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Colloque Archive épistolaire et Histoire.
Compte rendu de Mireille Bossis.

édition du 8 septembre 2006

 

Le pari proposé avec ce colloque au titre un peu austère a-t-il été tenu ?
Je crois le bilan positif si j’en juge par les remerciements qui me parviennent.
L’interdisciplinarité a fonctionné : les outils appartenant à chaque discipline - histoire, archivistique, linguistique, sociologie, littérature - ont montré l’éclairage spécifique qu’ils apportaient à la lettre. Ils ont prouvé que la profondeur du champ épistolaire ne pouvait être atteinte que par le regard croisé des disciplines et de leurs méthodes. La nécessité en a été d’autant plus ressentie que les corpus des lettres abordées étaient très diversifiés : avait été retenue la parole des trop souvent "oubliés de l’Histoire" les écrivains étant écartés en raison de leur trop grande compétence d’écriture.
La lecture de lettres par la comédienne, Valérie Jeannet, a été très appréciée ; elle permettait une approche sensible et donnait la tonalité de l’épistolier comme aucun discours n’aurait pu le faire ; chacun des intervenants et/ou participants devenait destinataire de la lettre et se trouvait donc directement impliqué. La conséquence semble avoir été une très libre circulation de la parole pendant les débats qui suivaient les exposés, chacun se sentant autorisé à donner son avis ; pas d’enjeu de prise de parole, comme trop souvent ; nous avons vraiment réfléchi ensemble.
Deux soirées exceptionnelles ont permis d’approcher au plus près des sources de la lettre. Ménie Grégoire, malgré son âge, est bravement venue nous raconter son émission radio (1968-1981), avec une ferveur intacte ; des lettres ont été lues et un enregistrement écouté. Ce fut un grand moment d’émotion autant que de réflexion sur l’évolution des mentalités.
L’autre soirée a été consacrée à la lecture par leurs arrière petits-enfants, Rose et Pierre Thiéry, de lettres échangées par leurs aïeux Ursin et Ernestine avant leur mariage (1863-1866) pendant qu’Ursin faisait son service militaire. Il y avait une telle authenticité dans les lettres de ces jeunes ruraux qui avaient quitté l’école vers 10 ans... moment bien rare où chacun reconnut des racines oubliées, trésor dérobé qu’il emporta en silence, dans la nuit...
Une telle expérience ne pouvait réussir qu’à Cerisy ; j’en suis persuadée. Son succès a dépendu, largement, du cadre offert, merveilleux et comme hors du temps, mais tout autant de l’accueil chaleureux et amical que l’équipe du Centre culturel sait dispenser à chacun. De nombreux liens se sont tissés, des adresses ont été échangées, on a promis de " s’écrire "... Les instruments et les supports d’écriture peuvent changer, qu’importe : les archives épistolaires ont encore de beaux jours devant elles...

Lire aussi l’article de Mireille Bossis "Lettre et théâtralité"

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