Fondation d'entreprise LA POSTE

Recherche

 

Dernières parutions du 9 mai 2006

 

Essais

Comme une lettre à la poste de Roger Duchêne Roger Duchêne, Comme une lettre à la poste. Les progrès de l’écriture personnelle sous Louis XIV . Du XVème au XVIIème siècle, la lettre va passer du statut d’objet littéraire, privilège des érudits, à celui d’objet intime à la portée de tous ceux qui savent écrire. Plusieurs mutations successives sont à l’origine de cette transformation radicale de la pratique épistolaire. Les humanistes délaissent les codes rigides du Moyen Âge et prennent pour modèles les lettres familières de Cicéron, de Pline ou de Sénèque, adoptant un style plus spontané proche de la conversation. La lettre se libère davantage quand le latin, langue commune des intellectuels européens, s’efface au profit de la langue du pays. La lettre se hisse alors au rang de genre littéraire à part entière. Au XVII ème siècle, les cercles mondains et les femmes s’emparent à leur tour de la lettre. La mise en place par Louvois d’un service postal régulier favorise les échanges de correspondances. Les spécialistes continuent cependant de n’attribuer à la lettre de valeur littéraire que si elle répond aux règles des Anciens. Mais le goût du public pour une écriture plus personnelle l’emporte et même si la lettre conserve sa nature littéraire ouvrant la voie au roman épistolaire, elle se banalise par ailleurs et devient un moyen de communication. Pour suivre cette aventure du courrier, Roger Duchêne revisite la plume épistolière de Mlle de Scudéry, de Mme de Sévigné, de Mme de La Fayette, de Bussy-Rabutin de Pascal ou encore de La Fontaine. Ed. Fayard, 360 p, 22 €. Avec le soutien de la Fondation La Poste.

Correspondances

Goupilleau de Montaigu, Mireille et Philippe Bossis Mireille Bossis et Philippe Bossis, Goupilleau de Montaigu, Les apprentissages d’un révolutionnaire vendéen (1763-1781). C’est au travers de plus de 500 lettres en provenance de sa famille et de ses amis que s’esquisse le portrait de Philippe-Charles-Aimé Goupilleau de Montaigu, jeune avocat vendéen issu de la bourgeoisie de campagne qui s’engagea dans la révolution. De 1763, année où il rejoint à 14 ans le séminaire-collège de Luçon à 1781 où il abandonne pour un temps la carrière d’avocat pour rentrer dans son Bas-Poitou occuper les fonctions de sénéchal de Rocheservière et se marier à une cousine en 1782, on le suit dans sa formation et dans son ascension sociale. Fils d’un notaire et procureur fiscal, il est de par son milieu et son métier d’homme de loi immergé dans les conflits humains propres au bocage vendéen dans ces dernières années de l’Ancien Régime. Au contact de cette réalité, il se forge une opinion sur les problèmes locaux et nationaux qui le conduit à revendiquer des réformes politiques et judiciaires et à s’impliquer dans le combat révolutionnaire. Anticlérical, procureur-syndic du district de Montaigu en 1790, élu premier député de la Vendée à l’Assemblée Législative en 1791, membre de la Convention où il siège à la Montagne en 1792, il sera favorable à la mort du roi. Ed. Connaissances et Savoirs, 766 p, 37 €.

Biographies / Autobiographies

Monica Strauss, La vie et les amours de Frida Strindberg. Fille de Friedrich Uhl, rédacteur en chef de la Wiener Zeitung, organe officiel de la cour impériale et critique dramatique les plus en vogue de Vienne, Frida Uhl souhaite elle aussi faire carrière dans le monde culturel. En 1893, elle a 20 ans et ses rêves d’indépendance se heurtent à la dure réalité des relations hommes-femmes. Le mouvement d’émancipation des femmes dérange et même si beaucoup d’artistes et d’écrivains défendent la liberté sexuelle, les femmes vivent sous la pression des convenances et ne se voient guère accorder de véritable visibilité sociale. À 20 ans, Frida, jeune femme brillante rédige déjà des articles pour son père et entend bien faire reconnaître ses talents. Elle épouse August Strindberg de 20 ans son aîné et gardera les stigmates de son union avec cet homme tourmenté, obsessionnel, hanté par sa première femme, fasciné par les femmes de caractère mais redoutant d’être menacé dans sa virilité. Par ambition et intérêt intellectuel elle cherchera toujours à se lier à des créateurs ; elle inspirera ainsi Strindberg, Frank Wedekind, Arthur Schnitzler. Des années 1890 aux années 1920, de Berlin, Munich, Vienne, Londres à New York, elle mène une vie de bohème, vers où la porte les pôles culturels formés par des groupes d’écrivains et d’artistes, au sein desquels elle aiguise son intuition artistique. Un choix de divers fragments de correspondances témoigne de sa lutte constante pour se dérober à la sujétion des hommes et affirmer son autonomie intellectuelle et sexuelle. Ed. Autrement, 250 p, 19 €.

Vincent Duclert, Alfred Dreyfus, L’honneur d’un patriote. Certes le journal et les notes de Dreyfus, Cinq années de ma vie et Carnets, nous donnent déjà une idée de l’homme et de ses convictions, mais parmi la pléthore d’ouvrages consacrés à cette affaire, on ne dénombre curieusement aucune biographie du principal intéressé. En cette année de commémoration du centenaire de sa réhabilitation, le travail exemplaire de Vincent Duclert rend à Alfred Dreyfus le rôle central qu’il a joué dans cette terrible crise qui devait profondément marquer la IIIème République. Condamné par deux fois en 1894 et en 1899, déporté de 1895 à 1899 sur l’île du Diable en Guyane puis gracié, le capitaine doit avant tout à lui-même, à son étonnante résistance à sa force morale, à son acharnement à prouver son innocence, sa totale réhabilitation en 1906. Vincent Duclert, spécialiste du cas Dreyfus, qui a notamment établi l’édition récente chez Mille et une nuits de la correspondance croisée entre Dreyfus et sa femme Lucie (Écris-moi souvent, écris-moi longuement... Correspondance de l’île du Diable), revient sur toutes les étapes de ce complot d’un état-major général qui a vu en cet officier brillant, juif et d’un profil trop moderne à son goût un coupable idéal. Des extraits du journal et de la volumineuse correspondance de Dreyfus à sa femme, à sa famille et aux représentants de l’État, illustrent le récit du biographe. Ed. Fayard, 1280 p, 30 €.

Claude Dufresne, La Marquise de Sévigné . Claude Dufresne qui a pu consulter des archives familiales inédites, s’est penché sur le destin exceptionnel de Mme de Sévigné. Très cultivée et d’une grande beauté, elle devient veuve à 25 ans et bannit de sa vie toute relation amoureuse. Elle se partage entre sa retraite bretonne et des séjours parisiens à a Cour et dans les salons où elle côtoie Louis XIV, Fouquet, Colbert, Mme de Maintenon, La Fontaine, Mme de La Fayette. Grande épistolière, elle correspond avec ses amis parisiens, son cousin Bussy-Rabutin et surtout avec sa fille Mme de Grignan. Tantôt grave ou enjouée, elle témoigne avec passion et subtilité des grands événements et des figures illustres de son temps. Ed. Pygmalion, 350 p, 19,90 €.

Mémoires / Journaux

Sybille Bedford, Sables mouvants. Traduction Arlette Martin. Bourgois publie les Mémoires de Sybille Bedford romancière et journaliste, décédée en février dernier, qui laisse quelques romans, une biographie du poète Aldous Huxley et des récits de voyages. L’auteur de Visite à Don Otavio, naît en 1911 en Allemagne, d’un père aristocrate original et d’une mère férue de littérature. A la mort de son père, elle quitte sa terre natale pour toujours et rejoint sa mère et son beau-père italien. Elle grandit en Italie et en France, puis à l’âge de 14 ans sa mère l’expédie à Londres parfaire son éducation tout simplement inexistante. Elle obtiendra la nationalité anglaise en 1936 grâce à un mariage arrangé. Dans les années 50, après un séjour aux États-Unis et au Mexique, on la retrouve en Italie aux côtés de Martha Gellhorn, ex-femme d’Hemingway, correspondante de guerre et romancière, qui encourage ses rêves d’écriture. Sybille Bedford s’accroche à son ambition d’écrivain et vit de l’aide financière d’une amie. Elle s’adonne au journalisme et se consacre plus particulièrement aux grands procès, ceux des criminels de guerre allemands ou encore celui de l’assassin de Lee Harvey Oswald. Au fil de ses souvenirs, Sybille Bedford évoque les drames, les précieuses amitiés avec le couple Huxley, Klaus et Thomas Mann notamment et son amour de la littérature. Ed. Christian Bourgois, 388 p, 26 €.

Maurice Nadeau, Journal en public . Depuis une dizaine d’années, Maurice Nadeau, éditeur essayiste et critique, tient un Journal en public dans la Quinzaine littéraire, magazine qu’il a créé il y a 40 ans. Il y parle de ses lectures, des événements littéraires et éditoriaux, des auteurs qu’il admire. Qu’il s’enthousiasme pour Louis-René Desforêt, Bataille, Beckett, pour la correspondance de Flaubert ou la biographie de Laure Adler sur Duras, c’est sa passion de la littérature qu’il distille chronique après chronique. Ed. M. Nadeau, 180 p, 20 €.

Romans

Corinne Atlan, Le monastère de l’aube . Ample roman d’initiation où le parcours d’un tout jeune garçon placé par son père, comme novice dans un monastère près de Kyoto, dans un Japon de la seconde moitié du XIXe siècle, en pleine mutation. Sur fond d’histoire politique et religieuse, nous suivons l’itinéraire du moine Mitsudô, dans sa quête du sens et de la vérité ; périple qui le mènera de Kyoto au Tibet, en passant par Ceylan, le Népal, lui fera vivre "les noces de sa propre conscience avec l’univers", goûter l’amour et le désir, écrire un journal, envoyer des lettre à sa soeur... Ivresse des pratiques méditatives, bribes du temps, nuages, bols de riz, réponses en dehors de tout raisonnement. La langue de ce roman, si sensible à la musique, à la poésie, déployée dans la beauté des descriptions, rend tout de ce parfum, dans une Asie devenue familière, d’une vie, d’une quête, d’une recherche intime : la fraîcheur de l’Origine. Éd. Albin Michel, 355 p. 20 €. (Corinne Amar)

Elisabeth Miso

Abonnez vous à notre Lettre d’information,
FloriLettres

Chaque mois, recevez gratuitement la revue culturelle de la Fondation La Poste consacrée à l’actualité littéraire et au patrimoine de la correspondance.
Pour s’inscrire, cliquez ici
Le lien "s’abonner" est obsolète. > s'abonner

A la une

Le Prix « Envoyé par La Poste » 2016 remis à Thierry Froger

30 août 2016 - Thierry Froger remporte le Prix « Envoyé par La Poste » pour son livre Sauve qui peut (la révolution),lire la suite

Les actions

Les actions de la Fondation La Poste 2015

La Fondation La Poste qui se veut à la fois culturelle et sociale a pour objet de soutenir l’expression écrite - dans la mesure où s’y incarnent les valeurs communes au Groupe La Poste - et en particulier la confiance, la solidarité, la proximité et l’innovation. Ainsi, elle encourage plus précisément avec un souci de la qualité et avec éclectisme : l’écriture épistolaire, l’écriture vivante et novatrice, l’accès à l’écriture sous ses diverses formes… lire la suite