et provoque le travail de rupture, de deuil, de mémoire. Éd ; Gallimard, 288 p. 18 €.

Kathe Burkhart, Deux âmes soeurs . Traduction de l’anglais (États-Unis) par Daniel Bismuth. Kathe Burkhart retrouve dans le grenier de sa grand-tante Grace, les lettres d’une certaine Kate Gibson. Ces lettres datées de 1927 à 1929, "renseignaient sur une amitié romantique entre deux femmes en un temps et lieu où l’amour qui n’osait dire son nom venait à peine d’en acquérir un". Elle décide d’imaginer et de réécrire les réponses aux lettres de Kate, dont les originaux manquaient, parce qu’ils avaient été détruits. Ainsi prend vie une correspondance des plus romanesques entre deux femmes que tout séparait, inattendue, passionnelle autant que pudique, dont les derniers mots de la dernière carte diront l’essentiel de la relation ; "Avec un coeur plein d’amour de quelqu’un qui vous aime plus que vous ne le saurez jamais", entre Virginie et Caroline du Sud, au tournant des années 30 et alors que le souvenir de la guerre de Sécession reste encore vivace. Éd. Hachette Littératures, 264 p. 21,50 €.

Histoire

Édith Garnier, L’âge d’or des Galères de France - le champ de bataille méditerranéen à la Renaissance . A partir d’une documentation fouillée, riche d’extraits de mémoires, de correspondances, l’auteur, spécialiste d’histoire maritime, s’est attaché à cette période historique de l’Europe, allant de 1494 à 1525, et à son évolution politique générale "étape de turbulences, celle où se mettent en place les nouveaux équilibres et les grandes fractures de l’ère moderne", alors que la mer et les ports allaient devenir un vaste champ de bataille et que le roi de France, pour faire face aux invasions, aurait recours à une flotte corsaire de galères armées par des entrepreneurs marseillais. Episodes tumultueux, personnages grandioses, rebondissements et coups de théâtre, qui nous ouvrent les yeux sur l’irruption de la puissance militaire turque dans le domaine de la civilisation chrétienne de l’Occident, nous font faire un immense voyage à la conquête de l’hégémonie en Méditerranée et découvrir le rôle essentiel qu’ont joué les Galères de France. Éd. Le Félin, coll. Les marches du temps, 320 p. 22,90 €.

Revue

Revue de L’AIRE. Recherches sur l’épistolaire Dossier Lettre et poésie . N°31, Hiver 2005. Librairie Honoré Champion. Sous la direction de Geneviève HAROCHE-BOUZINAC. Lire le sommaire sur le site de L’AIRE (Association Interdisciplinaire de Recherches sur l’Epistolaire). http://www.epistolaire.org/

Corinne Amar

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