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Gaston Chaissac, le Picasso en sabots. Par Nathalie Jungerman

 

Expo Chaissac au Musée de la Poste Exposition Gaston Chaissac, Homme de lettres
Du 11 avril au 22 juillet 2006
Musée de La Poste -Galerie du Messager

Commissaire de l’exposition : JOSETTE RASLE
Scénographie : PATRICK BLEAU

34 Bd de Vaugirard
75731 PARIS CEDEX 15
Lire : Entretien avec Benoît Decron, , Édition du jeudi 15 janvier 2004 "Gaston Chaissac, Correspondances" l’article

"[...] Si Picasso était peintre dans un régiment, il serait sans doute capitaine en supposant que Léonard de Vinci aurait été général, et qui sait si je ne pourrais pas être sous lieutenant ?"
(Gaston Chaissac, septembre 1946, lettre à Jeanne Kosnick-Kloss)

"J’imagine que Picasso eu les mêmes réactions que moi devant l’oeuvre de Freundlich et que lui et moi devons à l’influence de freundlich et a notre cousinage (Picasso doit être comme moi arabisé) nos oeuvres respectives".
(Gaston Chaissac, juin 1947, lettre à Michel Ragon publiée dans Gaston Chaissac - Correspondances, Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, 2004)

Lieu de conservation et de diffusion du patrimoine postal où siège l’histoire du courrier, le Musée de La Poste accueille l’oeuvre de Gaston Chaissac (1910-1964), épistolier, dessinateur, peintre et écrivain, dans le cadre d’une subtile exposition réalisée par Josette Rasle. Onze salles dans lesquelles l’écriture et la peinture sont mises en relation, révèlent l’originalité de Chaissac. Le visiteur découvre l’humour poétique, la liberté, l’insolence et la dérision de cet artiste inventif, chroniqueur de la vie quotidienne, qui a exposé pour la première fois en 1938 grâce au peintre et sculpteur Otto Freundlich, et qui a entretenu une importante correspondance avec des personnes plus ou moins célèbres. Chaque salle est dédiée à l’un des principaux correspondants - peintres, photographes, écrivains, directeurs de revues, poètes... - à travers des toiles, de nombreux dessins, des photographies et des lettres écrites entre autres à son épouse, Camille Guibert, à Freundlich, Jeanne Kosnick-Kloss, Albert Gleizes, Jean Paulhan, Michel Ragon ou Jean Dubuffet. Chaissac ne s’adresse pas à tous de la même manière et son écriture manuscrite est tantôt enfantine, truffée de ratures, de taches d’encre ou de fautes d’orthographe, tantôt régulière, sans rature, ni fantaisie syntaxique. En même temps qu’il observe avec justesse et sensibilité le monde qui l’entoure, il se plaît à inventer des néologismes, à adopter des termes populaires ou choisis, extraits du parler patois vendéen ou du dictionnaire, à s’accommoder d’expressions toutes faites, fort expérimenté qu’il est dans le maniement du langage. Sa narration est souvent fragmentée, inattendue, par le jeu du contraste stylistique et des ruptures de tons.
Chaissac, vendéen anticlérical et contestataire qui intègre l’écriture dans ses oeuvres plastiques dès les années 1940, utilise toutes sortes de supports : toile, papier, bois brut, pierre, zinc, tuyaux de poêle, portes, gamelles, objets divers sur lesquels il cerne de noir des formes aux couleurs vives et chatoyantes ; germination de la ligne serpentine et omniprésence de la figure humaine. Le langage écrit est partout dans l’œuvre de Chaissac et en particulier la signature qui est un objet en soi : Gaston Chaissac "fabricant de laissés-pour-compte", "Gaston Chaissac d’Isba ma foi", "g. Chaissac, dit chie-en-sac", "Gaston Chaissac de l’école des laids arts", "Chaissac, le Picasso en sabots"... Légendes, titres, lettres et missives sont étroitement liés à la composition des huiles, des encres sur papier et des collages. Les digressions en prose calligraphiée abondent dans la création plastique et dans la correspondance.
L’exposition consacre une salle à la projection d’un film documentaire, réalisé en 1998 par Jean-Paul Fargier, Gaston Chaissac, plante vivace (1910-1964), produit par Les Films du Tambour de Soie (Marseille). Ce portrait restitue l’univers artistique et familial de Chaissac, inscrivant ses créations picturales dans son environnement, chemins de traverse, vallons, bocages et forêts, les lieux de son enfance, la Bourgogne, et la Vendée où il a vécu une grande partie de sa vie. Des images d’archives montrent Chaissac en train de peindre et dessiner, donnent à entendre sa voix : "quand je peins, le tableau est dans une position horizontale, posé sur le plancher et je suis accroupi sur lui. Je n’ai jamais eu de chevalet". Ses lettres et autres textes dits par le comédien Denis Podalydès accompagnent son oeuvre audacieuse et extraordinairement variée. Annie Chaissac, filmée devant la boîte aux lettres où son père venait déposer son courrier, parle de lui avec tendresse.
Entre les oeuvres exposées dont certaines inédites et la projection du documentaire, le Musée de La Poste offre un bel hommage... à l’image du "Picasso en sabots".

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