Fondation d'entreprise LA POSTE

Recherche

 

Dernières parutions du 14 avril 2006

 

Correspondances

Saint John Perse, Lettres atlantiques Saint-John Perse, T.S Eliot, A.Tate, Lettres atlantiques. 1926-1970. Réunion, traduction et présentation Carol Rigolot. Saint-John Perse a été un épistolier particulièrement assidu. Pour exemple, ce recueil abrite la correspondance réunie et traduite pour la première fois, que Saint-John Perse échangea avec les poètes américains T.S.Eliot et Allen Tate. De 1926 à 1970, leurs lettres écrites entre la France, l’Angleterre et l’Amérique rendent compte de l’extrême admiration, de l’inépuisable générosité et de l’élégance qui caractérisent leur amitié. Elles suivent les trois écrivains dans leurs destinées professionnelles et affectives et sont riches d’enseignement sur la vie politique, littéraire et sociale de leur temps. Fortement impressionnés par Anabase, Eliot et Tate oeuvreront beaucoup pour la reconnaissance des textes de Saint-John Perse dans le monde anglo-saxon. En contrepoint, les lettres d’Eliot à Marguerite Caetani et celles de Tate à Katherine Biddle laissent toutefois transpirer quelques zones d’ombres dans les relations entre les trois hommes. Tate et Eliot s’y inquiètent des silences déconcertants et de la personnalité mystérieuse de Perse. Quand on sait combien Perse a pu solliciter ses deux amis pour la postérité de son oeuvre, on peut imaginer la déception de Tate quand ses demandes d’une collaboration de Perse à des volumes d’hommages le concernant ou consacrés à Eliot après sa mort resteront lettres mortes. Éd. Gallimard, Cahiers de La NRF, 288 p, 17,50 €.

Mémoires/ Journaux

André Malraux, Carnet du Front populaire 1935-1936. L’auteur de La Condition humaine n’a jamais tenu de journal. Quand il entame la rédaction de ce carnet au printemps 1935, il a dans l’idée de coucher sur le papier des notes qui viendront nourrir son projet d’un roman sur le Front populaire. Étalées du 22 avril au 14 juillet 1936, ces notes restituent le climat de cette période charnière de l’histoire de la France qui voit la montée du Front populaire et sa victoire aux élections. Membre actif depuis 1932 de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, Malraux est de tous les combats, de tous les meetings. Fortement impliqué dans la lutte contre le fascime, il milite pour la libération des communistes allemands auprès de son ami André Gide, rend visite à Gorki en URSS, rencontre les intellectuels espagnols, soutient Léon Blum au meeting du Vel d’Hiv le 7 juin 1936. Sous sa plume on revit les bouleversements de ces années là, le spectacle des grèves, les scènes de foule, les prémices de la guerre d’Espagne. Sous nos yeux défile une galerie de portraits, André Gide, Léon Blum, Léo Lagrange, Mauriac et Montherlant mais aussi les personnages de la rue croqués dans des situations insolites. Ces notes ne serviront finalement pas. C’est dans la guerre d’Espagne qui éclate le 18 juillet 1936, que Malraux trouvera la matière de L’espoir. Éd.Gallimard, 128 p, 15 €.

Gore Vidal, Palimpseste. Traduction de l’anglais Lydia Lakel. Issu de la grande bourgeoisie américaine, Gore Vidal, s’est essayé avec talent à la politique, au cinéma, au théâtre et à la littérature. S’affranchissant de toute contrainte chronologique, il revient dans ces Mémoires sur les vingt-neuf premières années de sa vie. En 1946, il devient célèbre et choque l’Amérique puritaine avec son roman Un garçon près de la rivière qui traite d’homosexualité. Ami des Kennedy, d’Anaïs Nin, de Tennesee Williams, amant de Truman Capote, il a côtoyé nombre de figures incontournables des sphères politique et artistique. Sans complaisance, avec ironie et une intelligence redoutable, Gore Vidal esquisse tout à la fois son autoportrait, le portrait de tous ceux qui ont su capter son attention et livre une réflexion d’une grande lucidité sur les travers de la société américaine. Éd. Gallaade Éditions, 640 p, 25 €.

Romans

Vénus Khoury Ghata, La Maison aux orties . Dans la chaleur étouffante d’un été parisien, Vénus Khoury Ghata, cuisine, jardine, écrit et jette un regard derrière elle, sur cette vie déjà écoulée. Sa mémoire la ramène vers les lieux et les visages les plus déterminants, ceux qui vous accompagnent toute une vie. Vivants et morts se superposent. Au fil des souvenirs, surgissent ainsi la maison aux orties de son Liban natal, la figure centrale de la mère, le frère mort de poésie et de folie, le mari tant aimé disparu trop tôt, l’amant peintre. Un souffle de poésie parcourt tout le livre. Éd. Actes Sud, 128 p, 15 €.

Mehdi Charef, À bras-le-coeur. Dans ce roman autobiographique, l’écrivain, cinéaste et dramaturge se libère enfin des douleurs et des humiliations de l’enfance, longtemps gardées sous silence. Il vient au monde en 1952. Ses jeunes années ont pour décor le reg algérien et la médina de Marnia dans le département d’Oran. La guerre fait rage avec son lot d’horreurs et de privations. Il ya la peur qui colle à la peau, le manque du père parti travailler en France et l’école de la débrouillardise avec le frère aîné. Au milieu des années 60, la famille rejoint le père en France. Au déchirement de l’exil, va s’ajouter l’éprouvante condition d’immigré dans le bidonville de Nanterre. Mehdi Charef raconte tout cela, la violence, la détresse, la pauvreté, la révolte mais le récit se fait tendre, drôle et émouvant quand il évoque le souvenir précieux des êtres chers. Éd.Mercure de France, 188 p, 14,80 €.

Marc Lambron, Une saison sur la terre. A l’automne 2004, lors d’un mariage d’une de ses cousines en Normandie, Marc Lambron reconnaît parmi les invités, Marianne, une camarade de khâgne de son lycée lyonnais, qui l’a subjugué trente ans plus tôt et qui a en partie inspiré un des personnages de son dernier roman. A quelques semaines d’écart, Jean-Marie Périer le convie à une session d’hommages rendus à Scotty Moore, le guitariste d’Elvis Presley, dans les mythiques studios londoniens d’Abbey Road. 1974-2004, ce téléscopage du passé et du présent, l’apparition de Marianne et la rencontre avec quelques unes des idoles de sa jeunesse, vont réactiver la machine des souvenirs. Lambron se laisse à nouveau glisser dans son enveloppe d’enfant et d’adolescent. Les images et les émotions se bousculent : les cadeaux dans les paquets de lessive Bonux, les yaourts Dany, Belphégor, les discours du Général de Gaulle à la télévision, la lecture de Proust et de Barthes, Eric Clapton, les Beatles, les Doors, les Who, les cheveux au henné et les taches de rousseur de Marianne. Éd.Grasset, 354 p, 18,90 €.

Ian Pears, Le Portrait . Traduction de l’anglais Georges-Michel Sarotte. Au début du XXème siècle, Henry Mac Alpine, peintre, vit sur l’île d’Houat dans le Morbihan. Quelques années auparavant, il était un portraitiste prisé dans le milieu artistique londonien. Il devait son succès à la protection de son ami William Nasmyth, célèbre et influent critique d’art. Très vite, la jalousie et la désillusion viennent égratigner cette belle amitié, éloignant les deux hommes l’un de l’autre. Jusqu’au jour où Henry reçoit une lettre de William l’invitant à réaliser son portrait. La visite du critique sur l’île scelle le début d’un duel psychologique sans merci au cours duquel Henry va tenter de faire toute la lumière sur la responsabilité de William dans la mort tragique d’une certaine Evelyn. Éd. Belfond, 204 p, 18,50 €.

Art

Laurent Houssais, Journal de Cézanne . Laurent Houssais fait entrer en résonnance la vie, l’oeuvre et la société du temps de Cézanne selon deux approches chronologiques. Celle d’un "journal intime" qui s’appuyant sur un choix de sa correspondance, des témoignages, ses carnets de dessins ou ses propres écrits, reflète aussi fidèlement que possible la vie et le travail de l’artiste. Celle d’un "journal de l’époque" qui, étudiant l’environnement politique, économique et artistique, montre comment sa peinture s’en est trouvée façonnée. Cette double lecture nous éclaire davantage sur le parcours complexe de Cézanne et souligne la place prépondérante qu’il occupe dans l’art du XIXème siècle et dans les recherches picturales du XXème siècle. Éd. Hazan, 384 p, 27 €.

Moi Cézanne, "... le torrent du monde dans un pouce de matière" . L’artiste vu par ses contemporains. Édition Lucia Reid. Un voyage au coeur du mystère Cézanne, à travers les récits des amis et des admirateurs qui ont saisi le génie du peintre. Sa pensée lumineuse sur l’art s’exprime ainsi dans les témoignages de Rilke, de Joachim Gasquet, de Thédore Duret ou dans ses lettres à Émile Bernard. Éd. Magellan & Cie, 160 p, 25 €.

Elisabeth Miso

Abonnez vous à notre Lettre d’information,
FloriLettres

Chaque mois, recevez gratuitement la revue culturelle de la Fondation La Poste consacrée à l’actualité littéraire et au patrimoine de la correspondance.
Pour s’inscrire, cliquez ici
Le lien "s’abonner" est obsolète. > s'abonner

A la une

Le Prix « Envoyé par La Poste » 2016 remis à Thierry Froger

30 août 2016 - Thierry Froger remporte le Prix « Envoyé par La Poste » pour son livre Sauve qui peut (la révolution),lire la suite

Les actions

Les actions de la Fondation La Poste 2015

La Fondation La Poste qui se veut à la fois culturelle et sociale a pour objet de soutenir l’expression écrite - dans la mesure où s’y incarnent les valeurs communes au Groupe La Poste - et en particulier la confiance, la solidarité, la proximité et l’innovation. Ainsi, elle encourage plus précisément avec un souci de la qualité et avec éclectisme : l’écriture épistolaire, l’écriture vivante et novatrice, l’accès à l’écriture sous ses diverses formes… lire la suite