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Extraits choisis - David Perlov

 

Portrait de David Perlov David Perlov
© Perlov

Mai 1973, j’achète une caméra. Je commence à filmer moi-même et pour moi-même. Le cinéma professionnel ne m’attire plus. Je filme jour après jour à la recherche d’autre chose. Je cherche avant tout l’anonymat. Il me faut du temps pour apprendre à le faire.
Diary, 1ère partie (1973-1983)

Qu’est-ce que je filme ? Quel genre de film ? Un film de famille ? Un journal ?
Diary, 1ère partie (1973-1983)

L’idée de faire un journal cinématographique a germé en moi avant la guerre du Kippour mais pas de manière très précise. A ce moment-là, j’étais occupé à faire six films sur des gens qui évoquaient leurs souvenirs de la guerre d’Indépendance. Un travail de journaliste. Ces films étaient destinés à la télévision. C’était la première fois que je travaillais avec une caméra 16 mm BL, ayant utilisé jusqu’alors une 35 mm qui est une caméra lourde et compliquée, et qui exige une mise en scène précise. Je me trouvais à Jérusalem, sur le toit d’une maison pour photographier le lieu où les Arabes ont fait sauter l’agence juive en utilisant une voiture piégée. Et tout à coup, une jeune prostituée apparaît sur le toit - venue d’une autre planète - et je parle avec elle. _ J’oubliais presque ce que j’étais venu faire. Son monologue était impressionnant. Il était évident qu’avec ma nouvelle petite caméra, je pouvais facilement la photographier, enregistrer sa voix. Et je me suis dit "Voilà, c’est ce qu’il faut faire". Errer avec la caméra en main et filmer. C’est ce que j’avais fait, déjà, dans A Jérusalem.
Extrait d’un entretien avec David Perlov, Ouri Klein et Irma Klein, Cinéma, été 1981, Institut cinématographique d’Israël et éditions Kibboutz Hameuhad

Lorsque je filme un journal, le film remplace la vie. C’est une expérience très forte. Tant que tu es sur la table de montage, le plaisir est très grand car tu contrôles la vie, ses crises, ses douleurs. Tu peux la recréer, la fragmenter et surtout, arriver à une certaine harmonie. Quand tu reviens à la vie elle-même, tu constates qu’elle est moins harmonieuse et qu’elle dure plus de six heures.
Extrait d’une interview entre David Perlov et Uri Klein quatre ans après la projection de Diary à Tel Aviv (1993)

Mon commentaire en voix off détermine la narration. Le commentaire est un instrument de pensée, non de sens. J’ai d’abord voulu l’enregistrer sur le lieu même du tournage car la plupart des phrases sont nées en filmant. Puis, j’ai décidé de ne pas l’utiliser tel quel, mais de le retravailler en "nettoyant" les phrases pour qu’elles soient justes sur le plan syntaxique. Il est donc enregistré en studio, alors que le tournage est spontané.
Extrait de propos recueillis en 1996
par Rachel Bileski-Cohen et Baruch Blich.

Je ne voulais pas faire une antithèse des films réalisés en Israël mais plutôt m’opposer à la mentalité générale qui, à cette époque, interdisait la venue des Beatles. Je croyais fermement en la possibilité d’un changement et en l’appui que je recevrais de ceux qui me succèderaient.
À Jerusalem - Extrait d’un entretien avec Uri Klein Haaretz , 29 sept. 1993

Jérusalem, contrairement au reste du pays, était éternel avec la simplicité de l’éternité. Je pense que c’est dans cette forme de composition que réside le secret du film : son esthétique a celle du réalisme d’un journal et son montage essaie d’en rendre le lyrisme. C’est dans sa simplicité même que le film trouve son lyrisme. J’ai aussi mis l’accent sur la multiplicité des images. Je voulais ce film aussi imagé que possible.
Après le film, j’ai dû renoncer à tout espoir de continuer dans ce sens. Il m’a fallu limiter mes ambitions, puisque personne ne m’a passé aucune commande. Mais, j’en étais de toute façon dépendant, je le montre dans Diary.
À Jerusalem - Extrait d’un entretien avec Uri Klein Haaretz , 29 sept. 1993

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